Le professeur Perry et son assistant David, ont mis au point la Taupe, une gigantesque perforeuse capable de percer la roche et de pénétrer à l'intérieur de l'écorce terrestre. Ils y prennent confortablement place et s'enfoncent dans l'inconnu.
Bon ce qui frappe en premier lieu, ce sont les trucages grotesques, les décors bidons. On a l'impression d'être à l'intérieur d'un Escape Game de mauvaise facture. C'est très mal et très artisanal. Des peuplades primitives habiteraient au centre de la Terre ? Les humains en seraient esclaves. On peut aussi croiser des monstres cracheurs de feu et mangeurs d'hommes, des plantes carnivores géantes, les terribles Mahars, bizarres créatures volantes hybrides de ptérodactyles croisés avec des perroquets troglodytes. Dont on devine tout de suite que ce sont des figurants en costume. Bon. Mais forcez vous à y croire un peu si vous voulez suivre cette histoire jusqu'au bout. Moi c'est seulement au bout d'une heure de film que j'ai commencé à soutenir le professeur Perry, David et la ravissante Caroline Munro, (je ne me rappelle même plus le nom de son personnage) dans leur tentative de détruire ces monstres des cavernes. Les cascades et scènes de combat sont plus comiques que réelles, beaucoup de fumées, de feu et d'explosions, pour cacher la médiocrité des effets spéciaux. Regardons plutôt cette aventure simpliste avec un œil humoristique, comme pur divertissement, Mais une fois suffira, le Muppet Show, faisait tellement mieux.
Voici un débat très animé, voir conflictuel entre
Casa Nostra : femme, journaliste redouté pour ses baffes cinéphiles et ses métaphores explosives.
et Fanfan La Tulipe, optimiste, rêveur invétéré, amoureux de l’aventure et de l’imaginaire.
au sujet de ce film.
Casa Nostra :
- Non mais sérieusement… ces effets spéciaux ?! On dirait que quelqu’un a vidé une boîte de céréales pour fabriquer les monstres. Même en 1976, c’était déjà limite foutage de gueule. On parle pas d’un charme rétro là, on parle d’un crash artistique en bonne et due forme.
Fanfan La Tulipe, avec grand sourire, le regard rêveur :
- Oh allez ! Tu peux pas nier le plaisir brut. C’est de l’aventure pure, sans filtre ! Des décors exotiques, des créatures improbables, de l’action non-stop… C’est un peu comme un rêve d’enfant qui aurait pris vie avec trois bouts de ficelle. Et franchement, ça a son charme.
Casa Nostra, incisive :
- “Trois bouts de ficelle” ? Tu viens de résumer le budget effets spéciaux. Les séquences avec les monstres, c’est pas du cinéma, c’est un sketch involontaire. Même les nanars ont une certaine tenue… là, c’est le degré zéro de l’illusion.
Fanfan :
- Justement ! C’est ça qui le rend fun aujourd’hui. Tu le regardes au second degré, comme un pastiche avant l’heure. Tu rigoles, tu t’émerveilles un peu, tu te moques aussi… mais t’es jamais ennuyé. Et ça, c’est pas donné à tous les films.
Casa Nostra, tranchante :
- Un bon moment ? Sérieusement ? Même l’adaptation de Edgar Rice Burroughs mérite mieux que ça. Y avait du potentiel pulp, du mystère, de la folie… et on se retrouve avec un carnaval en carton-pâte.
Fanfan (plus posé, mais passionné)
- Peut-être, mais regarde les acteurs ! Ils y croient à fond. Et puis y a Peter Cushing quand même… son flegme, sa décontraction, il porte la fin du film avec une classe incroyable. Rien que pour lui, ça vaut le détour.
Casa Nostra :
- Bon… d’accord. Cushing sauve les meubles, je te l’accorde. Mais ça reste un sauvetage en terrain sinistré.
Fanfan, faisant un clin d’œil :
- Et moi je dis : terrain sinistré… mais terrain de jeu quand même. Un film imparfait, kitsch, mais attachant. À regarder avec du popcorn et zéro cynisme.
Franchement, t’es plutôt team démolition ou team plaisir coupable sur ce genre de films ?