Au travers du problème posé au gérant d'un bar qui sert de l'alcool et qui se verrait fermé dès lors qu'il ne resterait plus un seul non-musulman dans la petite ville, le réalisateur traite plutôt finement les bons rapports entre juifs et musulmans il y a près de 50 ans au Maroc, le départ, malgré tout, des juifs, après l'indépendance et le décès de Mohammed V qui, jusqu'alors, les protégeaient, ainsi que l'accueil médiocre de ces juifs séfarades en Israël. Un film honnête et attachant.
Ou vas-tu Moshé possède avant tout des vertus historiques. Comment des milliers de juifs quittèrent le Maroc, quelque temps après l'indépendance, de façon à "peupler" Israël. Pour illustrer cet exode, Hassan Benjelloun a imaginé une fiction qui décrit les conséquences de cet exode dans le petit village de Bejjad, dont le bar est menacé de fermeture , une fois que le dernier non-musulman aura déserté les lieux. C'est donc un peu Bejjad Café dans cette histoire plaisante à la Clochemerle, dont les maladresses de montage atténuent cependant quelque peu l'intérêt. Cette tragi-comédie a les bons ingrédients, mais pas le liant indispensable, ni un piment supplémentaire pour que le film mérite un autre qualificatif que sympathique.