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Charlotte28
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4,0
Publiée le 19 novembre 2021
Qui croit encore que la vérité sort (toujours) de la bouche des enfants?! Un drame élégamment mis en scène et porté par des acteurs émotionnellement impliqués, quitte à ce que l'interprétation de Shirley MacLaine paraisse désuète et que l'hystérique petite peste nous insupporte moins que les adultes aveugles à ses manipulations venimeuses. Sans nous impliquer constamment, l'intrigue exprime cependant avec force les ravages des rumeurs et de l'intolérance à travers une narration simple et efficace au sein de laquelle se détache le personnage de l'intense Audrey Hepburn, superbe de pudeur et de douleur contenue. Une mise en garde réussie.
Dans une petite ville de province, deux amies Karen Wright et Martha Dobie dirigent une institution pour jeunes filles, aidées par Lily, la tante de Martha, une ancienne actrice excentrique. Fiancée au médecin Joe Cardin, Karen a du mal à s’engager et à laisser à Martha la direction de l’école. Mary, une élève insolente et menteuse, alors qu’elle a été punie, lance la rumeur que les deux professeurs ont une relation « contre-nature ». Elle commence par le raconter à sa grand-mère… « Contre nature », en plein code Hayes de cette Amérique puritaine, William Wyler ne se permettra jamais plus pour évoquer cette histoire d’homosexualité féminine supposée ; même les manifestations physiques seront absentes. Une forme de manque de courage pour un des premiers films US sur le sujet que dénoncera souvent Shirley Mc Laine, celle qui forme le duo d’actrice avec Audrey Hepburn. Passé inaperçu voire malmené par la critique à sa sortie ; aujourd’hui ce film trouve un écho plus positif. La limite de ce film est à l’image de la société américaine conservatrice et moralisatrice de l’époque. Il dénonce l’hypocrisie de la société sans jamais valider la possibilité d’une telle relation ; ce qui explique que l’histoire ne puisse se terminer que par un drame. Et ceci est par contre courageux ; car après les terribles aveux et de ses sentiments ; Shirley Mc Laine se trouve beaucoup plus acculée par la non réciprocité de ses sentiments que par la condamnation de la société tout entière. C’est pourquoi le titre, « La rumeur », évoque le thème assez banal du côté destructeur des rumeurs mais évince le cœur du propos ; ce qui explique que la première moitié de film parait sérieusement daté et sans grand intérêt mis à part la photographie sociétale d’une époque ; la seconde moitié prendra le sujet du tabou autour de l’homosexualité à bras le corps pour en faire un film toujours d’actualité. C’est pourquoi le titre original « The Children’s hour », adaptation de la pièce éponyme est plus adapté. Quelques années après sa sortie, Shirley MacLaine présentait ainsi « La Rumeur »: « Quand on a fait ce film, l’homosexualité n’était pas un sujet de conversation. Il s’agissait des accusations d’une enfant. Cela aurait pu être n’importe quoi. Nous n’étions pas conscients de ce que nous faisions, nous étions des pionniers involontaires, nous ne mesurions pas la portée de ce que nous faisions. » Si l’homosexualité est bien le noyau dramatique du film et nous vaut une sublime scène « d’aveu » de Shirley MacLaine (« Je suis coupable » commence-t-elle au bord des larmes), la véritable réussite de « La Rumeur » tient dans la manière dont le film joue du principe d’inversion pour pervertir le puritanisme hypocrite de la société provinciale qui nous est décrite. N’est-ce pas étonnant que les plus « perverses » de toutes soient celles à qui la doxa accorde pureté et véracité : soit une enfant et sa grand-mère ? Que penser, en effet, de cette Mary aux yeux diaboliques qui se complaît à véhiculer la rumeur tout en entretenant une relation SM sous couvert de chantage, avec l’une de ses camarades de classe… une voleuse de surcroît ! À côté, la prétendue relation entre les deux femmes paraît bien noble et anodine. Rarement j’ai vu enfant aussi pervers au cinéma ; c’est choquant. Un film très secondaire dans la filmo du trio magique Wyler / Mc Laine / Hepburn ; mais une belle découverte. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Avec un écho actuel étonnant, "La rumeur" raconte l'histoire de deux femmes qui perdent tout lorsqu'un rumeur les accuse de lesbianisme. Un rejet massif qui s'emballe à partir de rien. William Wyler fait avec une modernité impressionnante le procès d'une société bien pensante qui se met à juger et condamner sans chercher à comprendre. Plus qu'une chasse aux sorcières, un tribunal moralisateur effrayant. Le film n'est pas un plaidoyer pour l'ouverture d'esprit. C'est une revendication contre l'obscurantisme moral. Faire ce film en 1961, en pleine paranoïa rouge, en plein code moral, où l'homosexualité est abordée sans la condamner, c'est un prouesse qui étonne encore. Les actrices sont toutes les deux remarquables. Un film d'une telle force, d'une telle intelligence, mérite une reconnaissance aujourd'hui.
Une merveille que ce drame qui nous prend à la gorge, en particulier lors de la scène finale, absolument bouleversante. D’abord, avec William Wyler aux commandes, réalisateur entre autres de Ben Hur, l’à-priori était très favorable. Ensuite avec Audrey Hepburn et Shirley MacLaine comme actrices, absolument fabuleuses ici, on était sûr de passer un grand moment. L’histoire nous rappelle, plus que l’homosexualité évoquée ici et durement combattue aux USA dans les années 60, qu’une rumeur peut détruire des vies et on pense immanquablement aux réseaux sociaux d’aujourd’hui qui peuvent faire parfois tant de mal. Ça, c’est pour le fond. Sur la forme, tout est fabuleusement pro : le choix des différents acteurs, notamment la petite peste source de tous les malheurs, la prise de vues, un noir et blanc somptueux, enfin une bande son sur mesure. Du bel ouvrage qui fait réfléchir et qu’il ne faut surtout pas rater .
Un des premiers films sur l'homosexualité féminine qui sort peu de temps après la fin du maccarthysme et au début du déclin du code Hays. Deux stars magnifiques jouent deux instits dans un internat de jeunes filles. La vengeance d'une des élèves (une vraie peste jouée avexc délectation semble-t-il !) fait naitre une rumeur tragique. Mis en scène par l'excellent William Wyller on ne pouvait qu'obtenir un bon film. Le film repose sur les deux stars mais le scénario mais un peu de temps pour mettre en place l'intrigue. La dernière partie est de loin la plus tragique... Préparez vos mouchoirs !
Les jeunes actrices sont impressionnantes ! La rumeur lancée fait l'effet d'une bombe au sein de l'école. Un sujet parfaitement mené sur un malentendu avec une argumentation innocente et des sous-entendus mal compris. "La vérité sort de la bouche des enfants" mais tous les enfants sont-ils innocents ? N'inventent-ils pas de mignons petits mensonges pour éviter la punition ? Et ces mensonges ne sont-ils pas de plus en plus crédibles ? Un excellent scénario et plusieurs sujets qui donnent à réfléchir et rendent bien des gens paranoïaques encore aujourd'hui. A voir !
Déjà en 1943, le français Henri-George Clouzot nous montrait, dans "le Corbeau", les ravages que pouvaient provoquer les rumeurs. On retrouve donc cette thématique et ses implications dans ce film de William Wyler. Cette fois, ce sont les rapports ambigües entre deux jeunes femmes en pleine Amérique puritaine qui sont mis en cause. A travers une magnifique mise en scène, William Wyler réussi à faire monter la pression et surtout ce sentiment d'injustice chez le spectateur qui connait dès le début la vérité. L'amour saphique y est traitée de manière subtile (la censure veille ! ) tout comme est subtile cette critique du puritanisme américain incarné par le personnage d'Amelia Tilford. D'une forte ampleur dramatique, on pourrait uniquement repproché au film une baisse de rythme et d'intensité durant sa dernière partie. Plus récemment et dans un genre similaire, je ne peux que conseiller "La chasse" de Thomas Vinterberg.
Pour sa deuxième adaptation de la pièce de Lilian Hellman après Ils étaient trois, William Wyler choisit deux grandes actrices en vogue après les succès de Diamants sur canapé pour l'une et de La garçonnière pour l'autre. Si le film ne m'a pas particulièrement plu, je peux dire qu'heureusement il y avait Audrey Hepburn et Shirley MacLaine, des actrices peu talentueuses auraient été catastrophique vu le nombre de scènes mélodramatiques. Le véritable problème c'est que le thème de l'homosexualité n'est pas bien traité, il faut bien replacer le film dans le contexte de l'époque parce qu'aujourd'hui cela paraîtrait ridicule. Shirley MacLaine considère même que William Wyler était pris de panique à l'idée de traité une histoire de lesbiennes et qu'il coupa toutes les scènes ou l'on sentait l'amour entre elles. Ma note est peut-être sévère, mais si on a peur de choquer, on s'abstient et on fait autre chose et je dis ça sachant que mon film préféré (Orange Mécanique) a choqué à sa sortie, imaginez Kubrick se disant « non je ne peux mettre cette scène, la critique ne va pas l'apprécier ». Dire que ce film suit Ben-Hur dans la filmographie de Wyler, si l'un est un pure chef-d'œuvre, l'autre ne peut être considéré comme tel, un remake plus audacieux serait intéressant à voir aujourd'hui.
Wyler tourne ce film après l’immense succès (11 Oscars) de « Ben-Hur » (1959). C’est un remake de « Ils étaient trois » (« These three ») (1936), son 20e film à 34 ans, les 2 films étant adaptés de la pièce « The children’s hour » (« Les innocentes ») (1934) de Lillian HELLMAN (1905-1984). Un superbe mélodrame d’une grande noirceur où la rumeur [de lesbianisme, concernant 2 directrices d’un pensionnant privé pour jeunes filles, Karen Wright (Audrey HEPBURN dont c’est la 2e collaboration sur 3 avec le réalisateur), fiancée au médecin hospitalier Joe Cardin (James GARNER) et Martha Dobie, célibataire (Shirley MACLAINE)], lancée par Mary, gamine menteuse et manipulatrice, n’épargne personne. C’est aussi un film politique, à une époque où l’homosexualité était bannie, même en paroles, d’où le talent de William Wyler qui en parle sans en parler (scènes filmées à travers une vitre de la maison ou de la voiture de la tante). Avec beaucoup de scènes d’intérieurs, la qualité de la mise en scène (long travelling au début du film et après le retrait des élèves) n’en fait pas du théâtre filmé, sans oublier la belle photographie de Franz PLANER (1894-1963) (2e collaboration sur 3 avec le réalisateur).
C'est au moins mon troisième film de Wyler en quelques temps et autant ou presque avec A. Hepburn. Le couple et c'est le cas de le dire Hepburn-Mc Laine fonctionne bien. J. Garner moins connu est le troisième personnage clé de l'histoire. La petite fille manipulatrice à souhait est aussi très bien malgré son jeune âge. C'est elle qui va lancer la rumeur qui va conduire à la tragédie du film. La fin est un peu rapide et brutale, ainsi que l'origine de la rumeur. Le réalisateur s'intéresse surtout à l'avant et aux conséquences brutales mais ne décrit guère les fondements avoués ou non de cette rumeur.
Pour une fois que la traduction du titre en français était plus judicieuse que le titre original, elle ne respecte pas celui trouvé par Lillian Hellman, l’auteur de la pièce dont est tiré le film. En effet le titre original « The Children’s Hour », fort ironique, dénonçait les dangers de croire en l’innocence automatique des enfants et de porter des jugements basés uniquement sur leur parole. Le choix de « La Rumeur » comme titre de cette histoire, en revanche rend mieux compte du phénomène que voulait dénoncer Hellman. Un, le caractère futile et insignifiant de la source de la rumeur, deux ; la rapidité extrême et exponentielle de sa propagation ; trois, l’aspect disproportionné et dévastateur de ses conséquences. On serait tenté de croire que le film est dépassé, de par le thème qu’il aborde, l’homosexualité supposée de personnes respectables, ce qui aujourd’hui ne soulèverait pas le sourcil d’une concierge. Pourtant si l’on remplace dans le film cette accusation par celle de pédophilie, le film devient l’illustration d’une brûlante actualité : l’affaire d’Outreau. L’emprunt intelligent par William Wyler de procédés Hitchcockiens (divulgation du secret, imminence du suicide) ajoute un autre intérêt au film : l’excellence de son suspense. Tout cela couronné par le jeu extraordinaire de Hepburn, MacLaine, Garner, et Miriam Hopkins, les quatre principaux acteurs adultes, et par le jeu non moins admirable des deux fillettes. Certains critiques ont cru devoir percevoir en cette histoire une métaphore illustrant les accusations dont a été victime Lillian Hellman durant les six ans de MacCarthysme. Il n’est en revanche pas non plus incongru d’y voir aussi une métaphore illustrant l’incrédulité féroce, malveillante et prolongée de Hellman vis à vis de ses collègues auteurs, qui tels Soljenitsyne, témoignaient des crimes de Staline, et du communisme en général.
Excellent Wyler qui aborde le sujet délicat à l'époque de l'homosexualité en démontrant l'effet dévastatrice d'une rumeur relayée à tort. Des actrices rayonnantes de crédibilité, une mise en scène soignée et un sujet toujours d'actualité.
Un film que j'ai voulu voir durant des années, enfin découvert il y a peu. Gloire à Wyler pour cette ode à la différence, mis en scène de main de maître et brillamment interprété. Bien sûr il faut le remettre dans le contexte de l'époque. Mais je crois que ce qui renforce le film, soutenant le personnage de Shirley MacLaine, est celui campé par d'Audrey Hepburn. Karen va jusqu'au bout de sa détermination à combattre toute forme de soumission à l'ordre moral, aux codes en vigueur d'une société conservatrice qui détruit et annihile l'individu. Elle puisera dans la force de son amie, à travers le sacrifice de celle-ci, pour trouver sa propre voie en tant que femme, en tant qu'être humain. En deux travellings sublimes, celui accompagnant Martha au début, et le même, haché, entrecoupé, sur Karen à la fin lorsqu'elle court pour secourir son amie, Wyler crée un parallèle déchiré entre ces deux êtres unis par une amitié indéfectible et qui pourtant ne pourront jamais totalement se rejoindre. Du grand art. On n'est pas prêt d'oublier non plus le regard perdu de James Garner dans le cimetière à la fin, emprisonné dans sa propre condition et qui suit la magistrale sortie d'Audrey Hepburn avançant tête haute parmi les silhouettes fantomatiques venues rendre un dernier hommage à Karen. Miriam Hopkins qui joue le rôle de la tante est également remarquable.
Lesbianisme dans un pensionnat de jeunes filles de bonne famille = arrière toute ! Cela vous a un parfum de soufre à chuchoter dans le creux d'une oreille avec le "oh !" d'usage : réservé aux artistes, ces insatiables... Force est de reconnaître que, depuis 1961, le saphisme en milieu juvénile éducatif reste rarement abordé au cinéma (pédophilie réputée masculine encore en 2009). Le fait est qu'après propagation de cette "rumeur" de relations ambiguës des deux directrices, la bonne société ne peut douter de ces chers petits si purs, aux grands maux les grands... En plus du brillant tandem Audrey Hepburn / Shirley MacLaine achevant de troubler, on assiste à un suspense hitchcockien facilité par deux autres comédiennes complémentaires, Fay Benter dans le rôle de la vieille aristo et la jeune Karen Balkin en petite peste... Les pensées homosexuelles à elles seules constituent donc le crime des crimes... Magnifique gros-plan que ce visage regardant vers le haut, la photo en noir et blanc est ici un atout. Autre pépite, l'irrésistible marchant d'un pas léger vers son avenir, la musique est presque martiale, c'est une image qui libère et oppresse à la fois.