Le professeur Martin Harris (interprété par l'Irlandais naturalisé Américain Liam Neeson) se rend à Berlin en compagnie de sa charmante et blonde épouse (l'Américaine January Jones, vue dans "Mad Men") assister à un important colloque scientifique (et même y intervenir). Plusieurs malheureux concours de circonstances plus tard (il essaie de retourner à l'aéroport pour récupérer une mallette oubliée sur un chariot à bagages quand un accident de la circulation précipite son taxi dans les eaux glacées de la Spree) il se réveille à l'hôpital d'un coma de quatre jours. Ses documents d'identité étaient dans la mallette égarée, et le consulat américain est fermé pour le long week end de Thanksgiving - aussi se hâte -t-il vers l'hôtel où doit se morfondre sa tendre moitié (dont le portable est sur messagerie). Las ! Liz ne reconnait pas Martin, et bien pire : il y a un autre Martin Harris qui a pris sa place (Aidan Quinn). L'ex-comateux se demande s'il n'a pas perdu la mémoire, ou la raison (ou les deux) quand les choses prennent une tournure plus inquiétante encore : on le suit, puis on le poursuit, et encore on l'agresse. Ne sachant vers qui se tourner, Martin se souvient opportunément avoir été sauvé de la noyade par la jeune femme taxi, il la retrouve et la convainc de l'aider, en faisant miroiter à cette Bosniaque sans papiers une régularisation (l'Allemande Diane Kruger joue le rôle de Gina). Seul contre tous (aidé cependant par Jürgen, un ancien agent de la Stasi, reconverti en une sorte de "privé" - le Suisse Bruno Ganz est, dans ce petit rôle, une heureuse surprise) abandonné par la femme qu'il aime, "sans identité" : voila de quoi sans doute faire un bon thriller, surtout qu'il est question aussi de complot, d'attentats. d'enjeux économico-politiques majeurs... Mais le peu de soin apporté à la vraisemblance, et des situations et de la psychologie des personnages, enterre rapidement cet "Unknown" de l'Espagnol Collet-Serra (mais en langue anglaise, et coproduit par les Français, les Britanniques, les Canadiens, les Japonais, les Allemands et les Américains - ouf, n'en jetez plus !) dans un méli-mélo plutôt maladroit, voire par instants franchement ridicule, dont les béances narratives et autres incohérences sont raboutées à grand renfort de bagarres et surtout de poursuites en voiture et tamponnages réitérés. Quant au fin mot de cette pauvre intrigue il revient à Rodney Cole (Frank Langella) un ami de quinze ans de Martin, arrivé par le premier avion des E-U et qui joue les deus ex machina dans un parking avec un flagrant manque de naturel (mais il faut bien donner quelques explications, que diable !). En un mot, film très peu recommandable, surfant qui plus est sans vergogne (mais avec quelle patauderie) sur le succès de la trilogie Jason Bourne - Collet-Serra avait su faire vraiment beaucoup mieux avec "Esther" en 2009.