Dans la série on découvre les classiques aujourd’hui :sur les quais d’Elia Kazan dont ce n’était pas pour ma part la première incursion dans sa filmographie. Sur les quais c’est une histoire de prise de conscience et d’affirmation. On suit l’itinéraire de Terry (magnétique Marlon Brando) homme de main d’une crapule qui gère le syndicat des dockers et qui couvre pour lui un meurtre. Il va peu à peu changer sa vision de son univers après sa rencontre avec Edie la sœur d’une des victimes de Johnny le caïd local. Bien emmené, assez fort et poignant le film est pour moi vraiment gâché par une musique pompier bien trop présente et accentuée qui gâche vraiment la dramaturgie du film au lieu de la renforcer. J’ai en revanche bien apprécié le personnage du prêtre joué par un excellent Karl Malden révolté par l’exploitation des dockers qui se tuent pour subsister. Même si le film est un peu trop démonstratif à mon goût il conserve tout de même une belle force et quelques moments marquants.
Un Drame en N&B mêlant Romance et action réalisé par Elia Kazan en 1954. Bien que le dénouement de l'histoire soit trop prévisible. Le scénario déchirant est heureusement superbement interprété. Le film démontre de grandes qualités avec la mise en scène d'Elia Kazan, la musique remarquable de Leonard Bernstein, et un casting impressionnant. Il nous montre des acteurs de grand talent comme Eva Marie Saint la belle et charmante Edie, Karl Malden dans le rôle du curé, et bien sur Marlon Brando, comme toujours exceptionnel, dans son personnage de docker et ancien boxeur.
Le film date de 1954 et ne semble pas avoir pris une ride. La modernité et l’authenticité de la mise en scène d’Elia Kazan y sont bien entendu pour quelque chose. Le scénario est socialement engagé mais la tension dramatique de « Sur Les Quais » est rarement élevée. Faisant preuve de beaucoup sentiments sous sa carapace de gros dur, Marlon Brando est au sommet de son art et met tout le monde d’accord en montrant sa sensibilité et sa fragilité face à Eva-Maria Saint dans son premier rôle au cinéma. Lee. J. Cobb, Karl Malden et Rod Steiger complète brillamment l’affiche.
cure de Kazan cette automne. autant aimé "L'arrangement" plus tardif que On the Waterfront. Mais le jeu de Marlon Brando dans les années cinquante vaut à lui seul le déplacement, L'ambivalence constante entre subir son sort ou relever la tête. Kazan, accusé à tort ou à raison pendant la période de chasse aux sorcières sous Maccarthy a-t-il vécu en partie les mêmes affres? Un beau condensé de l'amérique industrielle, avec ses tendances mafieuses, et la possibilité à tout homme de se sortir de sa condition initiale. La photographie noir et blanc est superbe. DVD1 - oct 2014
Terry Malloy (Marlon Brando) travaille sur des docks tenus par un syndicat aux pratiques douteuses. Un des dockers a été récemment assassiné, le syndicat craignant qu’il les dénonce à la police. Terry a été à l’origine de ce meurtre malgré lui. Il fait rapidement la connaissance de la soeur de la victime, Edie Doyle (Eva Marie Saint). Ce film est plaisant et varié : romance, histoires de mafieux, drame social sur la dure condition des dockers obligés de céder au chantage du syndicat, histoires de famille. J’ai aimé l’ambiance générale du film : on alterne entre les moments de suspense / tension et les instants plus calmes de l’histoire d’amour naissante. J’ai trouvé la mafia crédible. On est transporté dans l’atmosphère des docks. Outre les instants de tension, il y a aussi de jolies scènes entre Marlon Brando et Eva Marie Saint comme celle de l’aveu, couvert par le bruit des bateaux. Le héros est attachant, il est partagé entre son attirance pour la jeune Edie et ce qu’on lui a toujours inculqué, la justice et la reconnaissance envers son frère (membre important du syndicat) qui représente sa seule famille. Outre la fin un peu curieuse, j’ai beaucoup aimé ce film qui alterne diverses ambiances.
Film culte d’Elia Kazan de 1954 en forme d’auto-justification sur la nécessité de dénoncer le crime. Deux ans après avoir témoigné et donné 8 noms de communistes américains devant la commission des activités anti-américaines, Elia Kazan réalise « Sur les quais ». On est dans le milieu des dockers de New York dont le syndicat n’est autre qu’un gang mafieux. Dénoncer au péril de sa vie ou se taire et devenir complice mais rester en vie ? Tel est le dilemme auquel est soumis Terry (Marlon Brando) sous pression de la belle Edie (Eva Marie Saint) qui demande justice car son frère a été tué par le gang et d’un prêtre (Karl Malden). Le directeur de la photographie n’est autre que Boris Kaufman, le frère de Dziga Vertov, déjà prodigieux chez Vigo, la musique du film est signée Leonard Bernstein et Marlon Brando crève l’écran. Superbe réalisation d’Elia Kazan.
Ce film est sans doute l'oeuvre la plus autobiographique du réalisateur Elia Kazan qui a connu la meme histoire en Amérique en dénonçant plusieurs témoins dans une affaire dans les années 50 ce qui lui vaut, meme au jour d'aujourd'hui, d'etre la bete noire a siffler dans chacune de ses récompsenses pour ce geste. Et pourtant, "Sur les quais" accumule les lauriers en étant récompensés aux Oscars et au festival de Venise. Pour ma part, Elia Kazan représente l'un des artistes, l'un des maitres d'Hollywood avec des chefs d'oeuvres inoubliables comme "Un tramway nommé désir", "A l'est d'Eden" et celui-ci que je découvre ou des ouvriers manutentionnaires de carguaison de bateau font voeux de silence quand la police et le curé du coin les interrogent sur l'assassinat mystérieux de quelques-uns d'entre eux qui ont osés de se dévoiler. Tombant sous le charme de la soeur d'un ami assassiné, le jeune Malloy, pourtant l'un des poulains préférés du patronat corrupteur, hésite puis prend le risque de tout dévoiler aux autorités. Un geste que lui tournera le dos toute la population, ses amis d'autrefois qui le bouleversera jusqu'à ne plus trouver de travail. A l'époque, il fallait oser traiter un sujet pareil et le réalisateur Elia Kazan réussit ce film comme un main de maitre. Le pygmalion du réalisateur, Marlon Brando, gagne enfin son premier Oscar qu'il avait échoué auparavant pour "Un tramway nommé désir" et "Viva Zappata", grace à son génie d'inventivité du jeu d'acteur qui est si propre à sa réputation, du génie. A ces cotés, Eva Marie-Saint, dont c'était son premier role, Karl Malden ( le collègue de Michael Douglas dans la série "Les rues de San Francisco") ou les seconds couteaux qui ont la gueule d'emploi de salaud, completent ce chef d'oeuvre. Bref, un film de l'age d'or du cinéma d'Hollywood que je recommande à toute les générations.
sur les quais est un petit bijou du film noir dénonçant les dérives mafieuses des syndicats des dockers. L'ensemble du film est très interressant et les acteurs sont également très bons.
La mise en scène n'est pas ratée, certains plans sont vraiment réussis esthétiquement parlant. Le film est intéressant aussi pour son côté immersion dans le milieu des dockers. C'est aussi pas mal pour une approche plus sociologique, sur les comportements acceptés ou non par une communauté, sur la façon qu'un groupe a de se comporter, son besoin de leader etc.
Le problème c'est que ça ne suffit pas à oublier un scénario assez convenu, attendu, et où le tout manque très grandement de subtilité pour parvenir à intéresser réellement.
Un tel scénario avec un tel M.Brando suffisent pour donner à l'oeuvre d'E.Kazan une puissance extraordinaire. Les quelques lourdeurs de la réalisation passent presque inaperçues.
Un film un peu trop lisse pour vraiment passioné le spectateur, on ne regarde plus qu'on ne s'y intéresse vraiment.Mais voilà, il a y a Brando, son style a part, sa voix, ses paupières plissés.Un vrai régal.
Impossible de ne pas voir la vision du Maccarthysme par Kazan dans cette histoire où un jeune docker (Marlon Brando, fabuleux dans un de ses meilleurs rôles) est tiraillé entre son devoir de justice et celui du milieu des dockers où rien ne doit être dit. La mise en scène est irréprochable et le scénario très bien écrit jusqu'à nous offrir une scène finale poignante. Tous les second rôles sont soignés et superbement interprétés.
Marlon Brando change de registre après le magnifique A Streetcar Named Desire, autre film phare dans la filmographie d'Elia Kazan. Après avoir porté le célèbre débardeur de Stanley Kowalsky, l'acteur se voit attribuer la fameuse chemise à carreaux de Terry Malloy. Il est d'ailleurs intéressant de comparer les deux personnages : alors que Stanley incarnait l'amoralité et le mépris des femmes et des bonnes manières dans A Streetcar Named Desire, Terry représente l'aspiration à la rédemption, au rachat de l'âme dans On the Waterfront. Si Stanley est un homme machiste bel et bien inséré socialement ( ouvrier entouré de sa femme et de ses amis ), Terry est un tocard sans attaches. Chose étrange : les deux films se terminent sur la victoire du personnage ( Stanley affirme son pouvoir sur Blanche tandis que Terry dénonce courageusement son patron ) mais leur tonalité est différente. En effet, si la première victoire n'a rien d'un happy end ( Blanche se retrouve à l'asile ), la deuxième est totalement optimiste ( Terry travaille honnêtement ). A mon avis, cette comparaison permet de mettre en valeur les multiples facettes du jeu de Marlon Brando, décidement capable d'incarner des personnages radicalement différents. Elia Kazan signe là un film efficace et constructif, une oeuvre baignant dans un Noir et Blanc contrasté mais somptueux. Un très bon film qui inspira certainement Scorsese pour New York, New York. A voir absolument.