152 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
29 critiques spectateurs
5
8 critiques
4
7 critiques
3
7 critiques
2
5 critiques
1
1 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Crypto Bok
6 critiques
Suivre son activité
4,5
Publiée le 5 janvier 2025
Jacques Rozier prouve sa singularité et son talent qui touche au génie. Des scènes qui s’allongent pour le plaisir de voir les acteurs jouer, un film qui prend, comme toujours chez Rozier, des chemins de traverse et la direction de la mer. Luis Rego, Bernard Ménez, Lydia Feld et Yves Afonso forment un quatuor extraordinaire et leur capacité à intégrer les exigences de mise en scène de Rozier donne un film hors norme, bordélique, attachant et qui donne envie de s’échapper de sa vie quotidienne pour vivre des aventures hors normes comme Rozier sait les raconter et les filmer. « Maine Océan » prouve que Rozier est un cinéaste à part et surtout indispensable à ceux qui aiment le cinéma.
C'était une curiosité à voir au moins une fois. Des personnages loufoques, inintéressants, voire insupportables. Une histoire assez invraisemblable. C'est plutôt bien joué cependant.
La ressortie en salles des quatre titres de la filmographie de Jacques Rozier, cinéaste de la nouvelle vague, soutenu par la critique mais délaissé par le public, permet de revenir sur son quatrième opus " maine océan" (1986).
Le vague scénario n'est qu'un prétexte à une déambulation de plusieurs personnages qui se rencontrent par hasard.
Si la première heure suit une ligne à peu près directrice : une brésilienne fait la rencontre d'une avocate et de deux contrôleurs à l'occasion d'un voyage en train, la seconde partie part, elle, dans tous les sens.
On retrouve toutefois certains éléments rencontrés dans d'autres titres : le hasard, l'île, les vacances, la liberté, la séparation...
" Maine océan" obtint le prix jean Vigo en 1986 mais témoigne d'un relâchement narratif qui peut rebuter.
On notera que le personnage interprété par Yves Afonso ( Dcd en 2018) fait penser à certains de Bruno Dumont.
Il y a un ton chez Rozier, mais ses scénarios dont on sent le caractère improvisé peut parfois trouver ses limites.
De mon point de vue "Adieu Philippine" son premier opus est nettement son meilleur, mais " Maine Océan" mérite le coup d'oeil, ne serait-ce que pour plusieurs scènes savoureuses vraiment très réussies.
Rosa Maria Gomes la danseuse de samba, représente peut-être l'image du bonheur et de la liberté, de la part hédoniste de la vie que Rozier semble chérir par dessus tout.
Un film assez iconoclaste qui met le désir d’évasion au cœur du récit. Cela ressemble un peu à du Kusturicka en moins échevelé. Une galerie de personnages parfois insupportables au parler pénible et des scènes loufoques qui emmènent le héros seul sur un bateau perdu au milieu de l’océan à la recherche de la rive… seule poésie intéressante
Deux contrôleurs de la SNCF, un marin-pêcheur, une danseuse brésilienne et une avocate sont les personnages de cette déambulation loufoque et insolite de Jacques Rozier, lequel les entraine -ou se laisse entrainer- dans une intrigue insignifiante, car sans véritables enjeux. Le hasard, initié par un billet de train non composté, a réuni tout ce petit monde pour quelques heures d'errance à travers la Bretagne. Ce sont des personnages qui n'avaient a priori pas beaucoup de raisons, sinon de se rencontrer, du moins de passer du temps ensemble, mais que le cinéaste met en relation comme s'il voulait voir à quoi peut aboutir leur promiscuité fortuite. Au terme de cette balade commune, chacun reprendra probablement sa route ou son travail. De longues scènes (et peu de plans) caractérisent une aventure minimaliste, sans évènements ni dramatisation, de laquelle Rozier extrait ce que la simplicité dérisoire des protagonistes peut avoir de drôle. Ils sont attachants, avec mention à Yves Afonso dans un rôle de breton à la diction incompréhensible. Reste que certaines situations sont excessivement plates. On décroche parfois.
voilà un film bien curieux, mais non sans chame. L'art de la mise en scène est de gérer la temporalité, et Jacques Rozier prouve qu'il est un metteur en scène singulier. Les scène s'étirent dans ce film, elles nous font passer tour à tour de l'ennui à la fascination tant ce qui s'y passe semble se dérouler en direct. A l'image de la scène de danse dans l'auberge dont on ne voudrait plus qu''elle s'arrete. A côté de ces bons passages, le film n'est pas toujours passionnant, mais sa nonchalance pour filmer les espaces naturels ou bars improbables, est distilleuse de poésie, et en fait un film intéressant.
Mythique scène du début ds le train et le duo Menez et Régo est irrésistible, la balade sur l'île des marins est étonnante et l'idée de suivre cette danseuse brésilienne de Paris à l'le Dieu au bar des pêcheurs bretons est géniale.
16 164 abonnés
13 124 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 12 janvier 2023
Il ne faut jamais se rèvolter contre le destin [...] Dans cette destination mouvementèe, Jacques Rozier voulait parler de gens simples et inhabituels qui, malgrè leur train train quotidien et leur diffèrence, trouvent encore quelque chose à donner! Le cinèaste multiplie les situations cocasses et attachantes entre Paris et l'île d'Yeu dans un rècit riche en moments de poèsie où se côtoient deux contrôleurs de train, une danseuse de salsa brèsilienne, une avocate dètonante et un marin parlant un curieux dialecte français (Yves Afonso est assez dingue dans ce rôle). Bernard Menez, acteur fètiche de Rozier, compose un personnage râleur, tête de breton dans son travail avec en plus des principes, dont on ne se lasse pas d'observer les mèsaventures, jusque dans les sables! Voir la mer de l'autre côtè de l'Atlantique, mais rarement vu et filmè de cette façon avec des travellings à se pâmer! A ce titre, la dernière partie sur ce vaste morceau de plage perdue est un très joli moment de cinèma! A noter que le film a reçu le prestigieux Prix Jean Vigo 1986...
Au premier abord un film déroutant mais sincère, une espèce de comédie sociale avec une galerie de personnages hétéroclites auxquels on s'attache. Bernard Menez, Luis Rego, en contrôleurs SNCF sont marrants comme tout, mais la palme c'est pour Yves Afonso, parfait en marin plouc qui mélange le patois et le français. Je suis sur qu'il a du inspirer Dupontel. Je n'étais pas un grand habitué du cinéma de Jacques Rozier mais j'aime beaucoup ce film là, en dépit de sa longueur. En effet, il y a sans doute 30 minutes de trop... Mais la réussite du film, c'est ce sentiment de réalisme décousu, ou tout est possible et ce don pour mettre en valeur des personnages qu'on met toujours de côté et leur faire faire des rencontres improbables. Une jolie curiosité.
Je n'arrive pas à comprendre l'engouement critique pour ce film. J'apprécie pourtant Luis Rego et Bernard Menez, et l'idée d'évasion de deux contrôleurs de train est séduisante, Mais le film est sabordé par tout le reste et notamment les autres rôles. Une artiste brésilienne qui n'a rien d'autre à faire que de suivre nos deux contrôleurs SNCF sur une île (Yeu) une avocate dont le film nous inflige durant une éternité la plaidoirie pour défendre un énergumène, pêcheur il me semble, dont ce pauvre acteur doit avoir eu l'un des rôles les plus insupportables - pour les spectateurs en tous cas - joués au cinéma. C'est un véritable supplice qui se réitère tout au long du film. Pour résumer, à part nos deux contrôleurs SNCF, on ne sait pas qui sont les gens et ce qu'ils font ensemble. Ce film est ponctué d'un tas de scènes inutiles quand ce n'est pas incompréhensibles. La scène du brésilien et de la pianiste qui débarquent d'on ne sait où et celle du Grand-Guignol au 'Bar de la Marine' qui de son empoignade fait dans la confidence entre ivrognes sont éloquentes à ce titre. Des erreurs chronologiques comme ce procès dont les sortent le jour alors qu'ils y sont arrivés la nuit. Notons sur l'île qu'à part nos "Schtroumpfs" pêcheurs et "P'tit gars" (schtroumpf pêcheur également) personne ne parle comme eux, en bref tous les autres sont compréhensibles, ce qui sonne faux, car l'accent des localités il touche généralement tous les natifs (oui, les femmes aussi) et se transmet de génération en génération. On a franchement du mal à croire à la véracité des personnages, l'auteur lui-même semble dépassé, comme en atteste le plaidoirie de l'avocate qui part totalement en vrille avant que le juge finisse par lui signifier de se taire. Que dire du rôle de Bernard Menez, qui se veut si tatillon mais qui croit le bonimenteur qui lui promet une carrière à la Maurice Chevalier, cela pour se se fait débarquer de l'avion au dernier moment afin de céder la place à la danseuse brésilienne qui avait disparu mais finit par se retrouver sur la piste d'envol. c'est du n'importe quoi pour un film fatiguant, et long en plus. C'est du théâtre filmé en fait, avec un scénario qui semble donner la part belle à l'improvisation. Les acteurs jouent vraiment "à la bonne franquette". Il faut attendre le final pour avoir quelque chose d'intéressant, spoiler: avec cette scène si particulière de changement de bateaux successifs pour que notre contrôleur regagne le terre ferme et son Nantes-Paris avant 10H30. Pour résumer le film, un délire d'auteur de vacances à la mer en hiver.
À l'encontre des standards habituels, le film prend le temps de se donner de l'épaisseur. Il s'en dégage une certaine forme de poésie et une spontanéité tout à fait plaisantes. Mais il a aussi les défauts inhérents à la façon de travailler de son réalisateur. Ce dernier ne s'impose pas de cadre strict, aime laisser tourner, capturer le vif, les improvisations. Tout cela se traduit par un manque de précision dans le récit et un rythme en dent de scie, qui fleurte parfois même avec l'encephalogramme plat. De nombreuses scènes s'éternisent sans réelle justification et rendent l'ensemble trop comateux et très peu digeste. Quelques fulgurances ci et là relèvent difficilement le niveau d'un film trop inégal à l'image de ses acteurs et plus particulièrement d'un Yves Afonso horripilant.
Voir un film de Jacques Rozier est un bonheur particulier car aucun de ses films n'est comparable; il y règne une liberté de tons et d'écriture qui font de l'ensemble moins un film qu'une aventure cinématographique. "Maine Océan" est à peine moins beau que "Du côté d'Orouët" et "Les naufragés de l'île de la tortue" : le fait qu'il soit plus structuré, qu'il donne l'impression d'être plus écrit, atténue la sensation de désorientation sans pour autant mettre le spectateur dans une zone de confort. Si le film déroute autant, c'est d'abord parce qu'il est ultra-provincial, qu'il s'attache à des personnages jamais considérés par le cinéma français. Rozier filme une France profonde, celle des marins à l'accent aussi drôle qu'incompréhensible, et n'essaye pas de les inscrire dans un scénario qui ne leur ressemblerait pas; au contraire, l'improvisation aisément perceptible est un moyen pour les acteurs de se rapprocher de ce qu'ils connaissent le mieux. Il est même étonnant de voir lors de certaines scènes à quel point la confrontation entre acteurs plus chevronnés et les amateurs semble gêner les premiers, contraints d'ajuster leur jeu sur celui des seconds pour créer une harmonie. C'est l'éternel petit miracle du cinéma de Rozier et en particulier dans ce film que de créer un ensemble cohérent – un même humour, une même mise en scène, une direction d'acteurs vite cernable – tout en introduisant brusquement des personnages parfois même pas présentés, comme si on les connaissait depuis toujours, et en ne s'efforçant pas de réaliser des transitions entre les différentes "étapes" d'une écriture qui semble s'inventer au fur et à mesure. Affranchi de tous codes narratifs et cinématographiques, "Maine Océan" est un grand bol d'air frais à la drôlerie réjouissante.
J'emprunte à Arnaud sa très belle formule concernant Jacques Rozier : "Un magicien du réel". Il faut regarder ce film avec la fraicheur d'âme que nous avons gardé de l'enfance et le "sérieux" de l'âge adulte. Ce film, plein d'humour, de poésie et de sensibilité, nous incite aussi à réfléchir à des problèmes de notre société. Je ne pratique pas l'idolârie des acteurs, mais je trouve les interprètes principaux remarquables, avec juste un petit bémol pour Lydia Feld : excellente jusqu'aux scènes de île d'Yeu. À ce moment-là, je n'ai pas bien compris le sens de ses mimiques, de ses sourires (ce sens m'a sans doute échappé!). Certains pourront trouver des longueurs dans ce film ; pour moi, il n'y en a pas si on se laisse "prendre" par l'atmosphère de cette réalisation.
Un film étonnant, décontenançant, drôle, inattendu, un film curieux et très attachant signé par l'un des réalisateurs français les plus libres et les plus séduisants qui soient.