Melancholia
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anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 mars 2013
Melancholia ...

Tout commence avec ces huit premières minutes, n'en furent t-on pas surpris, depuis Antichrist, qui devient désormais une vraie marque de fabrique chez Lars Von Trier, oui, ces huit premières minutes qui sont d'une beauté magistrale, époustouflantes de poésie, de tendresse, de sentiments, ce tableau qui résume le film à laqu'elle on imagine déjà une fin cruellement triste. Juste WOOOAH !
On se laisse enporter pendant ces 2 heures, par la prestation juste incroyable de Kirsten Dunst, et Charlotte Gainsbourg qui en devient dans la deuxième partie impressionante de justesse.
La lenteur du film, les moments de silence, sa musique GIGANTESQUE, la photographie, Melancholia qui fait son chemin, ..
"Melancholia", qui m'a fait penser à la mélancholie omniprésente de Justine, on se dit d'ailleurs mais pourquoi agit-ele ainsi, beaucoup de personnes je pense, se sont reconnus dans son personnage à multiples moments pour son lâcher prise, sa remise en question, son indifférence et ses valeurs.
Un film beau, comme on en voit très rarement, un film d'auteur à ne vraiment pas manquer, une ode à la remise en question, aux idées, au réflechissement.
Arrêtons une fois pour toutes chers cinéphiles, ou suiveurs d'actualités de cinéma, aux blockbusters débiles, aux navets débiles, à la vulgarité sans nom, arrêtons la télévision et tous ces vices, apprenons tous à regarder des films des vrais, comme celui-ci ou ceux de Terrence Malick, les Blier, aux films d'auteur quoi.

Merci à ces cinéastes qui vont au bout de leurs idées, et qui ne se laissent pas endoctriner par la télévision, car la télévision possède la moitié du film, veut changer les idées de l'équipe, pour que ça passe bien à 20h50.
Décidément merci à ces France 3 Cinéma, ces arte et Canal +, ces rares télévisions qui croient en nos réalisateurs.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 mars 2013
L'oeuvre ultime de Lars Von Trier, le summum du film d'auteur à prendre avec des pincettes (parce que oui bien évidemment ce film est à ne pas mettre entre toutes les mains dù à son côté très "cinéma de l'est", c'est lent, c'est épuré, c'est contemplatif mais tellement magnifique et puissant). "Puissant" est le mot d'ordre avec Melancholia : la "puissance" des émotions ressenties à travers ceux des personnages (le jeu d'acteur est absolument parfait), la "puissance" hors norme de la dépression du personnage incarné par Kirsten Dunst, celle de l'omniprésence de cette planête mystêrieusement menaçante et de son "bruit" permanent et incessant qui nous submerge et qui nous hante tout le long du film jusqu'à sa fin tellement "PUISSANTE" ! Une photographie absolument remarquable, un développement que je n'ai pas du tout trouvé long et ennuyeux (la première partie du film est constament critiqué pour sa longueur et son minimalisme évenementiel, voir son total manque d'intérêt. Je la trouve au contraire indispensable pour pleinement "rentrer dans le délire" du film dans sa totalité), rien à redire à propos des dialogues qui sont aussi parfait que le jeu d'acteur. La bande sonore quant à elle est à l'image du film : minimaliste, surprenante et extrêmement puissante. Dernier point à soulever : ces petits détails bizarres et mystérieux qui font parti de la réalisation si unique de Lars Von Trier, ces questions sans réponses qui donnent à Melancholia un charme encore plus fou et particulier. (le "18è trou", le pont infranchissable..) Un film à voir ABSOLUMENT si vous avez la maturité cinématrographique nécessaire. (si vous n'aimez que les gros blockbusters US à la Michael Bay tellement composés de jump-cut qu'on a l'impression de regarder une bande annonce de 2h... Passez indéniablement votre chemin, vous vous ferez chier de façon assez monumental) En bref, un chef d'oeuvre absolument mémorable du cinéma moderne qui deviendra je pense, bien culte dans quelques décennies ! 5/5
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 mars 2013
La magie et la force des images (la scène avec Kirsten Dunst au clair de lune; les chevaux au galop)
Les scènes de ralenti (Kirsten Dunst courant dans sa robe de mariée)
Un chef d’œuvre sans pareil, délicieux et incroyablement esthétique
Une fin du monde crépusculaire et onirique
L’interprétation remarquable des deux soeurs que tout oppose
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 7 mars 2013
Ce film est un véritable enfer.
Le prologue est très beau et parfaitement maîtrisé, mais après c'est la catastrophe. Pendant tout le reste du film, on a tout bonnement l'impression que le cameraman est atteint de parkinson, et étant facilement malade quand la caméra bouge (surtout que là, il ne s'agit pas de trembler un peu mais de gigoter sans arrêt, et pendant l'intégralité du film) j'ai eu envie de gerber pendant toute la séance. Et si le film avait été intéressant j'aurais pu passer outre, mais que nenni! Je ne me suis jamais autant ennuyée devant un film! C'est long, il ne se passe rien, les personnages deviennent très vite plus insupportables les uns que les autres, et la fin est absolument pathétique. J'ai perdu mon temps, mon argent et quelques neurones, et si je n'avais pas été avec une amie qui voulait le voir jusqu'à la fin je serai partie au bout de 15 minutes (comme la plupart des spectateurs qui étaient dans la salle).
Je ne comprends vraiment pas les notes qu'a obtenu ce film, car pour ma part si c'était possible je lui aurais donné une note négative. Le pire film que j'aie jamais vu, et pourtant j'ai d'habitude un goût plutôt prononcé pour les films qui sortent des sentiers battus, mais là c'était tout bonnement inregardable (à part le prologue).
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 5 mars 2013
NUL NUL NUL et archi nul....
seul point positif la présence de charlotte gainsbourg qui sauve le film. Du moins qui m'a empêcher d'eéteindre la tv.

Du ennuie INCROYABLE...
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 3 mars 2013
Qu'est-ce que je me suis ennuyée !!! Du début à la fin ! A un moment j'ai même voulu arrêter mais bon autant regarder un film jusqu'au bout. Pourtant les acteurs jouent très bien, notamment Kirsten Dunst comme toujours mais c'est beaucoup trop long. Parfois les longueurs dans un film servent à comprendre le dénouement, or là, ce n'est vraiment pas le cas ! Et puis la musique, l'unique musique du film qu'on entend X fois, c'est carrément insupportable !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 mars 2013
Force est de constater que 2011 fut une année particulièrement féconde en trésors visuels et autres joyaux de mise en scène. Ainsi, nos petites mirettes ont eu l'insigne honneur de se régaler avec "The Tree of Life", "Drive", "Melancholia" et, dans une moindre mesure pour ma part, avec "Black Swan".
Ce que l'on retiendra inéluctablement de "Melancholia" concerne la splendeur et la poésie de son prologue bercé par la musique de Wagner et l'incroyable puissance de sa scène finale, ainsi que les prestations géniales de Kirsten Dunst et Charlotte Gainsbourg. Mais, le film est bien plus que cela car si l'on élude le fait que le milieu du récit souffre de quelques longueurs, le film est une réussite incontestable. Lars von Trier s'est aventuré dans les méandres de la peur, de la dépression, de la nature humaine, de la vie et de la mort, de l'amour filial et des opposés, méandres qu'il connait d'ailleurs très bien et qui lui ont permis de donner naissance à une oeuvre à la fois poétique et malade dont le force évocatrice est patente. Le spectateur se trouve dès lors bercé dans une atmosphère romantique entre douceur et révolte, entre peur et apaisement et entre amour et souffrance par le biais d'une mise en scène impeccable, d'un visuel extrêmement bien soigné, de prises de vue qui permettent de pénétrer au plus profond de l'intime et d'interprétations subtilement dosées. A l'image d'Ophélie, Kirsten Dunst prête son faciès pur et son sourire enjôleur à Juliette tandis que Charlotte Gainsbourg passe admirablement bien de la contenance à la panique. Mais, il faut aussi évoquer les seconds rôles qui participent au triomphe de L.V.T : Charlotte Rampling marque les esprits, Kiefer Sutherland montre qu'il est un acteur avant d'être un Jack Bauer, Alexander Skarsgård joue le niais éhonté à merveille et je soulignerai enfin les belles performances de Stellan Skarsgard et de John Hurt.
Avec "Melancholia" von Trier a fait du grand Lars et signe ici, à mes yeux, sa plus belle réussite. Revenu de loin, à l'instar de Kirsten Dunst, L.V.T filme l'Humanité et la fin d'une monde avec lyrisme et jusqu'à l'envoûtement, jusqu'à la confrontation finale procurant ainsi au cinéma l'une de ses plus belles scènes de l'année 2011. Un film à ne pas manquer!
ArnoRuoms
ArnoRuoms

26 abonnés 101 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 février 2013
Un monument cinématographique !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 20 février 2013
Après un premier 1/4 heure assez contemplatif, le film dévoile deux actrices incoyables. Le scénario qui pourrait paraître oser sur le papier tient la route grace aux interprétations de K. Dunst et C. Gainsbourg. Un très bon film qui ne plaira pas à tout le monde.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 18 février 2013
Passionnant comme les critiques sur ce film crient au chef d'oeuvre comme au navet! Et si l'esprit humain pouvait être capable de vivre un film plutôt que de le "voir" ou de le "regarder"?
Ceux qui ont adoré vont développer moult analyses et ceux qui ont détesté vont exprimer à quel point cette chose filmée ne correspond en rien à l'idée qu'ils se font du cinéma...
Heureusement qu'il existe des oeuvres inclassables, qui échappent à l'essentiel de nos préconçus.
Avec Melancholia j'ai vécu la fin du monde, j'ai renoncé à mon entendement, j'ai rejoins le néant, depuis le mariage jusqu'au choc ultime, faut-il des mots pour cette expérience?
Je revivrai Melancholia, c'est sur, avec encore moins de mots qu'il n'en sort de la bouche d'une très belle blonde dépressive... Merci Lars von Trier, infiniment!
Amandine-Balboa
Amandine-Balboa

5 abonnés 37 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 17 février 2013
Pfffff...que dire...Le film ne laisse pas indifférent, certes, mais rien que le prologue m'a ennuyée.
Trop trop long à mon goût. J'ai été exaspérée par les plans au ralenti. Même si cette thématique de dépression sur fond de fin du monde me parle au premier abord, pendant 2 heures, on ne sait pas vraiment où le réalisateur veut nous mener et cela me gêne. Et malgré une fin en apothéose et la bonne performance de Kirsten Dunst : ce film est une grande déception.
 Kurosawa

679 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2013
Lars Von Trier s'attaque à un sujet classique de l'hstoire du cinéma: la fin du Monde.
Le film est divisé en 3 parties: un prologue résumant les grandes étapes du film au ralenti, puis deux parties majeurs.
La 1ère met en scène le mariage de Justine (Kirsten Dunst) qui plonge dans la dépression, ou plus exactement la mélancolie Tous le monde semble s'ennuyer, sauf le spectateur. Grâce à une interprétation de haute volée et une mise en scène d'une maitrise totale, on suit avec curiosité cette histoire originale. On se demande même où veut en venir Von Trier. Quand nous parlera t-il de la planète Melancholia ?
La 2ème s'attarde plus sur sa soeur, Claire (Charlotte Gainsbourg) qui craint la collision de la planète Mélancholia avec la Terre. Tous les invités partent et seuls les personnages principaux restent. Ils observent la trajectoire de la fameuse planète. Von Trier nous fait alors apprécier sa photographie. Certains plans sont en effet exceptionnels avec un choix pertinent des couleurs.
Le film monte progressivement en puissance, avec une dramaturgie poussée à son paroxysme. Il s'achemine vers un final époustouflant. Pourtant, le film reste énigmatique quand à la réelle portée de son message. Une oeuvre très personnelle, qui ne laisse certainement pas indifférent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 février 2013
C'est genre de film qui fait que j'aime le cinema !
C'est ce film qui meritait la palme d'or a Cannes en 2011 !
Quel choc ...
Avant de parler des acteurs , du scenario ou de la relisation je veux d'abord dire que Melancholia possede la meilleur photographie que j'ai jamais vus ! J'ai vus enormement de beaux films mais celui les depasse tous !
Pour les acteurs , commencons par Kristen Dunst c'est simple elle a plus que meriter son prix ! Trouver des actrices qui arrivent a entrer dans son personnage comme ca de nos jours ! Elle change du bonheur au malheur d'une facon juste incroyable ...Puis il y a Charlotte Gainsbourg qui est tres bonne mais fais un peu pale devant la prestation de K.D ! Et les autres que l'on voit asser peux sont tres bon sans plus .
La realisation , personne ne le dit mais tu le monde le pense tu meritais le prix du meilleur realisateur c'est tout .
Le scenario , la fin du monde vue de facon realiste pas comme dans c'est put.. de productions hollywoodiennes a la con ! Non c'est juste ecrite de facon realiste et ( deprimante ) mais ce scenario marche surtout grace a sa phographie et ses acteurs .
Le seul defaut , c'est sa camera , d'accord que l'on filme camera a l'epaule mais que l'on fasse des zooms sans changer de plans m'enervent un peu mais la ou interviens encore pour sauver ce defauts c-a-d la photographie qui grace a elle nous importe peux de la facons dans s'est filmer ! Mais certains plans sonts plus que magnifiques je ne dit pas .
Le debut , la communication entre elle et la terre et la fin sont juste inexplicable tellement elle degage une beauter qui est vraiment a couper le souffle !
Je le conseille aux cinephiles ( en vostfr et bluray ! ) , les autres ( certains ) apprecieront pour la beauter du film mais en l'oubliant vite et les autres ne feront qu'une lenteur abominable qui par ailleurs ne ma poser AUCUN probleme , je ne me suis pas ennuyer une seconde !
Voila je pense que c'est un des films les plus magnifiques que le monde du cinema n'aura jamais cree ! Voir le plus beaux car pour moi il l'est !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 février 2013
Melancholia, lumière tamisée pour adoucir la décadence de la bourgeoisie et du pouvoir ... seule la pureté de ce sentiment de mal être les sauvera ...
Aurélien Vaillant
Aurélien Vaillant

16 abonnés 23 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 31 juillet 2013
Ni un chef-d’oeuvre, ni un navet. Juste un film pas mal de Lars Von Trier avec les qualités et les défauts qu’on lui connaît. Indéniablement plus fin qu’« Antichrist », le réalisateur parvient à mettre le doigt sur des aspects intéressants de la psyché humaine, notamment dans ses rapports à l’altérité et à la mort, sans tout à fait parvenir à faire oublier quelques longueurs et pesanteurs. Pourquoi, alors, tant de battage et de positionnements extrêmes sur ce film? À croire que les critiques redécouvrent la façon de réaliser de Von Trier à chaque nouveau film, et se montrent incapables de l’aborder autrement qu’en extra-terrestre (ce qu’il n’est assurément pas, même s’il tente de nous convaincre du contraire).
Bricoleur et manipulateur, Von Trier aime à embobiner son monde (et lui-même, car je doute qu’il soit tout à fait conscient de cet état de fait). Depuis l’invention de son fameux « dogme », il a toujours prétendu faire du cinéma « à part », mêlé d’expérimentations et d’un farouche « refus de la compromission ». L’objectif revendiqué d’une telle démarche serait d’approcher à la plus complète authenticité. Ce qui est loin d’être toujours le cas voire aboutirait plutôt à l’effet inverse : la mystification pure et simple du spectateur qui ne sait plus où il en est. La violence émotionnelle extrême des scènes, couplée à des innovations formelles déroutantes, se révélant presque toujours efficace à déstabiliser et à « orienter » son public.« Dancer in the dark », véritable prise en otage des affects, en est le meilleur exemple à mon sens : film qui lui valut la palme d’or, et le demi-désaveu confus de la critique à peine l’effet immédiat dissipé. Le plus fort, c’est que cette « efficacité » vous prend aux tripes même quand vous en êtes prévenus et que vous ne reconnaissez pas de qualités à ce que vous êtes en train de voir (j’ai eu la boule au ventre en regardant « Antichrist », tout en le trouvant lourd et misogyne). On aurait pu croire néanmoins, après une demi-douzaine de films du fieffé danois, les critiques suffisamment avisés sur « l’effet Von Trier » pour ne pas nous donner du « Chef-d’oeuvre instantané » ou du «pose narcissique d’ado attardé » à peine les portes de la salle franchies. Dans un cas comme dans un autre c’est passer à côté des vrais enjeux de sa réalisation, pour ne se centrer que sur la façade formelle tapageuse et les frasques du réalisateur. En effet, en dépit des travers que nous venons d’aborder, Von Trier reste un cinéaste intéressant, qui sait à ses heures exprimer des réflexions pertinentes et bien senties sur la société. Il serait dommage de ne voir en lui qu’un adepte du gadget visuel ou un imposteur du grand écran.
« Melancholia » est un peu tout cela à la fois : un peu expérimental (surtout au début), excessif, pompeux par moments, touchant et vrai à d’autres… Avec une balance positive du côté des qualités.
Le prologue, composé de « tableaux » surréalistes et prophétiques annonçant les thèmes-clés du film, est effectivement d’une grandiloquence à couper le souffle. Ces prédictions oniriques de mauvais augure, grassement soulignées par du Wagner, nous sont balancées au visage sans préambule, ni grille de compréhension permettant de se les approprier. D’où malaise, choc, et, éventuellement, fascination. C’est là la principale expérimentation formelle du film. Il faut un petit moment pour s’en remettre sur le coup, mais on ne peut dénier une certaine efficacité au procédé par la suite : les images nous reviennent au cours du film, au fur et à mesure que nous pouvons les associer aux scènes auxquelles elles se réfèrent, comme une toile de fond fantasmatique et vaguement ésotérique. Idée intéressante que de tenter de nous rendre dépositaires des visions de Cassandre/Justine, d’essayer de nous faire partager son état d’esprit. Mais, une fois encore, Von Trier se révèle incapable d’intégrer harmonieusement l’artifice et à en gommer la lourdeur. Même si le « truc » fonctionne, on voit beaucoup trop les fils. Le reste du film est dans l’ensemble tout à fait honnête, et l’on est contents de retrouver une réalisation plus classique après le déballage de l’intro.
La dépression de Justine constitue indubitablement la toile de fond de « Melancholia » (le titre parle de lui-même), au point de se demander pourquoi Von Trier a décidé de nommer « Claire » la seconde partie du film, Justine apparaissant d’emblée comme le personnage principal autour duquel toute la thématique du film va tourner. La première partie, l’échec du mariage de Justine, met en scène avec beaucoup d’intensité (bien que de façon un peu systématique) la façon dont la jeune femme est rattrapée par ses démons au moment de ce qui aurait dû être son « apothéose ». La faille de Justine n’apparaît pas immédiatement (on pourrait l’imaginer au départ comme plutôt heureuse de l’événement), mais se fait jour peu à peu, par petites touches, jusqu’à saturer toutes les relations entre les personnages et devenir l’enjeu principal de la réunion. Il y a là quelque chose de « Festen » : une déliquescence généralisée provoquée par le refus, irréductible, du personnage principal d’adhérer à l’événement fédérateur. Justine envoie tout valdinguer car elle ne parvient plus à faire semblant. Le beau vernis s’écaille, laissant apparaître tous les squelettes au fond du placard qui plombent la vie de l’héroïne et de ses proches : tensions, rancoeurs, calculs, désamour, lâcheté, égoïsme, dégoût de soi et des autres… Mais la comparaison s’arrête là, car si les révélations dans « Festen » (pour terriblement brutales qu’elles soient) avaient quelque chose de libérateur, les médiocrités mises en évidence par le comportement de Justine ne sont que l’aveu d’un échec personnel, et n’ont rien de secret. Justine est minée par autre chose, d’une façon bien plus profonde et intime, qui surpasse les circonstances et les travers de ses contemporains. Quelque part, elle se fout de ce qui l’entoure, et sa tendance à tout faire merder n’est que l’expression de cette faille identitaire, un genre de pulsion autodestructrice fondamentale.
C’est à cette pulsion de mort que vient faire écho, dans la seconde partie, l’entrée en scène de Melancholia (pour ceux qui n’auraient pas compris la subtile allusion). La planète errante, et potentiellement meurtrière, apparaît comme le prolongement du spleen de Justine qui trouve en elle la voie de son anéantissement. Sorcière ayant attiré le malheur sur le monde ou simplement devin, la Femme, incarnée par Justine, est une fois encore marquée du sceau du surnaturel, et présentée comme émissaire naturel des forces invisibles. Sous un angle de lecture moins mystique, on pourrait également présumer que Justine tire une forme de lucidité exacerbée de sa profonde dépression. Rien ne lui important vraiment, elle n’a aucun tabou à voir au fond des choses.
Elle s’oppose, en tout cas, diamétralement à son beau-frère. Celui-ci, un peu à la façon du mari psychanalyste dans « Antichrist », est un modèle de rationalisme « masculin ». Scientifique et cartésien, il oppose aux sombres présages de Justine le farouche optimisme de l’occident chrétien, sûr de son pouvoir sur la création. Il ne peut avoir tort, car cela impliquerait de trop graves conséquences pour lui, sa famille et l’Humanité. Il possède la Foi, il veut croire. C’est ce qui causera sa perte. Quand il comprendra son erreur, il ne pourra l’assumer et se suicidera pour ne pas avoir à faire face aux conséquences de son entêtement. Justine, elle, n’a pas besoin de croire : elle sait. Elle n’a donc aucune raison de s’effondrer. Elle part se baigner à poil dans la rivière, telle l’Ophélie d’Hamlet, quand tous les autres courent en tout sens comme des poulets décapités.
C’est là tout le paradoxe du final : au moment où toutes les personnes « sensées » auront perdu leur capacité d’agir et de penser face à l’imminence de la catastrophe, c’est elle, la dépressive nihiliste, qui va prendre les rênes et se charger de guider sa sœur et son neveu lors de leurs derniers instants. C’est l’insensée qui va trouver un moyen, certes tout symbolique, pour rétablir un peu de sens quelques minutes avant l’apocalypse, pour parer d’un peu de magie l’horreur de l’agonie. Pas pour elle (elle n’en a nul besoin), mais pour sa sœur, manifestement incapable d’empêcher sa propre angoisse de se communiquer à son fils, et plus encore pour son neveu, qui est le seul à l’avoir vraiment accepté comme elle est.
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