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Tonto94
54 abonnés
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4,0
Publiée le 18 février 2019
Dans la catégorie des bons (voire grands) réalisateurs oubliés à redécouvrir d’urgence, Ronald Neame occupe une place de choix. Excellant dans tous les genres, du film catastrophe (L’Aventure du Poséidon) à la comédie musicale (le génial Scrooge) en passant par le film de casse (Un Hold-up extraordinaire, qui porte bien son titre), chacun des films de Neame révèle la force principale de son cinéma : l’écriture des personnages. Et de fait, c’est bien ce qui fait encore la puissance des Fanfares de la gloire. S’appuyant sur des personnages remarquablement écrits, le script de James Kennaway offre à ces derniers un développement parfait, réfléchi de bout en bout et d’un réalisme total, aux dialogues d’une impressionnante justesse.
En outre, le casting n’y est pas pour rien, tant le génie d’Alec Guinness transparait dans tout le film, n’étant guère égalé fugitivement par un John Mills étonnamment émouvant quand le scénario le lui demande. C’est d’ailleurs parce que ce scénario en question prend le temps de construire ses personnages et de leur forger un vrai caractère qu’il parvient à susciter une telle empathie chez le spectateur.
De fait, aucun personnage ne sombre jamais dans le manichéisme, ce qui rend les principaux acteurs du drame particulièrement captivants, notamment, bien sûr, les major Sinclair et colonel Barrows qui incarnent brillamment et sans excès l’antagonisme qui existe entre deux conceptions différentes d’un même pouvoir. De leur confrontation sort une réflexion brillante sur l’autorité, mais aussi sur l’orgueil et la jalousie, ainsi que sur l'armée, qui permet à Neame de mettre en scène des portraits d’hommes très justes. D’ailleurs, il sera impossible au spectateur attentif d’évacuer de sa mémoire les 10 dernières minutes du film, final aussi intimiste que grandiose dans lequel Alec Guinness nous rappelle qu’il est décidément un des plus grands acteurs que la Terre ait porté. Apothéose d’une grande puissance, cette fin amère clôt le film de la plus marquante des manières, couronnant une œuvre dont les retournements n’auront épargné ni les personnages, ni les spectateurs. Et c’est ainsi que, de petit film oublié à voir par pure curiosité cinématographique, Les Fanfares de la gloire devient une vraie pépite à découvrir d’urgence.
Long et verbeux, ce film traîte d'un thème très psychologique : celui des rivalités de personnes au sein d'une institution corsetée par les traditions d'un côté et les règles de l'autre. Deux personnes s'affrontent, deux gradés, dont un est très à cheval sur les régles, et souffre le martyr face au non respect des régles par son rival, celui qu'il remplace dans la hiérarchie et qui le rejette instinctivement depuis son arrivée. Ce thème n'est déjà pas très jouissif pour les spectateurs. Mais le film aurait pu se montrer plus crédible et intrusif dans la psychologie des différents protagonistes, concernant les luttes de pouvoir et les rivalités de leaderships au sein du bataillon. Certes, des passages sont vraiment émouvants. Mais de nombreuses scènes restent superficielles, formelles, insuffisamment jouées par la plupart des acteurs. Les traditions écossaises au sein de l'armée sont par contre passablement détaillées, jusqu'à plus soif (de whisky bien sûr)...