La Taupe
Note moyenne
3,0
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822 critiques spectateurs

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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2012
Bluffant, surprenant, magnifique, incroyable, ... et je ne les citerai pas tous, car ce film mérite de tels compliments de ceux qui ont un minimum apprécié et qui ont conscience de la situation ! Une infiltration comme je les aime, la plupart ne m'ont pas déçu, et celui-là, très loin de là ! J'ose tout de même préciser que les faits y sont très ... réalistes. Il y a tout de même de questions à se poser sur ce qui se cache derrière les informations que le gouvernement ne souhaite pas dévoiler, et laissant ainsi à l'écart le peuple. Mais c'est un risque à prendre vue que les tensions continuent encore. Les amplifiées comme le film pourrait le suggéré, mènerait le monde dans une lutte de mystère et incompris.
Nathan Snidaro
Nathan Snidaro

74 abonnés 462 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 avril 2013
James Bond, Jason Bourne au placard. Place au VRAI film d'espion, sans clichés, sans actions, sans manichéisme. "La Taupe" est incontestablement l'un des meilleurs voir le meilleur film d'espionnage. Extrêmement bien écrit et réalisé, on assiste à un véritable théâtre où se mêlent les destins, les tensions et également les objectifs de chacun. Et il y a du monde dans ce "chacun" croyez moi, c’est d'ailleurs sans doute ce qui a perdu une bonne grosse partie des spectateurs, ça et le fait qu'il n'y a pas d'actions. Et on les connait tous les amateurs de "Transformers", si il n'y a pas d'action ba c'est pourri gnéééééé......oui mais non ça ne marche pas comme ça. Parceque là oui il n'y a pas d'action. C'est justement ce qui fait la force du film. Là le but n’est pas d'échapper à d’infâmes tueurs, ici c’est avant tout une histoire policière, où l'on n'exige non pas des qualités physiques ou meurtrières, mais des qualités intellectuels et une grande réflexion. Oui parce qu’avant tout l'espionnage c’est ça, c’est pas truc qui explose la tête à machin et qui se fait pourchasser par bidule. Non là c’est l'inteligence avant tout ( d'ailleurs pour suivre je dois bien avouer qu'il en faut également une parceque l'on est facilement perdu quand même ), qui se dévoile aussi bien à travers une intrigue complexe,cousue de fils emmêlés et entremêlés, qu'a travers ses personnages. Une multitude de personnages, et pourtant tous aussi bien développés les uns que les autres, et qui sont aussi soupçonnables les uns que les autres. En raison de quoi le suspens est maintenue jusqu'au bout. De plus le film jouit également d'un excellent casting. On retrouve en effet pleins de très bons acteurs, que ce soit Colin Firth, John Hurt, Mark Strong, Toby Jones ou Tom Hardy. Une belle brochette d'acteurs donc qui excellent tous dans leur rôle, excepté Gary Oldman. Gary Oldman n'est en effet pas excellent, il est magistral. Il livre ici de loin sa meilleur prestation. En clair ce film aurait pu être un chef d’œuvre. En effet on y retrouve une intrigue complexe et pourtant très fluide, les scènes s'enchaînent en effet de manière très habile. Une intrigue complexe ainsi qu'une interprétation magistrale, mais également une photographie et une mise en scène extrêmement soignées. Mais encore une histoire intéressante servie par un scénario incroyablement bien écrit. Enfin, le film termine sur une fin géniale sur fond de chanson française. Il reste cependant, et malheureusement, une écharde. Et oui car l'intrigue très complexe l'est tellement que l'on est obligé de bien s'accrocher pour bien suivre, et surtout bien comprendre, le déroulement de l'histoire. Bref, le meilleur film d'espionnage que j'ai vue jusqu'ici, comportant une intrigue aussi parfaite que ses acteurs, mais qui risque un certain nombre de fois de perdre son public.
Vivien19
Vivien19

69 abonnés 443 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2012
Quand on adapte John Le Carré, il faut s'attendre à tout : des très réussis adaptations de la Trilogie de Karla produites par la BBC avec Alec Guinness, ainsi que l'adaptation de 1965 de L'Espion qui venait du froid, jusqu'au navet atomique avec Sean Connery qu'est La Maison Russie ou Le Tailleur de Panama avec Pierce Brosnam, on peut dire que les résultats ont été mitigés.
Mais pour La Taupe, on se doute avec la présence de Tomas Alfredson que le film peut changer la donne. Car La Taupe, en plus du réalisateur de Morse dispose d'un casting orgasmique (Oldman, Firth, Strong, Hardy, Cumberbatch, Hurt, Jones...). Résultat, on apprenait il y a quelques semaines que Gary Oldman était nominé pour le Meilleur Acteur dans un rôle principal, et Alberto Iglesias pour la Musique Originale.
Qu'en est-il finalement ?
Quand on parle à « Papa » du film d'espionnage, il pense à James Bond, au mieux à la série TV Mission: Impossible : du cinéma de divertissement, destiné à un public très large, et souvent d'un réalisme plus ou moins réussi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je pense que c'est la France qui avait réellement relancé le film d'espionnage qui enfreint cette règle : il y a trois ans, avec l'excellent Affaire Farewell.
Alfredson par le biais d'une atmosphère Guerre Froide parfaite (il y a eut le vice de tout détailler jusqu'à la lampe de chevet pour que le spectateur ait l'impression de regarder un film d'époque). Car si il faut retenir trois choses de La Taupe, ce sera bien ça : mise en scène parfaite, scénario de génie et acteurs géniaux. Alfredson réussit le coup de véritablement comprendre le film d'espionnage; ce ne sont pas seulement des explosions, des courses poursuites en Chevrolet et des fusillades en haut de l'Empire State Building. Une atmosphère très clinique, presque cynique, apportant un regard objectif à l'intrigue, mais d'un point de vue totalement mystérieux : les portes s'ouvrent, se referment, on se perd facilement dans une intrigue complexe mais parfaite.
La Taupe joue avec le spectateur en lui faisant tout croire, lui faisant remettre en cause son jugement sur la scène précédente à celle d'après. Le tout se déroule, si bien qu'on rentre dans le film (ce qui n'est pas mince affaire, car ça reste peu abordable, d'où les critiques très mitigées le critiquant en partie d'ennuyeux), très vite. Plus encore que la mise en abyme parfaite d'Alfredson est à noter l'intrigue superbement intelligente, défiant à la fois tout ce qu'on a put voir jusqu'à ce jour en terme de cinéma d'espionnage. La scène d'ouverture, sublimé d'ailleurs par le metteur en scène scandinave, est un tour de force, de même que le final, qui n'est ni trop long ni trop court et se termine avec un message très clair : "Oui, on adaptera encore du John Le Carré" (depuis on sait que ça sera le troisième volet de la trilogie, "Smiley's People").
Le dernier énorme point fort du film restera son casting : alléchant avant la projection, il est juste jouissif par la suite : Gary Oldman, vieillissant et méconnaissable (c'est là qu'on se rend compte qu'il a quand même 53 ans, bien qu'il paraisse encore plus âgé tout le long du film), Tom Hardy, dont c'est véritablement le meilleur rôle, et enfin un Colin Firth, qui confirme son talent une nouvelle fois. N'oublions pas Mark Strong qui hérite enfin d'autre chose qu'un rôle de méchant manichéen, et il s'en sort plus que bien.
La Taupe est sur le papier un chef d'oeuvre, de mon point de vue. Un film qui marquera le cinéma, c'est clair. Son plus gros problème reste son inaccessibilité pour la plupart des personnes. Déroulant à la fois un film plein de faux semblants et de fausses pistes, on assiste à un véritable tour de force, tout simplement parfait, car c'est surement le seul terme qui suffit.
Alipius
Alipius

5 abonnés 127 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2012
Ahhhh le début du film... bien qu'original et bien pensé, d'une lenteur... mais le rythme, tout comme le personnage principal, suit une progression linéaire, sans à-coup ; lent puis de plus en plus rythmé ; terne puis imposant, magistral.
Certains semblent ne pas avoir compris l'histoire, je n'ai pas la prétention de me poser en superman, mais ce qui m'a également énormément procuré de plaisir dans ce film, ce sont tous les "détails" qui n'en sont pas, qui permettent de saisir tout ce qui s'est passé. Et ce qui est fantastique, c'est que la moitié de ces éléments ne sont pas repris par la suite mais l'expliquent, donc certes, rien ne vient sauver le spectateur perdu, mais pour celui qui avait compris, et voit les choses prendre une tournure qu'il prévoyait, ou pire encore, quand ce sont des éléments très secondaires pour la trame principale qui sont éclairés différemment par quelque chose vu plus tôt, c'en est presque grisant, tant le scénario et l'ordre des scènes sont bien choisis, et que tout s'emboîte à la perfection.
Les acteurs excellent ; tout comme il n'y a pas de volonté d'en mettre massivement plein la vue par
des scènes d'action bourrées d'explosion, le jeu est juste, dosé à la perfection ; la cohérence dans le caractère des personnages est parfaite, permettant une approche psychologique de haut niveau, complétant l'atmosphère pleine de suspicion, de paranoïa générale.
Et l'ambiance, les décors... la guerre froide est de retour, il n'y a pas de faute de goût.
Un film à part, on comprend ou non, on aime ou pas... Mais en aimant, je ne vois pas comment le faire dans la demie-mesure
NiERONiMO
NiERONiMO

59 abonnés 353 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2012
Second film notoire (après Morse) de Tomas Alfredson, La Taupe est l’adaptation d’un best-seller de John le Carré, grand auteur de romans d’espionnage. Prenant place dans la période trouble de la Guerre Froide (1973), le récit suit l’enquête de George Smiley, chargé de dénicher la taupe ayant infiltré la plus haute instance des services secrets britanniques (le Cirque). En premier lieu on ne peut que féliciter la retranscription de l’époque, que ce soit au niveau des décors, costumes ou encore ambiance … car celle-ci, grandement austère, souligne un climat de tension permanent, représentation logique d’une guerre devenu psychologique ; néanmoins, et l’on soulignera ici le seul défaut imputable à ce long-métrage, il est clair que celui-ci manque de dynamisme … en bref cette réalisation très soignée, à travers de superbes mises en scènes (une réussite également visuelle), ne manquera pas de marquer de nombreuses longueurs, laissant ainsi planer l’ennui chez le spectateur et ce notamment dans la première partie du film. En effet, force est de constater que l’intrigue principale ne cesse de s’étoffer au fil de l’investigation menée par Smiley, permettant d’accroitre suffisamment l’interêt du spectateur … et bien que le film soit avare en rebondissements significatifs, le scénario est on ne peut mieux ficelé, avec les diverses interactions entre personnages, les flash-back etc. Et en parlant de protagonistes, on peut souligner pour terminer la prestation sans faille d’un casting 4 étoiles, avec en tête de file un Gary Oldman des grands jours … les autres interprétations ne sont bien entendu pas en reste, et l’on ne pourrait toutes les nommer ; bref un grand bravo au jeu d’acteur ! (Mark Strong, John Hurt ou encore Benedict Cumberbatch). En conclusion, malgré des longueurs pouvant jouer sur l’attrait du film, La Taupe se révèle être une référence du film d’espionnage, bien loin des grosses productions type 007, avec une ambiance à la fois stylisée et sobre, mais qui de par son scénario et sa galerie de personnages saura vous séduire.
ManoCornuta

359 abonnés 3 068 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 13 avril 2015
Quelle déception! Il est regrettable de voir un tel sujet se faire phagocyter par une absence de rythme pareille. C'est à la fois extrêmement lent et totalement incompréhensible du fait d'une économie dans les dialogues et la présentation des personnages, qui fait qu'on passe son temps à se demander à qui on a affaire. Je n'ai même pas envie d'essayer de trouver un point positif pour défendre ne serait-ce que les acteurs. On a le sentiment d'un film totalement à côté de la plaque, sans aucune tension dramatique.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 5 janvier 2014
Commençons d'abord par les qualités indéniables du film: l'ambiance des années 70 est très bien retranscrite tant par les décors, que par les costumes et par les musiques qui collent parfaitement à l'ambiance; les acteurs sont également très bons (en même temps avec des acteurs comme Gary Oldman ou encore Colin Firth le contraire aurait été étonnant); la réalisation est également de bonne facture. Voilà, comme quoi avec les meilleures intentions du monde et un bel enrobage on arrive pas à faire un film convaincant. Partant d'une bon concept initial de film d'espionnage (une taupe est infiltré au MI6 qui est-ce ?), le film par son scénario alambiqué et par sa lenteur perd le spectateur et le plonge dans l'ennui, si bien que lorsqu'on découvre qui est la fameuse taupe on s'en moque pas mal et on attend qu'une chose que le générique apparaisse. Un film réservé aux plus férus amateurs de film d'espionnages à l'ancienne.
mr. edward
mr. edward

190 abonnés 495 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 avril 2014
Doté d'un casting 4 étoiles (Gary Oldman, Mark Strong, Tom Hardy, John Hurt, Toby Jones, Ciarán Hinds , Colin Firth, ou encore Benedict Cumberbatch) et d'un scénario un brin complexe, "La Taupe", adaptation du roman "Tinker, Tailor, Soldier, Spy", de John Le Carré et premier volet d'une trilogie consacrée à l'espion George Smiley (Gary Oldman dans le film), est un excellent film d’espionnage, intéressant et intelligent. L'atmosphère est posé dès les première secondes du film, celui-ci est prenant et envoutant. Le rythme se veut calme, lent, anti-spectaculaire mais surtout très mélancolique, presque nostalgique d'un temps qui n'est plus. Le tout est symbolisé par le personnage de Smiley qui est un homme posé et méthodique, mais qui porte sur lui les marques du temps. Concernant la mise en scène, celle-ci est minutieuse et surtout ultra soignée. L'ambiance "Guerre Froide" est parfaitement reconstituée et l'on plonge dedans la tête la première. Malgré toutes ces qualités, La Taupe est un film assez difficile à appréhender et à apprécier car tout n'est qu'histoire de faux-semblant, de sous-intrigues imbriquées les unes dans les autres, de sous-entendus posés et pesants. On ne comprends pas toujours tout, mais d'ailleurs est-ce si important que ça ? Nous sommes souvent dans le flou, dans l'incertitude la plus totale, quitte à perdre le fil de l'histoire. Pourtant on reste éveillé "grâce" une climat de tension palpable et de paranoïa ; les silences, la bande-son d'Alberto Iglesias, les acteurs augmentent cette sensation. En parlant des acteurs, mention spéciale à Gary Oldman, tout simplement magistral dans son rôle, n'ayant pas besoin de parler beaucoup pour faire passer les sentiments et ce qu'il veut dire. Son interprétation peut faire penser à celle de Ryan Gosling dans "Drive" (même si les deux rôles sont totalement différents ainsi que les deux films) car lui aussi dégage un charisme "muet" impressionnant. Il joue tout en finesse. Le reste des acteurs n'est pas à mettre de coté car ceux-ci tiennent leur rôle à la perfection et aucun n'est en deçà. Finalement, on se rend compte que "La Taupe" aborde plus de thèmes qu'il n'y paraît et n'est pas qu'un simple film d'espionnage et de complot complexe. On aborde aussi les thèmes de l'amitié ; par exemple, la relation entre Jim (Mark Strong) Prideaux et Bill (Colin Firth) Haydon, même celle entre Georges (Gary Oldman) Smiley et Control (John Hurt) ; la loyauté, le regard nostalgique voire désabusé sur le monde actuelle et le "c'était mieux avant" (symbolisé par la scène entre Smiley et Connie Sachs). Tout est suggéré et teinté de subtilité. De ce fait, à part si on a lu le roman, on peut assez difficilement se douter de qui est la Taupe, même quand on comprend que Smiley le sait et peut-être est-ce cela une faiblesse du film, la résolution est amené de manière un peu trop brutal. Mais c'est bien là, le seul reproche que je trouve à faire concernant le film. Ainsi, pour conclure, La Taupe est une film je conseille de voir (en v.o bien évidemment) car celui-ci est un chef d’œuvre d'espionnage est une excellente surprise de ce début d'année 2012.
Kilian Dayer
Kilian Dayer

130 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 août 2013
Un cinéaste scandinave prodigieux en devenir, un casting exclusivement britannique de toute grande volée, le tout au service d’une adaptation à l’écran d’un roman du remarquable John Le Carré, auteur excellant pour le moins dans le registre de l’espionnage. Alors que bon nombre auront été captivé par la bande-annonce, redoutablement efficace, le film, lui, ne laisse pas de place aux curieux n’étant pas documenté un tant soit peu sur le monde vicieux de nos aïeux, période guerre froide. L’anti James Bond par excellence est incarné par un Gary Oldman somptueux dans le costume d’un vieux solitaire aussi désespéré que désespérant dans sa manière d’évoquer des réalités qu’il semble comprendre plus vite que les autres. L’intelligence Service prend ici tout son sens alors que biens des cinéphiles distraits ou non-réceptifs au genre se perdront en route.

Oui, il s’agit là d’un film de genre, d’un genre tout particulier, l’espionnage, et le vrai qui plus est. Alors que les espions au cinéma riment souvent avec action, élégance et aventure, Tomas Alfredson revient à la base du métier de l’Etat secret, nous emmenant contre notre gré ou la réjouissance au cœur dans les tréfonds de la paranoïa qui étouffait le cœur du système du renseignement des grandes puissances durant le conflit fantôme entre l’est et l’ouest. Ici, la Grande Bretagne ne semble plus pouvoir parler, respirer ou conspirer sans que l’ennemi ne soit au courant. La mission de George Smiley, alias Oldman, personnage récurrent chez Le Carré, est de débusquer la taupe, celui qui au cœur du Cirque, la direction des services secrets de Sa Majesté, vend des informations aux Soviétiques.

Le sujet est captivant pour celui qui sait attendre, celui qui sait écouter et surtout, au vu du nombre de personnages fluctuants, sait se concentrer sur ce qu’il visionne. Il est dès lors difficile de cerner le film, son intrigue, sans passion ni intérêt pour son sujet, d’où une ribambelle de critiques acerbes de la part d’un public jeune auquel l’on sert inlassablement un cinéma préconstruit pour eux. Vrais cinéphiles nostalgiques d’un certain cinéma, vrais cinéphiles cultivés ou de bonne foi ne peuvent passer à coté d’un tel film, si authentique, si bien réalisé. Oui, outre que raconter une histoire captivante, la Taupe, même si je préfère son titre original, est un modèle de reconstitution d’époque, de parti pris visuel de la part d’un cinéaste que l’on n’est pas prêt d’enterrer.

Le reflet perpétuel dans les lunettes de Smiley démontre qu’il est un observateur attentif du monde paranoïaque qui l’entoure. Bien des démonstrations de style telle que celle-ci viennent agrémenter une œuvre magistrale qui laisse dubitatif face à la qualité de ses silences, de ses longs plans fixes, alors que l’on sent les personnages réfléchir, souffrir de ne pas savoir, s’inquiéter et démontrer leur intelligence respective. Un vrai tour de force que ce Tinker Tailor Soldier Spy, un film d’un autre temps aussi envoutant que fidèle à l’œuvre de John Le Carré. Tant pis pour ceux qui crachent dessus faute d’y chercher une conclusion. 18/20
Barry.L
Barry.L

37 abonnés 136 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 novembre 2016
Adaptée du roman d'espionnage de John Le Carré, ''La Taupe'' est réalisé par Tomas Alfredson. L'histoire se passe pendant la Guerre Froide, en 1973, au sein des services secrets britanniques (appelé ''cirque''). L'agent George Smiley (Gary Oldman, spectre melvillien) enquête après la mort de son supérieur, Control (John Hurt) pour débusquer un espion infiltré. Aidé par Peter Guillam (Benedict Cumberbach), Smiley mènera son enquête et devra découvrir qui est ''La Taupe'' parmis quatre suspects. Résumé comme cela, le film a l'air assez simple à comprendre (un héros, une taupe, quatre suspects). Sauf que non, le film se révèle au contraire diablement retors : intrigue parallèle, flash-back.... Dans cette œuvre, il est impossible de tout comprendre. Mais cela a peu d'importance : il suffit de se raccrocher à l'idée qu'il y a une taupe, et qu'il faut la découvrir. Cette idée, gravée dans sa mémoire, permet au spectateur de ne pas s'embourber dans ce (trop) touffu récit.

Donc, on n'y comprend pas grand chose. Est-ce grave ? Cela pourrait si le seul intérêt du film était dans le scénario, ou plutôt devrais-je dire si ''La Taupe'' était uniquement une œuvre de scénario. Seulement voilà, ''La Taupe'' a aussi une mise-en-scène. Et même qu'elle est signée Tomas Alfredson. Pour rappel, Tomas Alfredson est un réalisateur suèdois, qui avait réalisé en 2008 ''Morse''. Ce joyau (un de mes films préférés, avec ''Le bon la brute et le truand'' et ''Barry Lyndon'') contait la belle relation entre un pré-ado de douze ans et une vampire du même âge. Loin de la mièvrerie de ''Twilight'', loin des outrances nullissimes des ''Prédateurs'' (Tony Scott, 1983), ''Morse'' marquait par ce fascinant mélange entre la violence sanglante (meurtres et humiliations) et une grande douceur (la relation, tendre et simple entre les deux protagonistes principaux. Cette douceur était soulignée par la beauté de la mise-en-scène alternant (entre autres) plans fixes et lents mouvements de caméra.

Tout cela se retrouve dans ''La Taupe''. Seule le postulat a changé : des vampires, Alfredson est passé aux espions. Si l'émotion suscité par ''Morse'' disparaît quelque peu de ce film, si la simplicité de ''Morse''est absente de ce film, ''La Taupe'' n'est est pas moins un grand film, car la mise-en-scène est la même que celle du film précédent d'Alfredson. Le film de vampire peut se diviser entre romantisme (''Twilight'') et épouvante (''Nosferatu'') : Tomas Alfredson choisit un entre-deux : ce fut ''Morse''. Le genre de l'espionnage lui aussi peut se diviser entre réalisme (John Le Carré et ses romans) et romanesque (James Bond) : de nouveau Alfredson ne fait ni tout-à-fait l'un, ni tout-à-fait l'autre. Il n'y a pas d'action à la James Bond, mais le film ne peut pas se ranger dans le genre de l'espionnage réaliste. Réaliste, le film l'est dans son son scénario ultra-complexe (rappelons que John Le Carré est un ancien espion), mais là encore, la mise-en-scène apporte à ce monde de tromperies et de faux-semblants une lenteur, une mélancolie, presque une douceur complètement antinomique avec ce monde de l'espionnage. A l'image de son héros, étonnement pâle et transparent (comme dans ''Morse''), la réalisation se part d'une très grande lenteur, la caméra se déplace lentement, certains plans s'éternisent... Par moment, le film ressemble aux œuvres de Melville (comme ''Le Samouraï'' et ''Le Cercle Rouge'') où les individus (et c'est le cas de Smiley) s'apparentent d' avantage aux spectres. Comme Melville, Alfredson passe outre le scénario. L'histoire qui, là où cette dernière n'était pas vraiment intéressante parce que trop banale chez le français, est au contraire trop complexe pour qu'on se passionne chez le suédois. Une angoisse existe, mais c'est presque une angoisse tranquille qui anime le spectateur. Dans cette atmosphère à la fois concrète (dû au travail authentique de John Le Carré) et à la fois cotonneuse (dû cette fois-ci à Alfredson et son chef-op' Hoyte von Hoytema), le spectateur, s'il consent à se laisser porter, entrera dans une torpeur (au bon sens du mot). Deux scènes illustrent cette étrangeté : la séquence de fin sur la chanson de Trenet : ''La mer'' et surtout ce magnifique (et lent) travelling arrière partant du visage de John Hurt, pour aboutir à la vision de son bureau (la pièce, pas le meuble) mais vu à travers le couloir. La découverte de cette salle, sorte de bunker est extrêmement saisissante. Deux scènes mais aussi un fascinant ''méchant'' (un autre que la taupe) : le soviétique Karla. Invisible et dangereux (on ne le verra jamais), il est, cependant, plus que jamais présent (et touchant, quand son histoire est racontée par Smiley, son double anglais), lui qui est le produit de cette atmosphère. On pourrait citer d'autres séquences, toutes aussi stupéfiantes que celles citées précédemment (une dernière pour la route: la scène des archives, qui découvre les étages de l'immeuble).

Enfin, il faut ajouter que nous avons en face de nous une prestigieuse distribution composée d'acteurs anglais comme Gary Oldman, John Hurt, Colin Firth, Tom Hardy, Benedict Cumberbach (c'est vraiment une joie de le voir au cinéma) et j'en oublie...

Grand film d'espionnage, "La Taupe" vaut surtout pour son atmosphère hivernale et sa distribution so british. On espère qu'Alfredson ne s'arrêtera pas là, et qu'il continuera à nous stupéfier.
JohanJett
JohanJett

39 abonnés 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 février 2012
Les romans d'Espionnages de l'ancien agent du MI6 John Le Carré sont toujours difficiles à lire,car ils sont compliqués,alors lorsque vous voyez pour la première fois un film adapté d'un roman d'espionnage,il faut être très réceptif et ne pas être fatigué ce jours là,sinon allez le voir une autre fois,car vous risqueriez de dormir devant le grand écran.

Difficile d'expliquer ci ce film est un chef d'œuvre,car le scenario est très complexe,Smiley le héros de John Le Carré est un anti James Bond,c'est également un espion dormant,c'est à dire un agent en sommeille qu'on appelle souvent après l'avoir viré comme un mal propre des service secret pour couvrir une bavure.

La mise en scène n'est pas extraordinaire,il n'y a pas d'effet spéciaux époustouflants,toute l'histoire est basée sur la psychologie des personnages donc aucuns agents n'est ni bon,ni mauvais. Le réalisateur suédois Tomas Alfredson (à qui l'on doit le formidable Morse que les américains ont repris à leur sauce ,le remake est moins réussi que la version suédoise) a tout de même réussit un bon film d'Espionnage de la vieille école avec une brochette d'acteurs plus excellents les uns que les autres à commencer par Gary Oldman dans le personnage de George Smiley drôle de nom pour un pince sans rire qui tire toute les ficelles du Cirque( Bureaux des services secrets du MI6 ou QG du MI6,attention ne pas confondre avec une grande toile de tente ou un chapiteaux d'animation à grand spectacle) en employant tout les moyens possibles à sa disposition pour découvrir l'agent double.Dans ce film d'Espionnage il n'y a pas un seul acteur qui jouaient très mal,ils étaient tous formidables. c'est vrai que les décors ne sont pas trop géniaux,mais Alfredson à respecté la trame dont l'action ce déroule au début des années 70,la guerre froide n'était pas encore finie entre les services Britannico/USA et les Pays de l'est.

Ce film d'Espionnage est un bon cru,une très belle réussite en ce qui concerne le scenario et l'interprétation des acteurs.Le seul problème c'est qu'il est trop lent,l'intrigue est long à ce mettre en place,sinon il est très intéressant de le voir en VO/ST/F.
doc-parnassus
doc-parnassus

5 abonnés 143 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2012
Tout simplement génial! Des le début du film, on sait qu'il va falloir s'accrocher alors un conseil allez-y bien réveiller. La mise en scène complexe de ce type de film d',espionnage qui découpe plusieurs scènes et événement antérieur peuvent faire perdre la tête, mais le réalisateur Thomas Alfredson sent est très bien tiré. Gary Oldman est grandiose, l'un de ses meilleurs rôles. Un dénouement qui en jette. Le film du moment.
Béatrice G.
Béatrice G.

109 abonnés 458 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 novembre 2013
Un casting alléchant qui tient ses promesses pour un film sombre et intelligent qui fait honneur à l'oeuvre dont il est tiré. Le suspense, la tension et la complexité de l'intrigue sont bien rendues; et même un peu trop d'ailleurs: personnellement j'ai eu du mal à suivre même en ayant lu le livre moins d'un an auparavant! La Taupe est une bonne adaptation donc, d'un livre difficilement adaptable au cinéma; peut être une mini-série (je ne connais pas celle de 1979) eut été plus indiquée.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 février 2012
Sans doute l'un des meilleurs films d'espionnage que l'on croirait tout droit sorti d'archives secrètes comme matériel de base. En plus, le thème de la taupe est particulièrement attractif dans ce registre. Difficile de commenter sans révéler des passages importants de ce film labyrinthique dont le fil d'ariane est limpide. Gary Oldman est exceptionnel, et on sent qu'il est tombé amoureux du personnage de Smiley. Un personnage splendidement dessiné, qui prend une dimension insoupçonnée au fil des minutes. En espérant une suite, puisque les bases sont posées.
Florent Blenck
Florent Blenck

20 abonnés 42 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 juin 2013
La Taupe est un film d’espionnage réalisé par Thomas Alfredson, qui avait déjà bouleversé les codes du film de vampire dans Morse. Alfredson conserve cette volonté de changer radicalement notre vision sur le genre du film, en nous proposant une histoire complexe avec une foule de personnages, se montrant à ce titre très fidèle au livre de John le Carré.

Le casting est tout bonnement impressionnant, réunissant certains des meilleurs acteurs british (Gary Oldman, Colin Firth, Mark Strong, John Hurt), et des acteurs en pleine ascension (Benedict Cumberbatch, Tom Hardy). Chaque acteur rend parfaitement le personnage qu’il incarne tel qu’il est décrit dans le livre : le côté cérébral et impavide de George Smiley pour Oldman, le manque d’assurance de Peter Guillam incarné par Benedict Cumberbatch, l’impulsivité de Ricki Tarr pour Tom Hardy, et la classe british de Bill Haydon joué par Colin Firth.

La mise en scène d’Alfredson rend parfaitement l’atmosphère lourde et oppressante du livre. L’austérité est clairement de mise dans presque tous les plans, et l’on est bien loin des QG ultramodernes rencontrés dans d’autres films d’espionnages. Le « Cirque » est un vieux bâtiment désuet et dont l’équipement évoque la RDA (tourniquets et vieux monte-charges). On notera par ailleurs que nombre de scènes nous montre des portes s’ouvrant et se refermant, insistant ainsi sur les nombreuses interactions entre des intrigues qui se poursuivent de façon parallèle et finissent par se croiser (la mission ratée à Budapest, la découverte de Tarr à Istanbul, les changements de hiérarchie dans le « Cirque », l’opération « Witchcraft », l’enquête de Smiley,…). Cette déstructuration du scenario est parfaitement rendue par le montage qui alterne entre les diverses intrigues habilement. Les effets de lumière sont également particulièrement soignés. La musique d’Alberto Iglesias accompagne à merveille ces scènes, et renforce l’ambiance tamisée et faussement calme.

Il est cependant évident qu’au même titre que le livre, l’œuvre est d’une grande complexité, et nécessité soit la lecture du livre, soit un deuxième visionnage afin de comprendre tous les tenants et aboutissants de l’histoire. Les principales thématiques ont été gardées intactes : on retrouve l’obsession de Smiley pour sa femme Ann qui le trompe avec Haydon, ainsi que les nombreux éléments de l’opération « Witchcraft », la violence peu fréquente mais qui en éclabousse d’autant plus certaines scènes (au sens propre comme au sens figuré), et enfin le réalisme global du cadre et du jargon d’espionnage tirés du livre de l’ancien agent secret qu’était John le Carré. Mention spéciale pour la scène ou Smiley narre sa rencontre avec Karla, principal antagoniste du film et pourtant physiquement absent, ce qui rend la figure d’autant plus fascinante. Il faut cependant être bien concentré pour pouvoir aborder dans de bonnes conditions le film.

Mon seul regret concerne l’histoire d’amour entre Tarr et Irina se déroulant à Istanbul, les deux personnages perdant leurs singularités : l’alcoolisme d’Irina et son désespoir ne sont guère montrés, tout comme l’opportunisme premier de Ricki Tarr et son côté looser et plaintif. Les deux personnages sont beaucoup plus conventionnels dans le film, et l’histoire d’amour par la même.

La Taupe est cependant d’un excellent film d’espionnage, ou mise en scène, musique, scénario et acteurs rendent parfaitement l’ambiance et la trame du livre de John le Carré
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