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5,0
Publiée le 3 octobre 2021
Voila sans aucun doute de l'un des meilleurs films que j'ai jamais vus. C'est le récit glaçant d'un voyage en canoë voué à l'échec qui nous hantera la mémoire pendant des années. Il semble que les subtilités les plus fines d'un bon film présentes dans Délivrance soient perdues pour la génération actuelle de cinéphiles dont le palais cinématographique a été gavé d'effets spéciaux à plusieurs millions de dollars de dialogues sans imagination de violence aveugle ou d'intrigues édulcorées. Chaque aspect de ce film a été merveilleusement chorégraphié et se combine pour créer une histoire qui va bien au-delà du simple divertissement car c'est choquant et cela défie simultanément le public. Tout ce qui se passe dans ce film sert un objectif poignant John Boorman privilégie la qualité plutôt que la quantité. L'intrigue qui semble assez simple prend progressivement un caractère sinistrement inquiétant. Les dialogues sont rares mais le scénariste et le réalisateur s'en servent comme d'une force permettant aux événements d'en dire long sur les personnages. La violence bien que dérangeante fait également partie intégrante du film. Les paysages sont spectaculaires et Délivrance fait l'un des meilleurs usages des présages et du silence que j'aie jamais vus dans un film...
Film culte par excellence, Délivrance a néanmoins bien vieilli. Délivrance fut à l’époque un film très violent amenant des réflexions sur la folie humaine, il n’est plus aujourd’hui qu’un bon film d’aventure parsemé d’instants malsains...
L'Histoire est réaliste bien que la fin soit plutôt difficile à faire. C'est une sorte de rape and rivenge en eau vives et pleine nature. C'est un film des année 70, l'image est magnifique, il n'a pas du tout vieillis.
D’après le roman de James Dickey, également auteur du scénario. Vu pour la nième fois. Quatre joyeux drilles descendent une rivière condamnée dans un coin paumé resté sauvage… très sauvage ! Des scènes inoubliables (banjo) dont certaines très dures, un scénario bien construit, une réussite ! Décidément original, crédible et sans temps morts. Une grande réussite avec BO réduite mais intéressante.
J'avais entendu beaucoup de bien de ce film, et de sa réputation d'extrême violence. A-t-on vu le même film ? il n'est pas si violent que ça. Jon Voigt est excellent et les scènes de canoé ont du être un enfer à filmer. C'est un bon film mais pas vraiment le chef d'œuvre annoncé.
Réalisé par John Boorman en 1972, ce thriller reste une référence. Dès le début du film, on est plongé dans cette atmosphère glauque et tendue. On ne sait pas ce qu’il va se passer mais on pressent la tragédie pour ces quatre amis ayant décidé de descendre en canoé une rivière sauvage. Les cadrages et les plans sur les personnages, tournés avec beaucoup de profondeur de champ, immiscent totalement le spectateur au cœur de cette nature hostile. Le drame psychologique qui se dénoue ne fait que renforcer le sentiment d’oppression. A noter que ce film, tourné avec un tout petit budget, n’a pas permis aux acteurs d’être doublés pour les scènes dangereuses. Bref, un grand classique du genre.
Poisseux, intense et dérangeant, ''Deliverance'' est le chef d'oeuvre du cinéaste John Boorman qui réalise probablement le premier "survival" du cinéma Américain. Sorti en 1972, ce film incarne l'esprit du nouvel Hollywood explorant les nouvelles avenues d'une censure beaucoup plus souple avec une intention de dépasser les limites émotionnelles acceptables. ''Deliverance'' raconte l'histoire de quatre amis qui décide de passer le weekend dans la profonde nature de la Georgie pour descendre en canoë une rivière qui sera éventuellement coupée par un barrage. Évidemment, la descente ne se passera pas comme prévu et les quatre protagonistes (Burt Reynolds, Jon Voight, Ned Beatty, Ronnie Cox) feront face à une nature plus dure que celle de la Georgie, la nature humaine. Le film débute avec nos quatre personnages laissant leurs voitures à des péquenauds et s'ensuit la fameuse scène du duel guitare/banjo interprété par Ronnie Cox et un jeune garçon autiste souffrant vraisemblablement de consanguinité. Deliverance jette la base de son essence avec cette scène nous montrant le côté sale, primitif et dérangeant de ces campagnards avec un comportement douteux face à nos citadins qui ne se comporteront pas mieux face à ceux-ci. Boorman nous montre déjà ici en introduction les différences physiques et psychologiques entre ces deux classes sociales mais qui se rejoignent par la nature humaine malsaine. Nos protagonistes se retrouveront ensuite sur la rivière pour entreprendre leur descente, mais plusieurs péripéties leurs mèneront la vie dure avec, entre autres, la rencontre de deux autres péquenauds dans les bois. Cette rencontre mènera à l'une des scènes les plus dérangeantes, choquantes et humiliantes du cinéma de l'époque et qui restera gravée dans la mémoire collective. Dans la malheureuse mésaventure de nos héros, nous verront leur descente aux enfers et la suppression de leur morale qui laissera place à cette fameuse nature humaine. ''Deliverance'' est un chef d'oeuvre absolu des années '70, qui recevra quelques nominations aux Academy Awards (remportées par ''The Godfather''), et qui ne laisse personne indifférent. Une grande fresque de la dualité d'une nature humaine souvent plus inquiétante que la nature sauvage elle-même, un pur bijou du genre. 5/5
J'ai trouvé ce film malsain...Est-il besoin d'une telle débauche de violence pour faire passer un message ou faire avancer l'histoire? Je ne suis pas sûr...
Quatre amis citadins décident de partir pour un week-end d'aventures dans un espace naturel reculé au sein des Appalaches. Tels les trappeurs de jadis, ils prévoient de descendre en canoë la rivière sauvage, en voie de disparition afin de laisser place à un barrage favorable à l'apport d'électricité. Or, cette expédition mise en place par Lewis (Burt Reynolds), le leader du groupe à la flèche bien aiguisée, marque à sa façon la fin d'une époque de voyage authentique américaine de ce siècle, rapidement sacagée par un duo de violeurs et les aléas naturels qui les prennent en chasse... Loin des écrits rousseauistes faisant l'éloge de l'harmonie entre l'Hommet la Nature, John Boorman restitue une violence originelle empruntée dans cette relation. "Délivrance" parle de tout ceci, par le biais d'une vision métaphorique très puissante du rapport des Américains avec leur propre territoire et son histoire alors en 1972. Le script se réfère très explicitement à l'expédition de Meriwether Lewis du début du XIXe siècle, s'inscrivant dans le mythe de l'histoire nord-américaine. L'ouverture articule plans de rivière et des bulldozers de chantier les remplaçant, au profit d'une vive opposition entre la nature sauvage et la vie urbaine. spoiler: Les mouvements des deux violeurs, amorçant une tragique continuité scénaristique, ne sont par ailleurs pas sans rappeler l'articulation des machines issues de cette séquence. En promettant ainsi à ses trois compagnons de les ramener chez eux en temps et en heure pour leur match hebdomadaire, Lewis met ainsi la puce à l'oreille au spectateur assidu, en perspective d'une promesse qui ne saura être tenue comme telle qu'elle était prévue à l'origine. Dans l'absolu il s'agit d'une sorte de voyage exotique où l'Homme affronte les lois naturelles tout en croisant le fer avec les gens de sa propre nature. Intrépides Lewis, Ed (Jon Voight), Andrew (Ronny Cox) et Bobby (Ned Beatty) n'idéalisent pas la nature à cause de leur connaissance substantielle, ressentie au jour le jour. Par exemple, ce qui se passe lors du fameux "Dueling Banjos", désigne bien à sa façon le coeur vibrant du métrage, est aussi celui dans lequel les événements s'avèrent les plus décisifs. Grâce à l'affrontement du banjo (le jeune au visage qui semble vieillit par son milieu social) contre la guitare du citadin, un esprit de communauté (jusqu'ici semblant déchu) renaît par le biais de la musique. Se forme par la suite une forme d'inquiétude existentielle suscitée par l'espace naturel, sujet central du film, que la mise en scène cherche à traiter et à communiquer au spectateur. La nature gagne les quatre hommes au fur et à mesure de leur émergence, percevable comme étant un présage négatif: la nature est en voie de les avaler, s'emparer d'eux, les anéantir intérieurement. "Délivrance" est un puissant thriller, de sauvagerie et de canoë rythmé par ses entêtants airs de guitare-banjo dont la disparition progressive intensifie la violence grandissante de la nature. Ils ne servent non plus la musique, mais à battre une mesure imaginaire, se balançant sur un métronome mystique amorçant la suite de l'aventure.
Certes, avec le temps, il est des films qui accusent le coup, trop ancrés dans leur époque ou devenus désuets du fait des surenchères ultérieures, notamment en termes de violence. Délivrance a pu choquer dans les années 70, mais si visuellement le choc n'est plus aussi fort, sur le fond la pertinence du propos n'a rien perdu de son acuité. Avec un casting d'hommes taillé sur mesure, des péripéties rondement menées et que John Boorman dirige de main de maître, le spectacle de ce film d'action en pleine nature est total.
Positif : Un des premiers films des années 70 à montrer des visions plus pessimistes et désillusionnées des USA, à l'heure des révolutions culturelles (ex: mai 68, Guerre du vietnam, etc). Les valeurs américaines prennent un coup dans le film : tabou de l'homo-érotique; du viol; de la misère rurale conduisant au meurtre, etc.
Comme Apocalypse Now, qui montrait la descente aux enfers des soldats américains, par la métaphore de la descente sur la rivière vietnamienne, le réalisateur de Délivrance montre aussi ça, avec quelques années d'avances.
Le film est aussi novateur sur sa volonté de faire prendre conscience de la destruction de la nature (la rivière), pour le seul besoin des hommes (besoin en eau de la Californie). Il est encore plus d'actualité aujourd'hui.
La vision de la nature est elle aussi novatrice : même si elle est sublimée dans un joli décor au début du film, avec des passages en canoe faciles, la nature se montre beaucoup plus effrayante dans un second temps, avec ses passages dans les gorges et les rapides. Les citadins ne sont pas les bienvenus ici. C'est comme si la nature se vengeait.
Dénonciation de la misère des classes ouvrières des villageois qui ont décidé de vivre en marge de la société, et qui sont oubliés, les poussant à des actes cruels après. Les inégalités sociales et le mépris sont bien marqués des citadins pour les ruraux sont bien marqués dès le début du film.
Non confiance envers la police : choix de tuer ou de le livrer à la police : choix finalement de le tuer car peur des représailles et manque de confiance pour la police.
Pari risqué pour faire un film juste sur la descente en canoe de la rivière, mais pari gagné.
Négatif : Pas hyper bien joué. Les ruraux peut-être trop stigmatisés. Dialogues pouvant être plus construits.
Film choc à son époque,pour ses scènes dérangeantes et un scénario inattendu. Malgré le temps passé depuis sa sortie Délivrance reste un modèle du genre. Vous ne verrez plus la nature sauvage et ses autochtones de la même façon.
Mouais. Vu il y a 10 ans, j'avais été choqué par la scène du viol. Revu hier et finalement c'est assez inoffensif. J'aime beaucoup le début du film -générique inclus- jusqu'à la scène du banjo et je trouve que ce cinéma à le mérite d'être très vivant tout en étant très simple, dénué d'artifice, sobre, mais ce qui vient après... je ne sais pas, c'est très bien fait et assez épatant pour un film de 1972 (encore que je manque de point de comparaison) mais même si l'histoire est accrocheuse et assez bien rythmé, avec le recul je ne trouve pas le film marquant ou essentiel. Il manque peut-être un propos, comme souvent, j'imagine... A voir une fois.
Le film commence très bien en nous expliquant assez vite le contexte, sans trop ajouter de détails superflus, pour directement passer à l'histoire. Cela permet au spectateur de directement rentrer dans l'histoire sans s'endormir. La suite des péripéties est loin d'être attendue et c'est ce qui fait l'intérêt du film. Les personnages sont attachants, malgré des acteurs pas toujours justes. La réalisation est correcte, malgré quelques faux raccords ou trucages visible. Bref, ce film vaut le coup d'être vu !