Délivrance
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capirex
capirex

206 abonnés 885 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juillet 2025
Adaptation à l'écran du du Roman éponyme de James Dickey , publié en 1970 , par John Boorman qui réalise là un excellent film à l'ambiance oppressante et souvent dérangeante !  Le réalisateur adopte un ton sec et désenchanté qui sert admirablement cette chronique d’une désintégration Communautaire au sein d’un environnement faussement sain !
Le-Chat-Nonne
Le-Chat-Nonne

56 abonnés 178 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2025
D’habitude, quand une œuvre est estampillée "classique du cinéma", on s’attend généralement à voir un bon film, marquant et un peu unique. Et c’est toujours assez décevant de le découvrir et de ne pas y retrouver ce que les personnes qui l’ont encensé y ont vu. Surtout quand sa réputation le décrit comme un film "choc".

Mais même si ce film n’a pas eu l’effet escompté sur moi — parfois pour des raisons extérieures, liées au contexte ou à ma propre sensibilité, et d’autres fois à cause de défauts que je trouve inhérents au film lui-même — je dois bien reconnaître qu’il vaut le coup d'œil.

Sorti en 1972, Déliverance a su marquer les esprits pour plusieurs raisons. Déjà pour son côté immersif, avec une mise en scène réaliste tournée dans des décors naturels, et des personnages crédibles, incarnés par de grands acteurs de l’époque. Pour ses quelques scènes devenues cultes, comme la célèbre séquence du duel musical, ainsi que "l’autre" — ceux qui ont vu le film savent de quoi je parle. Pour ses thèmes, et la richesse de ses interprétations. Mais aussi, et surtout, pour son côté dérangeant et limite pour l’époque.

Et c’est à travers ce dernier aspect que s’incarne le premier défaut extérieur à la qualité du film. Car en effet, Déliverance est un film du début des années 70, et depuis, le genre horrifique a franchi de nombreux caps en termes de violence, de gore et de malaise — déjà dans les années 80, et plus encore aujourd’hui. C’est pour cette raison que les personnes qui découvriraient ce film maintenant, surtout si elles sont familières avec les films d’horreur, ont de fortes chances de ne pas ressentir le bouleversement promis. Et ce, même si je reconnais pleinement que la tension et le suspense liés à la survie des personnages sont efficaces et bien mis en scène, et que la fameuse scène — bien qu’elle ait perdu de sa force aujourd’hui — peut encore choquer les plus sensibles. Mais malheureusement, je n’ai pas réussi à me laisser totalement embarquer. Et le décalage générationnel n'est pas le seul responsable.

En effet, le film fait beaucoup d’efforts pour rendre l’immersion en pleine nature aussi tangible que possible — une démarche respectable, qui peut tout à fait séduire un certain public. Mais cet aspect contemplatif, aussi légitime soit-il dans son intention et sa technique, finit par rendre le film franchement lent, et parfois même un peu ennuyeux. Certains éléments, certains messages que le film cherche à faire passer, et qui auraient mérité d’être davantage approfondis ou densifiés, se noient dans un trop-plein de paysages naturels et un souci constant de l’esthétique.

Et c’est sans compter certains choix narratifs douteux ou des développements incohérents de certains personnages.

L’un des principaux messages du film tourne autour du choc des cultures et de la tolérance : les citadins cultivés face aux ruraux isolés. La fameuse scène du duel musical en est d’ailleurs un parfait exemple. Elle illustre intelligemment cette idée, car, commençant d’abord comme un affrontement, une forme de provocation, les deux musiciens finissent par jouer ensemble. Elle évoque ainsi une possible entente entre deux mondes opposés. Mais cette subtilité est vite brouillée par un glissement problématique : celui qui associe implicitement les locaux un peu rustres rencontrés au début aux criminels violents qui apparaissent plus tard, comme s’ils faisaient partie d’un même groupe distinct. Ce raccourci floute dangereusement la ligne entre "différence culturelle" et "danger", ce qui contredit en partie le message de tolérance que le film semble vouloir transmettre.

Même si l’idée était précisément de nous faire réfléchir à cela — de nous pousser à comprendre que ce n’est pas parce que des individus appartiennent au même groupe social qu’ils sont tous les mêmes — le message reste formulé de manière maladroite.

Plus encore, dès lors que les citadins reviennent de leur expédition, après s’être frottés à la nature sauvage, les ruraux, jusque-là méfiants, les accueillent soudain à bras ouverts. Cela peut être perçu comme une sorte de rite de passage réussi, leur donnant symboliquement le droit d’être acceptés parmi eux. La question qu’on peut alors se poser est la suivante : ce rite est-il lié au fait d’avoir simplement traversé la nature, ou à celui d’avoir affronté la violence de leurs "congénères" ? Le film ne donne pas de réponse explicite, et même si l'on serait tenté de pencher vers la première option, le doute reste présent.

En ce qui concerne l’autre gros défaut du film, il est principalement lié au traitement d’un de ses personnages. Même si tous sont développés et interprétés de manière satisfaisante, la réaction de l’un des hommes face à ce qu’il a subi reste extrêmement incohérente. Cet homme est victime d’un viol — un événement d’une violence extrême — mais pendant tout le reste du film, il ne semble ni traumatisé, ni hanté par ce qu’il a vécu. Cette absence totale de séquelle émotionnelle nuit fortement à l’impact de la scène en question, pourtant censée être l’un des moments les plus marquants et dérangeants du film.

Cependant, même si le film aborde certains de ses thèmes de manière maladroite, il en traite d'autres avec une réelle efficacité — notamment la moralité, et l’idée que le mal n’existe pas dans la nature, mais s’exprime à travers l’humain. Les citadins ne sont pas confrontés à une hostilité naturelle, mais à un danger humain. La nature, elle, reste neutre, indifférente, simple décor d’une descente intérieure. Les personnages sont forcés de s’adapter, de tuer, et de faire face à leur propre morale. Et c’est surtout une fois revenus à la civilisation que tout prend du poids : ce qu’ils ont fait commence à les hanter — non pas seulement comme une expérience traumatisante, mais comme un acte qu’ils devront porter, et qui pourrait être découvert et surtout jugé. C’est à ce moment-là que la tension morale devient réellement palpable.

Même si les corps ne sont jamais découverts, et que les hommes ne font jamais face aux conséquences directes de ce qu’ils ont fait, leur innocence, elle, est définitivement perdue.

Au final, même si ce film n’a pas eu sur moi l’impact émotionnel que j’espérais, je comprends pourquoi il a marqué son époque et gagné son statut de classique. C’est un film intéressant, qui suscite la réflexion et propose plusieurs niveaux de lecture, dès lors qu’on prend le temps de s’y attarder. Il sait créer de la tension et du suspense — mais pour moi, il lui manque tout de même une intensité dramatique, une cohérence émotionnelle, et une incarnation plus explicite de ses idées pour vraiment me convaincre.
Soeur Marie Cruchotte

407 abonnés 3 668 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 avril 2025
Quand la descente d'une rivière impétueuse en canoë tourne alors à un vraie descente aux enfers, mais pas seulement dûe aux éléments.
Adaptation du roman de J. Dickey, J. Borman met en balance la beauté de la nature sauvage à la sauvagerie humaine. Des moments de creux, parfois surjoué, la tension psychologique dans sa dernière partie n'atteint pas à son paroxysme.
William
William

4 abonnés 143 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mars 2025
Quatre amis descendent une rivière destinée à disparaître. Ils partent d'un village des Appalaches où manifestement il n'y a que peu de sang neuf et la pauvreté omniprésente. La descente ne se passera pas comme prévue et nos amis devront se défendre pour arriver à bon port.
Les personnages étant très différents, on se demandera ce qu'ils font ensemble, on sera étonné de voir déjà l'arrogance du citadin face à ces pauvres gens, on pourra être gêné par le côté daté du film. Il marque tout e même un virage avec une issue à la morale qui interroge.
A titre personnel, cela m'a intéressé de voir des acteurs dont on n'imagine pas qu'ils aient pu être jeune un jour.
Donc un bon divertissement au final.
Greedypig78
Greedypig78

6 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 mars 2025
Thriller captivant, qui parvient à maintenir une tension extrême tout en explorant des thèmes profonds sur la survie, la civilisation et les instincts humains. John Boorman, avec sa direction soignée, parvient à créer un film à la fois intense, intelligent et psychologiquement complexe. La scène du viol et du violon reste l'un des moments les plus marquants et mémorables du film. Deliverance est une exploration sans concessions de l'humanité face à la nature et à la violence, un film qui provoque la réflexion longtemps après sa projection.
Claude Julien57
Claude Julien57

7 abonnés 195 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2025
On peut qualifier ce film de thriller violent voire horrifique, mais y voir aussi une peinture glaçante du sous-prolétariat rural de l’Amérique (celle qui ne vote pas). Dans cette jungle apparemment accueillante, même si elle est encore sauvage, tout est permis. C’est de loin le meilleur film de Boorman, mais aussi l’un des tout meilleurs de ce genre. Le scénario tient la route, les acteurs sont excellents. Et le duo guitare-banjo a fait découvrir la musique bluegrass à beaucoup de gens.
DreamyFramesSeeker
DreamyFramesSeeker

23 abonnés 138 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2025
Deliverance, porté par Burt Reynolds, est un film à l’atmosphère intense, même si son rythme lent dilue un peu la tension. Reynolds y déploie un charisme indéniable, bien que certains de ses compagnons semblent un peu trop caricaturaux et agaçants. Toutefois, la scène du duel de banjo, avec le garçon jouant de la musique, reste mémorable et brillante, ajoutant un vrai éclat au film. L’ambiance saisissante et les moments forts offrent une expérience marquante, bien que le rythme laisse parfois un goût de frustration. Une œuvre intrigante, qui aurait mérité un peu plus de dynamisme.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

103 abonnés 4 602 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2024
C'est un retour aux sources qui tourne au cauchemar. Le temps d'un week-end, quatre copains citadins prétendent, un peu légèrement, redécouvrir les vertus de la nature sauvage. Mais la rivière qu'ils descendent en canoë et les endroits qu'ils traversent sont remplis de périls auxquels les quatre hommes ne sont pas préparés.
Le film de John Boorman est-il une réaction à quelque considération facile sur les charmes de la vie sauvage et la nature régénérante? Ou bien le cinéaste veut-il faire la démonstration que l'humain n'est plus adapté à son milieu originel? Toujours est-il que les paysages somptueux et radieux de l'Amérique profonde cachent bien des pièges et témoignent d'une nature hostile. Cette belle campagne est même habitée par des autochtones frustes...
Au coeur de l'action, où les quatre touristes sont la proie des rapides autant que des paysans du coin, la parabole se dessine, accentuant le caractère dramatique de l'expédition. Lewis et ses amis seront peut-être amenés aux pires extrémités pour survivre dans un milieu sauvage où, précisément, subsister passe par une violence nécessaire autant que par l'abandon de la morale de l'homme civilisé.
FloPV
FloPV

16 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2024
Quel film !
Il aborde assez brutalement l'opposition des citadins avec l'Amérique profonde mais au moins le message est clair.
La nature, aussi belle soit-elle, est impardonnable et la naïveté des protagonistes est mise à rude épreuve.
On ne s'ennuie pas dans ce film qui vieillit très bien et qui permet de réaliser les conditions incroyables de tournage de l'époque. On est bien loin des écrans verts et autres effets spéciaux...
Iloonoyeil
Iloonoyeil

94 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 octobre 2024
Bonjour tout le monde, John Boorman est un cinéaste étonnant et irlandais et très éclectique ! Nous assistons, ici , à une méditation spirituelle et écologique au cours d ' une quête initiatique et humaniste ! Cordialement. Gérard Michel
Flamme-010
Flamme-010

21 abonnés 53 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 octobre 2024
Quatre businessmen cherchent l'aventure en canoë dans l'arrière-pays américain. Ils ignorent que leur week-end en mode détente va tourner au cauchemar, car les péquenauds du coin ont la culture du viol, du banjo, et la gâchette facile...Plus qu'une démonstration de violence, "Deliverance" de John Boorman brille par son casting impeccable, une tension à couper au couteau et une atmosphère oppressante. Un bijou du cinéma des années 70 et un pionnier du genre "Survival", bien avant les "Slashers" modernes et bourrins.
Isabelle K.
Isabelle K.

5 abonnés 93 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2024
Délivrance (1972), film d’aventure-thriller de John Boorman (interdit aux moins de 12 ans)

John Boorman est pour moi l’illustration de l’Artiste. Un Univers. Sur toute la chaîne des formes d’expression et en l’occurrence, scénariste, réalisateur, producteur, acteur. À l’origine d’une Œuvre, cet ensemble homogène de créations qui se font écho, se répondent, se suivent et interpellent. Une Œuvre si cohérente qu’elle en devient quasi biblique. Visionnaire : ses films au propos avant-gardiste dans les 70’ semblent aujourd’hui être contemporains et appellent les mêmes réactions outrées. Rien n’a vieilli, ni le physique de ses acteurs, ni les voitures (si l’on considère celles d’hier devenues vintage, presque banales), ni les clichés sociaux et sociétaux, ni le sujet.

Quatre hommes, quatre stéréotypes d’une société de consommation : « le gros » qui encaisse -Bobby (Ned Beatty), l’écolo sportif anti-système et tyrannique -Lewis (le meneur, Burt Reynolds), l’artiste incompris -Ed (Jon Voight) et le type « normal » et sans histoire(s) -Drew (le mené, Ronny Cox). Ce qui les réunit ? Rien. Sauf cette excursion en canoë sur la rivière qui bientôt alimentera un lac-réservoir qu’un barrage s’apprête à formater, pour les nouveaux besoins en électricité. Ça se passe en Georgie. Une expédition qui va les conduire à traverser une nature qui sous peu aura disparu, où les villes côtières auront été englouties avec leurs secrets et leurs failles.

Au début, c’est une impro guitare-banjo inoubliable entre Ed et un gamin autiste que les autres, Lewis en tête, humilie. Au début, c’est quatre hommes prêts à en découdre, galvanisés par Lewis, déifié qui défie.
Mais en découdre et défier quoi ? qui ?

Au début, on se croirait dans un film de Bruno Podalydès. C’est merveilleux, si poétique ; qu’importent les « péquenauds » de la ténébreuse forêt. L’un ne mange pas de viande et sculpte son corps et son regard perçant ; l’autre, pipe aux lèvres, hésite puis rate sa cible à l'arc : une biche à portée de main et confiante ; un autre ne lâche pas la bouteille et le dernier sa guitare. Autour d’un bon feu de camp, sous une nuit étoilée.
On se doute que ça va se corser, on se doute que les « péquenauds » vont se manifester, que la nature va se montrer plus hostile, que ces hommes vont être éprouvés, que Lewis va devoir fermer son clapet et ravaler ses leçons, et les autres se révéler, ce qu’on ignore c’est comment et quand mais surtout… à quel point. Ce point est insoupçonnable et une fois atteint, inoubliable pour les uns, les autres et nous : spectateurs, pour le restant de nos jours.

Ce film est politique, comme tous les films de Boorman. À travers son approche critique de l’homme vs la nature ; de la modernité ; des mythes et postures viriles. Déconstructeur avant l'heure.
On s’accroche à son fauteuil pendant 2 heures et on assiste, livides et les mains moites, aux retournements de situation les plus barbares, les plus honteux, les plus avilissants et les plus méprisants, mais aussi aux dépassements de soi les plus périlleux et valeureux. Il est question de responsabilité face au danger, de prise de risque pour survivre. Jusqu'où mettre le curseur ?
Un film qui hante, parce qu'il raconte le prix à payer, et le délitement du sentiment d'humanité.
Le personnage d’Ed est sacrifié dans l’aventure. Restent Lewis (le meneur devient mené), Drew (le mené devient meneur) et le débonnaire Bobby, si traumatisé par ce qu’il a vécu dans sa chair -une scène longtemps tabou dans plusieurs pays, qu’on ignore s’il pourra surmonter le traumatisme.
Olivier B
Olivier B

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 24 septembre 2024
Mon dieu, que ce film a très mal vieilli, ennuyeux, scènes soit disantes insoutenables, il faut m expliquer le qualificatif de culte 樂樂樂
Mopiti
Mopiti

27 abonnés 14 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 mars 2026
Une première moitié de film qui tient la route, avec notamment la scène du Banjo qui est mémorable et offre un grand moment de cinéma ! La deuxième partie est moins convaincante, dommage.
Alolfer
Alolfer

193 abonnés 1 896 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2024
Plus de 50 ans après sa sortie, Delivrance est toujours aussi marquant ! Par ses scènes d'une violente inouïe (pour l'époque), les acteurs, les paysages ainsi que le Banjo, Delivrance fait partie de ses films cultes, qui sont à voir une fois dans sa vie. La manière dont l'histoire change de tournure est brillant ! Je rajoute à cela la mise en scène qui est impeccable, montrant une survie difficille et périlleuse!
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