Cet excellent film de la SF tricote son intrigue comme les pièces d’un puzzle qui s’assemble peu à peu. Le résultat est effrayant, et offre une jolie parabole de l’humeur franchement paranoïaque de l’Amérique au temps de la Guerre Froide.
tout comme le remake, ce film m'a grandement marqué surtout la fin... 4 etoiles un film a voir deconseiller a ceux qui ont eu peur pendant l'exorciste car la c'est bien pire.
Seul opus de science-fiction de Don Siegel et son film préféré (1956 ), il bénéficie d'une solide réputation qui le place parmi les chefs-d'œuvre du genre des années 1950.
Réputation au combien méritée, originalité et intelligence du scénario, même s'il comporte quelques lacunes, largement contrebalancées par la tension qui s'en dégage.
C'est son côté allégorique qui donne à voir le caractère de toute entreprise de déshumanisation qu'elle se situe à un niveau politique ( c'est l'aspect qui est en général le plus communément relevé car le plus évident à voir ), moral ou surtout psychologique ( c'est de mon point de vue là où se situe l'interprétation la plus profonde, beaucoup plus que sur l'angle politique).
Message anti totalitaire qui s'en prend à une sorte de cancérisation du monde et avant tout des individus provoquée par l'indifférence, la difficulté à exprimer ses émotions saines, l'absence de passion et de rage à défendre ses valeurs. Thèmes universels et toujours d'actualité.
On notera la présence de Sam Peckinpah dans une apparition ( c'est lui qui dit à propos du héros " laissez le fuir, ils ne le croiront jamais ).
On notera que ce film sera une des inspirations revendiquées du scénaristes de la série " les envahisseurs ".
Je l'avais découvert pour la première fois à la télévision, il y a plusieurs décennies et il m'avait considérablement marqué. Revu plusieurs fois aussi sur grand écran et notamment ces derniers jours, il n' a rien perdu de son impact sur moi. Dans le genre, c'est du très puissant !
Prémices intrigantes, suspense qui fonctionne avec dérive maîtrisée vers un léger fantastique/science-fiction. En arrière-plan (et de manière presque anecdotique dans le film), une petite mise en garde sur le fait de garder son humanité et son indépendance d'esprit, qui trouve son origine dans l'atmosphère maccarthyste de l'époque mais qui reste éloquente dans un contexte plus général. Film pas exceptionnel au vu de son aura de grand "classique" du genre : les acteurs moyens et les petites incohérences du scénario font tâches. Ce film reste cependant sympathique, divertissant et a plutôt bien vieilli. Titre mal traduit qui évoque des zombies ou voleurs de cadavres, alors qu'il n'est jamais question de la moindre tombe dans le film. On pourrait éventuellement traduire "Invasion of the Body Snatchers" par "L'invasion des voleurs de corps".