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stans007
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4,5
Publiée le 1 mai 2021
A Madrid, au crépuscule du milieu triomphant et décadent des officiers franquistes, les traumatismes d’une enfance confrontée à une mère adorée et malheureuse en couple disparue prématurément, et à un comportement d’adultes pour le moins irresponsable qui lui fait entrevoir trop de choses qu’elle ne devrait pas connaître. C’est tellement bien fait, par touches successives, qu’on finit avoir l’impression d’être dans la tête de la petite fille, craquante et bouleversante - comme l’adoration qu’elle a pour sa mère. La BO est particulièrement réussie, dès le générique, et se termine par un approprié « Porque te vas » chanté par Jeanette, qui deviendra un tube. Film primé à Cannes. Cría cuervos est le début du proverbe espagnol « Elève des corbeaux… et ils te crèveront les yeux »
Ana est une petite fille qui vient de perdre sa mère à qui elle était très attachée et qu’elle revoit toujours dans la réalité qu’elle se re-crée. Elle vient aussi d’assister au décès de son père, qui était au lit avec une maîtresse. Sa tante Paulina la recueille elle et ses soeurs. La mort hante ce film, entre passé et présent. Il date de 1976, en plein franquisme, et les parallèles qui peuvent être faits avec le régime de l’époque sont troublants et donnent à réfléchir. C’est un film surprenant, plein de mystères, inattendu et surtout très moderne. On peut basculer d’une époque à l’autre, d’une réalité à une autre, en une seconde, un plan, comme par exemple lorsqu’Ana se fait coiffer par la bonne Rosa, puis par sa mère, enfin à nouveau par Rosa dans le reflet du miroir. Le point de vue sur l’enfance est inédit, pas du tout innocent, ni doux, ni gai comme on l’imagine, bien au contraire. L’enfance est trouble, cernée par la mort. Toutes les scènes sont présentées du point de vue de la petite Ana et elle est très lucide sur le comportement des adultes. Sans rien révéler, la fin est troublante.
Cría cuervos fut présenté au Festival de Cannes 1976. Carlos Saura y remporta un Grand Prix du Jury partagé avec Éric Rohmer qui, la même année, dévoilait La marquise d’O... Ce prix cannois succédait au Prix du Jury obtenu deux ans plus tôt par le cinéaste espagnol pour la réalisation de La cousine Angélique. Saura déroule dans Cría cuervos la chronique endeuillée d'une famille madrilène bourgeoise. Dans son costume de militaire, le père (Hector Alterio) arbore tous les effets du franquisme patriarcal dont la mère (Geraldine Chaplin) fut une victime. Leur décès laisse orpheline une fratrie de trois sœurs dont la cadette, Ana, incarnée par Ana Torrent tient le rôle central d’un inéluctable deuil percé de visions oniriques de ses défunts parents. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/travelling/travelling-2020/
Sans doute l’un des films les plus sensibles et subtils que j’aie pu voir sur l’enfance, son impuissance et ses illusions de toute-puissance. Malheureusement, cette esthétique très 70’s, cette photographie terne et ces papiers peints à fleurs m’ont rendu le film assez peu sympathique, trop froid, trop distant et vaguement morbide. L'arrière-plan historique et la symbolique associés à la fin du franquisme ajoutent sûrement de l'intérêt au film, mais ils me sont passés au-dessus.
Si vous cherchez un petit film pour vous accompagner dans votre déprime, celui ci fera l'affaire ! On alterne entre scènes ennuyeuses ou déprimantes. Cependant, on notera que la mère et la fille jouent vraiment bien et sauvent le film en rendant tout très émouvant. J'ai cependant eu du mal à situer les personnages, on est vraiment fixé après une demi heure de qui est qui... C'est assez spécial. Soit je le conseil si le sujet de la mort vous intéresse...
Un drame magnifique et bouleversant sur le thème du deuil vécu par un enfant, dans lequel illumine Ana Torrent et ses yeux noirs inoubliables, accompagnée par la chanson obsédante de "Porque te vas".
"Cria Cuervos" est perçu comme un grand film sur l'enfance sous l'unique prétexte qu'il montre cette période comme profondément douloureuse, aux antipodes de l'idée préconçue selon laquelle l'innocence serait préservée. Carlos Saura dévoile ce moment de notre existence comme une source de traumatismes que l'on ne comprend qu'à moitié et qui, de ce fait, accentuent l'incompréhension et la frustration. Regard plutôt juste mais qui ne va pas assez loin dans la subjectivité, le point de vue de Saura s'arrêtant trop sur les tensions entre adultes – vues à travers l'enfant, nous dira-t-on –, alors que le film est plus émouvant lorsque les trois filles sont seules à l'écran. "Cria Cuervos" s'emploie à jouer sur l'indistinction entre la mère décédée et la fille ou sur la présence de celle-ci lors de discussions auxquelles elle n'a sans doute pas assistées mais ces procédés demeurent en fin de compte artificiels, avant tout symptômes de la tentative volontariste du cinéaste de connecter l'enfant aux adultes. Trop peu de trouble et d'abstraction dans "Cria Cuervos" – quoi de plus étrange pourtant que l'esprit d'un enfant –, film qui à force de répéter mécaniquement ses effets dévoile sa véritable nature : un objet touchant par moments mais au fond très académique.
Un chef d’œuvre du cinéma espagnol qui n’a aucunement vieilli. Un film impressionnant et qu’on n’oublie pas. Comment oublier les grands yeux noirs de la petite Ana Torrent (8 ans au moment du tournage) découvrant son père mort au milieu d’ébats bien mystérieux pour elle. Magnifique film sur l’enfance, l’enfance orpheline, il est un huis clos qui vous capture mais ne vous étouffe pas et qui vous emmène dans le monde rêvé d’une enfant blessée, dans ses fantasmes de pouvoir sur la mort. Dans son imagination, elle fait revivre sa mère quand elle veut, elle tue quiconque quand elle veut. Impressionnante interprète que cette petite fille, entourée d’acteurs parfaits. Carlos Saura en profite pour montrer ce système dégénéré et hypocrite qu’est le franquisme. Le film se termine sur une belle note optimiste avec toute la fratrie qui repart à l’école. On peut y voir le symbole d’une nouvelle Espagne qui va renaître – Franco est mort juste avant la parution du film… son élégance habituélle, je suppose !
Le récit manque d’enjeux pour être vraiment passionnant mais ce portrait d’une fille d’une dizaine d’années qui fait face à la mort de ses parents et découvre petit à petit un monde adulte fait de mensonges, de trahison, d’adultères... est parfois touchant.
Le récit de trois orphelines et de leur quotidien et de leur histoire dramatico-dramatique familiale par l'une d'entre elles. Ouais donc, il me faudrait une nouvelle livraison d'adjectifs et de synonymes de "lent, ennuyeux, pénible, lénifiant, vide, inutile, creux" et de bien d'autres encore.
Ah je crois que j'ai trouvé : "végétatif". L'intellobobo dira que c'est merveilleusement contemplatif et intimiste et glissera "portrait" entre les deux tout en meublant avec le verbiage du contrôle habituel des dégâts. Moi, je dirai simplement : "végétatif". Et bien sûr, une heure et quarante minutes de ce truc, c'est une purge, une purge inconcevable.
Evidemment j'ai presque tout regardé en accéléré avec des sauts de carpe de temps en temps. Malgré tout, j'en ressors lessivé. Une lumière rouge s'est allumée là-haut comme un avertissement : cette pitoyable colique intello (?) sentimentale met à l'amende toutes les saisons de la Petite Maison dans la Prairie. Victoire par knock-out, j'aurais jamais cru ça possible.
Quelle claque ! Petit bijou du cinéma espagnol, "Cria Cuervos" est un concentré d'émotions dont la tristesse prédomine. Histoire touchante qui amène en plus une véritable réflexion sur le passage de l'enfant à l'âge adulte et le regard qu'il peut avoir sur des sujets comme la mort ou le sexe. La jeune Anna est brillante et incroyablement crédible dans son rôle d'enfant torturé par les souvenirs de sa mère. "Cria Cuervos" ne respire pas la joie de vivvre mais est une perle cinématographique dont il ne faut pas passer à côté.
Tourné dans les derniers mois du franquisme, Cria cuervos est un film tendre et onirique qui raconte l'histoire de trois jeunes sœurs issues d'un milieu bourgeois spoiler: confrontées à la mort de leur mère puis de leur père. Le long-métrage, qui s'ingénie à brouiller la frontière entre rêve et réalité, porte un regard très touchant sur le monde de l'enfance, ses songes, ses logiques et sa confrontation à l'univers des adultes. En creux, Carlos Saura porte un regard critique et désabusé sur cette Espagne dirigée par des militaires et des petits bourgeois baignant dans un système sclérosé, poussiéreux et hypocrite. Avec la très belle chanson de Jeanette, Porque te vas.
Très beau film de Carlos Saura. L'histoire raconte les pensées et les sentiments d'une petite fille dans une famille espagnole désunie. La mère est morte de maladie. Le père meurt dans les bras de sa maîtresse, la petite fille étant témoin. La petite fille alors se raconte des histoires où sa mère aimée revit. La narration est a-chronologique, la narratrice en fait raconte son enfance par les yeux de la petite fille qu'elle était. Les souvenirs s'entremêlent : la mort des deux parents, les jeux avec ses soeurs, le dialogue avec la bonne ou la tante. La réalisation est excellente, le style est simple mais non dénué de recherche surtout au niveau du montage des différentes séquences. Beaucoup d'émotion se dégage par le simple visage de la petite fille (Ana Torrent) qui a bien su exprimer toutes sortes de sentiments voulus par l'histoire. Belle musique de piano, et bien sûr le tube qui a fait connaître le film au grand public.
Un des plus beaux films sur l'enfance, à la fois complexe, subtil et émouvant, grâce à un récit mêlant le présent, le passé et l'imaginaire d'Ana, le personnage principal. Geraldine Chaplin, filmée par celui qui était alors son époux, est solaire dans le rôle de la mère, alors que les enfants sont tous parfaits. Cette oeuvre est aussi un témoignage sur la fin du franquisme et la bourgeoisie espagnole, ses militaires qui ne doivent rien à personne et une certaine éducation où les règles de bienséance avaient une place primordiale.
Je ne peux pas m'empêcher d'y voir, avec le recul, une similitude avec "6eme sens"; mais ici la mort rassure l'enfant. Elle dit elle-même que son enfance a été interminable, mais elle a pu compter dans son imagination sur la présence de sa mère, rassurante et douce. Un film aux accents fantastiques très beau et sensible sur l'enfance et ses blessures. La musique tendre et mélancolique crée aussi cet atmosphère de tristesse même si au final la vie reprend ses droits témoin cette fin assez optimiste.