Second long-métrage de cinéma pour Richard J. Lewis, plus habitué à réaliser des séries télévisées que des fictions. Ici, il adapte le roman éponyme de Mordecai Richler (paru en 1997) et en retranscrit un film fleuve de 135 minutes à travers lesquelles on revit les moments fort de Barney Panofsky, un producteur de télé qui a cumulé trois mariages et aura connu quelques déboires, notamment la mort (accidentelle ?) de son meilleur ami. A grand renfort de flash-backs, le film nous fait donc revivre les temps fort de son existence, à commencer par un premier mariage qui vire rapidement au désastre, s’ensuivra alors un second où au même moment, il tombera fou amoureux d’une des invités de son mariage. Fraîchement divorcé, il s’empressera alors d’aller la courtiser. Entre-temps, il sera accusé du meurtre de son meilleur ami (faute de cadavre, il ne sera jamais incriminé). Au final on découvre un type assez banal mais qui n’aura pas vraiment eu une existence très ordinaire. Le point fort du film revient bien évidemment à la prestation (impressionnante) de Paul Giamatti (qui fut d’ailleurs récompensé du Golden Globe 2011 du Meilleur Acteur dans une comédie dramatique), qui alterne durant tout le film les changements physiques (dû aux nombreux flash-backs). A ses côtés, on retrouve une alléchante distribution, entre la ravissante Rosamund Pike, l’hilarant Dustin Hoffman, Jake Hoffman (fils de…), sans oublier le caméo de David Cronenberg. Un drame passionnant, drôle, touchant et émouvant, malgré une durée qui peut paraître excessive, le film nous retient en haleine avec beaucoup d’aisance.
Chronique sur la vie d'un homme simple sur 40 ans... Thème et genre déjà mille fois abordés avec plus ou moins de réussite. Ce film est dans la moyenne normale. Car récréer 40 ans de vie en 2h reste une gageure jamais facile. Paul Giamatti est très bon, seconds rôles également mais le montage classique avec les flashbacks et les ellipses toujours nombreuses sont toujours un peu gênantes. Non pas que ce film soit ennuyeux ou complètement râté mais ce genre de film ne peut guère se passer d'un cahier des charges importants et académiques. Heureusement sans être parfait ce film permet de traverser pas mal d'émotion (préparer vos mouchoirs). Un biopic d'un homme normal dont le scénario du film a l'intellligence de ne pas occulter ses défauts.
Très présent dans des réalisations TV (par exemple "Les Experts"), le réalisateur canadien Richard J. Lewis n'avait réalisé qu'un long métrage de cinéma ("Whale Music", en 1994), avant "Le monde de Barney". Ce dernier film a obtenu pas mal de prix à droite et à gauche, dont le Golden Globe 2011 du meilleur acteur pour Paul Giametti. Des récompenses plutôt méritées, car, sur la longueur, ce film dégage pas mal d'émotion, de cette émotion qu'on apprécie car elle n'est pas obtenue par des moyens "déloyaux" (musique ou autre). Si je dis "sur la longueur", c'est pour 2 raisons : la longueur du film (près de 2 heures 1/4) et le fait que le film gagne en intérêt et en émotion "sur la longueur". Tout au long de ce film, Barney (Giametti) nous fait un résumé de son existence, l'existence à la fois banale et surprenante d'un anti-héros carabiné : rondouillard, pas sexy pour 2 sous, très souvent pochetronné, pas toujours sympathique et follement amoureux d'une femme magnifique (Rosamund Pike, déjà remarquée dans "Une éducation" et "We Want Sex equality"). Ce qui est très fort, c'est que, malgré tous les défauts de Barney, on arrive à s'attacher à son personnage. J'ai lu à plusieurs reprises des comparaisons avec Woody Allen. Mis à part que le héros est juif et le fait qu'une partie du film se passe à New-York, je ne comprends pas cette comparaison. Par contre, si on veut absolument faire une comparaison avec Woody Allen, allons y : j'attends avec impatience qu'un film de Woody Allen nous serve à la place de ses BO qui, personnellement, m'insupportent une BO permettant d'entendre Donovan, Leonard Cohen, JJ Cale, Nina Simone, Randy Newman, John Lee Hooker et Miles Davis.
Giamatti, encore une fois, élève le film à un niveau supérieur de sa présence et son interprétation. Le reste est plus conventionnel et lent mais non dénué d’une émotion palpable à chaque moment de vie. Emotions et lenteurs se conjuguant alors dans un rythme agréable donnant au film un saveur particulière sans tomber dans le larmoyant facile de certains scènes. Habile.
Beaucoup de bavardages, énormément de bavardages, immensément de bavardages et à côté de ça rien. Un ennui terrible, aucun attachement aux différents personnages, aucun rythme, aucun bon moment. C'est un film affreux, devant lequel on s'endort. Minnie Driver est la seule à sortir du lot !!
J'ai adoré la construction du film, la narration, les personnages, sa vie. C'était vraiment prenant, pourtant il ne se passe pas grand-chose. Mais c'est beau, c'est une histoire.
Le parcours de ce Barney Panofsky n’a éveillé chez moi ni émotions ni amusements. Paul Giamatti a beau composer son personnage avec son talent habituel mais le peu d’intérêt que suscite cette biographie étirée sur plus de deux heures sans le moindre effet de mise en scène original lui donne du mal à rendre sympathique ce misogyne. Dustin Hoffman, lui, réussit à rendre son rôle hilarant et à devenir le seul vent frais sur cette comédie de mœurs s ans saveurs. A trop brasser de vent, cette adaptation finit par n’avoir plus rien à raconter.
J'ai eu l'occasion de voir ce film en VOSTFR avant sa sortie en France. L'ineffable Paul Giamatti nous sert ici, à travers un scénario un peu tordu, une excellente composition de Barney, producteur de série TV instable, volage, infidèle, coureur, alcoolique et politiquement incorrect. Après le fiasco d'un premier mariage (son épouse se suicide), il tombe amoureux d'une autre femme le jour de son second mariage. Il n'aura de cesse de la retrouver et de l'épouser. Ce film est la chronique à la fois drôle et tragique (surtout vers la fin) de la vie d'un homme qui semble mal maîtriser son destin. Il sera même un temps accusé d'avoir assassiné son meilleur ami qu'il a surpris au lit avec sa seconde épouse. La fin du film nous apprendra qu'il n'en était rien (spoiler !). Dustin Hoffman incarne ici un truculent et paillard père de Barney. A voir, ne serait-ce que pour les acteurs.
septiemeartetdemi.com - Un film impressionniste. Une histoire d'une vie comme j'en parle souvent, tous ces films audacieux qui marchent dans les longues foulées de Forrest Gump ou de Benjamin Button. Barney Panofsky fait défection puisque son histoire n'est pas entière, et même sans qu'on fasse la comparaison de genre, c'est une légère perte. Le contexte de son existence aurait aidé à construire un récit solide, eusse-t-il duré trois heures. On regrettera d'apprendre tant de choses sur les personnages peuplant cette œuvre pour se heurter à un mur ; ils sortent du néant d'un passé pourtant omniprésent, mais qui cesse d'exister à un certain point.
Mais avec ce qu'il a décidé de représenter, le film sait gérer les petites touches de peinture par lesquelles l'image d'ensemble va prendre forme. Par contre, dans une œuvre impressionniste, les touches n'ont pas de sens propre tant qu'on ne connaît pas l'image, justement. Chez Barney, elles vont prendre toute leur valeur, comme si chacune d'elle était un petit film à lui tout seul. C'est ce qui fait toute la richesse de cette création de Richard J. Lewis, ce qui fait se déployer la toile impressionniste en un kaléidoscope facétieux. Quoique le déploiement en question ne se fait pas sans quelque bazar, tout comme le peintre n'appuie pas pareillement sur son pinceau à chaque touche. Dans le cas de ce film, cela fait de grandes scènes et d'autres médiocres, et cela rend les allers-retours dans le temps par toujours propres quoique toujours assez clairs et lucides. Barney ne fera pas tâche d'huile chez ses grands frères du genre.
Un homme tombe amoureux d'une autre le jour de son mariage. Nous suivons la vie d'un homme un peu compliqué mais intéressant puisque interprété par Paul Giacometi. Le personnage est drôle, énervant, touchant. L'histoire très humaine suscite notre intérêt. Les acteurs sont tous formidables. Une histoire émouvante à défaut d'être originale.
Paul Giamatti s’est mué en un loser émouvant, gauche et parfois attendrissant jouant avec un grand naturel toutes les époques de sa vie. Ce père de famille aimant les femmes, divorcé deux fois et soupçonné d'avoir tué son meilleur ami se remémore certains moments forts de son existence et embarque le spectateur dans un tourbillon de sentiments qui ne laisse pas indifférent. Une belle brochette de rôles secondaires tantôt réjouissants, tantôt émouvants (Rosamund Pike, Minnie Driver, Dustin Hoffman) apportent une touche de nostalgie au scénario qui s’avère suffisamment inventif et sincère pour que l'on s'y intéresse.
Il nous raconte sa vie alors qu'on ne lui demande rien, c'est sans doute très italien. Il ne ment pas, à moins que sa biographie dise le contraire, mais ça on n'en saura rien. C'est toute une vie en rétrospective, celle de quelqu'un d'ordinaire ou pas, il faut en juger. Sinon, sa vie avec ses femmes se laisse suivre avec attention grâce à d'excellents acteurs.