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Un visiteur
4,0
Publiée le 19 mai 2012
Une introduction fantasmagorique, une musique hypnotique digne d'un giallo, le début de ce film est vraiment détonnant et le reste l'est tout autant. Porté par un Olivier Gourmet énorme (dommage de tomber la même année que Jean Dujardin et Omar Sy pour le césar), le film suit à une vitesse folle l'agenda hyper chargé d'un ministre des transports dont la fatigue n'a d'égale que l'ambition. Finalement, on ne sait rien des orientations politiques et des idées des protagonistes, non l'enjeu n'est pas là. Ici, on s'intéresse plus aux interactions qui peuvent exister entre un ministre et ses conseillers, sa famille (bien que quasiment absente du film), les autres ministres, le P.R et son difficile lien avec le peuple qui passe par son chauffeur chômeur aussi attachant que silencieux. Le film est truffé de bonnes idées notamment les dépêches AFP et autres textos qui s'affichent directement sur l'écran. Une scène est particulièrement réussie, celle de l'église où Olivier Gourmet récite dans sa tête le discours qu'il avait prévu pendant que le prête prononce lui aussi son texte, magnifique moment où la foi politique supplante la foi religieuse. Enfin un bon film français sur les arcanes du pouvoir alors ne boudons pas notre plaisir.
Film qui traite très sérieusement d’un sujet sérieux. C’est comme tous ces docu fictions à la mode. Le sujet est pas très sexy et "anti cinématographique", e quotidien de ceux qui font fonctionner la machine. Là se ne sont pas les rouages (invisibles), mais ceux qui les font tourner. Un ministre, quelques hauts fonctionnaires, les conseillers en communication. Ils sont tous inintéressants car se sont tous des passe-plats, et l’auteur à la mauvaise idée de traiter leur vie privé comme il traite leur vie publique, de façon neutre et sans passion aucune, c’est son choix, mais ça n’emballe pas des masses. Les acteurs jouent monsieur tout le monde, et il y a aussi un monsieur tout le monde qui fait l’acteur. Tout ça juste pour nous montrer des gens au travail, l’intention est un peu chiche pour moi. En plus il est prudent comme s’il marchait sur des œufs, pour arriver à un résultat consensuel et tout public. On a déjà vu ça, j’aurais aimé dire : on a déjà vu ça, mais pas comme ça. Des gens qui traitent des dossiers, avec peu de pouvoir, qui surfent sur l’opinion publique du jour, et cherchent à garder leur poste.
Pierre Schoeller nous livre ici un excellent film servi par de très bons acteurs qui sont complétement investis dans leur rôle . Une mise en scène assez déroutante , quelque fois on se demande même où veut nous amener Schoeller , mais cela reste une mise en scène exceptionnelle . Le scénario est la grande force du film , ça va à 100 à l'heure et à vrai dire on en redemande . Bref l'un des bons films français de ces derniers temps .
Quand la politique avance à vive allure, dans un scénario original et convaincant. En cette période, on vote volontiers pour ce film, entre drame et thriller...
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Une sorte de "Loft Story" à la sauce Matignon qui manque un peu de sel. Dans l'émission de télé réalité, au moins, il y avait des rebondissements, c'est dire...
L'Exercice De L'État est un genre qui ne ce fait quasi plus en France et même partout dans le monde (par peur ou par pression, on ne le sera jamais vraiment), la critique politique, ça souvent fait mais avec un du talent et une vérité de ton absent, Pierre Schoeller lui offre une critique virulente, vrai et dur. Schoeller offre un film qui fait du bien, parler des arcanes du pouvoir tout en offrant une certaine accessibilité et surtout sans juger qui que ce soit, c'est agréable et étonnamment frais, bien sûr très malin et particulièrement prenant. Le scénario est extrêmement bon, d'une vérité et d'une dureté incroyable, c'est malin et toujours accessible, mais parfois effrayant (il reçu le César du Meilleur scénario original qui bien sûr mérité), les personnages sont fabuleux, vrai et complexe, mais surtout terriblement humain, les acteurs sont très bons, Olivier Gourmet est extrêmement bon (qu'il est pas gagner le César du Meilleur acteur est vraiment étonnant), Michel Blanc est très bon (son César du Meilleur acteur dans un second rôle est mérité, car son interprétation est vraiment bonne, mais JoeyStarr était meilleur), Zabou Breitman est bonne (elle fut elle aussi nominé au César de la Meilleure actrice dans un second rôle), Laurent Stocker est toujours juste, Sylvain Deblé est à côté (dans le genre chauffeur silencieux, on préféra tout de même Ryan Gosling dans Drive), la mise en scène est exceptionnelle, d'une grande maîtrise, elle installe un univers fort et riche, les dialogues sont malins et accessible, la photographie de Julien Hirsch est superbe (il reçu une nomination au César de la Meilleure photographie), Pierre Schoeller signe une B.O. géniale et survoltée (étonnamment il fut nominé au César de la Meilleure musique écrite pour un film), le César du Meilleur son est amplement mérité, car Jean-Pierre Laforce, Olivier Hespel et Julie Brent on vraiment eu le soucis du détail. Véritable claque cet L'Exercice De L'État est une véritable épreuve pour son spectateur, malheureusement une sacré baisse de rythme vient gâcher le film et le rend par moment ennuyeux et surtout on s'en lasse. Il n'en reste pas moins une très bonne critique de l'état sélectionné à Cannes dans la section Un Certain Regard, il fut récompensé par un Prix FIPRESCI (aussi appelé Prix de la Critique internationale), mais étonnamment au Césars il fut un des deux grands perdant de la soirée avec Polisse, car il ne gagna que 3 prix sur 11 nominations (tout comme Polisse qui en gagna 2 sur 13 nominations). Pierre Schoeller signe un film prenant, lassant, malin, spectateur, superbe, dur, humain et terriblement vrai.
Si il y a bien une chose que l'on ne peut pas reprocher à ce film c'est d'être très représentatif de son sujet, en bref d'être si fidèle à l'image de notre politique actuelle : plat, sans saveur, bavard et sans intérêt. Comme il n'est pas évident de fuir notre pays pour échapper à sa politique, alors vengez-vous en fuyant ce film pour échapper à l'ennui mortel qui s'y dégage.
Ah ! un film politique novateur et audacieux, voilà qui fait plaisir à voir. Le scénario est tout simplement génial: le quotidien d'un ministre, entre drame, usure, tactique et parfois le concret. La cadence tire l'histoire vers un véritable thriller dense et tendu. Quelle maestria ! La caméra avance sans s'arrêter, suivant Olivier Gourmet toujours en mouvement, mu par une énergie mystérieuse: vocation, conviction, désespoir ? Et les autres sont au diapason. L'utilisation de la musique est par ailleurs tout aussi audacieuse. Elle n'intervient jamais là où on l'attend, et paraît presque incongrue vu le sujet. Mais c'est cette dichotomie qui provoque une alchimie miraculeuse. Chapeau.
Rouages et folies d'un cabinet ministériel, et plus particulièrement du quotidien d'un ministre. Orienté avant tout sur la dimension humaine de la tâche de représentant de l'état, le film s'attache à montrer la complexité des relations (vis à vis des subalternes, des autres ministres, du peuple) avec une grande justesse et une profonde honneteté, se refusant totalement à sacraliser la tâche sans pour autant la dénigrer, le tout servi par un traitement (particulièrement sonore) parfois surprenant mais toujours inspiré, et un Olivier Gourmet littéralement habité. Le César de Michel Blanc en revanche est bien plus contestable.
Un thriller politique ultra crédible d'une efficacité redoutable. Le scénario, remarquablement construit, est d'une limpidité impressionnante malgré un univers (politique donc) au jargon particulier et aux événements finalement assez hermétiques pour le grand publique. La mise en scène, nerveuse et affûtée, donne au film un réalisme bluffant que les acteurs viennent compléter par leurs étonnantes prestations (mention spéciale à Olivier Gourmet qui n'aurait pas volé un César...). Le film a beau être une fiction, on se croirait réellement dans les coulisses du gouvernement... Et ici, l'intelligence du propos n'empêche pas le spectaculaire avec notamment une scène d'accidents de voiture vraiment impressionnante. Un très grand film.
Voici un des très grands films français primés aux Césars de l'année 2011. Un seul homme à la baguette, Pierre Schoeller à la plume virtuose et acérée, aux cadres justes, à la musique brillante. Devant la caméra, Olivier Gourmet & Michel Blanc ne sont pas en reste. Au menu, une immersion totale dans le quotidien de ces hommes politiques que l'on arrive si peu à cerner, ici le ministre des transports. Un thriller politique d'une grande justesse et au ton assez libre.
Dès le début du film on sent que le réalisateur cherche à déranger et surprendre le spectateur, lui qui est habitué à ne pas voir telles scènes dans des films politiques. Pierre Schoeller se contente de dérouler son film comme un documentaire extrêmement bien fait, caméra à l’épaule, tel un film hollywoodien du style Hommes du président ou encore d’un épisode de la série à la maison blanche. Tout semble bien ficelé de la part du réalisateur qui semble s’être bien renseigné, il pose ici les bases d’une représentation cinématographique du pouvoir et tout ce qui l’entoure. Le réalisateur incorpore dans cette histoire parfaite tous les codes : trahisons, rebondissements, personnages secondaires… le film évite donc les quelques maladresses que l’on trouvait dans son premier film Versailles, ici on a le droit à quelques petites pauses permettant d’approfondir l’humanité de son personnage et certaines scènes relançant de façon magistrale le récit en redistribuant entre autre les cartes dans le récit. L’exercice de l’état test donc un excellent film bousculant le genre, il y a ainsi bien longtemps que l’on n’avait pas vu un film avec un telle acuité, un tel panache mélangeant la démesure et la folie du pouvoir.
Si les critiques sont dans l'ensemble bonnes, je n'ai pas vraiment accroché à ce film. Long, mou et complexe, on a du mal à comprendre quel est le message que l'on souhaite nous faire passer à travers ce drame.