Une comédie qui n’est plus toute jeune maintenant, avec Fernandel en tête d’affiche, et pas mal de noms qui ne parlent sans doute plus à grand monde !
Emile l’Africain est un peu mensonger en fait. Si une petite partie est censée se passer en Afrique, en fait ce sera très bref, et on ne verra absolument rien d’exotique dans ce film. C’est assez frustrant bien sûr. L’histoire est celle de retrouvailles familiales en fait, pour faire simple. Un père retrouve sa fille, sa femme, tout cela au gré de péripéties un peu loufoques mais pas spécialement marquantes. Soyons clair, Emile l’Africain n’est pas une grande comédie. L’humour reste assez moyen, manquant un peu de punch, de vigueur, et l’histoire est tout de même très simple. En vérité le métrage ne décolle jamais réellement, vivotant sur un ton pas déplaisant, mais manquant de relief, de moments forts, et tout cela laisse une impression un peu artificielle, dans l’esprit théâtral qui dominait de trop la comédie à l’époque. Tout le déroulé est d’ailleurs très théâtral, avec quasiment que des intérieurs, et un découpage qui frôle l’acte et la scène. A souligner aussi que le film est entrecoupé de séquences chantées qui n’apportent rien.
Formellement c’est une pièce de théâtre. Le film sent le studio continuellement, ce qui est tout de même regrettable pour un film qui affiche l’ambition de parler d’Afrique, et ce qui n’est pas très séduisant si à cela s’ajoute une mise en scène pâlichonne, signée pourtant d’un réalisateur expérimenté mais qui se montre paresseux ici. Emile l’Africain semble tout de même appartenir aux comédies populaires vite emballées, dont la réalisation n’a pas trop dû faire réfléchir l’équipe. D’ailleurs au niveau de la bande son ce n’est pas mémorable non plus, et pour tout dire la plus belle scène reste celle du début, avec les amoureux sous la neige.
Alors Emile l’Africain c’est finalement Fernandel ! Car épaulé par des seconds rôles honorables, notamment la charmante Jacqueline Dor et la piquante Noelle Norman, c’est bien lui la star de cette comédie qui se repose sur son abattage, sa personnalité, et sa voix. Lui n’est pas critiquable, offrant une prestation honnête, même s’il se montre beaucoup plus solide et convaincant dans la première partie, en accessoiriste. Cette première partie qui reste d’ailleurs la meilleure de ce métrage. Après ce n’est pas sa meilleure prestation, et surtout pas son meilleur personnage.
Je conclurai en disant qu’Emile l’Africain reste une petite comédie d’époque qui n’a pas énormément de saveur aujourd’hui. En fait, le souci c’est que passé la première demi-heure, prometteuse, assez incisive, mettant aussi un accent amusant sur le métier d’accessoiriste à l’époque, on rentre dans un film peu emballant, pauvre visuellement, et que peine à emporter l’histoire convenue. 2