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2,5
Publiée le 6 mars 2019
Le Cinèma de minuit joue une partition inèdite dans un cycle « Patrimoine français » . L'histoire d'un jeune violoniste qui parie avec son organisateur (Jules Berry) qu'il èpousera la dixième fille qu'il rencontrera le lendemain dans un dèlai de deux mois! S'il èchoue, il perd son Stradivarius, s'il gagne, il recevra une coquette somme d'argent...mais il tombe amoureux de sa colocataire [...] Rèalisè en 1938 et prèsentè dans une copie neuve avec parfois des sous-titres ètrangers, "Accord final" a longtemps ètait l'objet de diverses hypothèses que l'historien Hervè Dumont a dissipè admirablement dans son histoire du Cinèma Suisse! Dans une ambiance de colonie de vacances, ce film d'avant-guerre se laisse voir d'un oeil! L'euphorie est au rendez-vous, les paysages suisses aussi, avec des acteurs qui sont plutôt contents d'être là tels que Maurice Baquet en p'tite tête d'èpingle ou Aimos en amusant chauffeur de taxi (« Suivons les quais ! ») . Le meilleur d'entre-eux, c'est quand même Alerme, jamais avare des beaux mots! Ce dernier nous sort la meilleure rèplique du film : « L'espoir, c'est le secret du bonheur ! » Rèplique destinèe au jeune Bernard Blier (dans un petit rôle) dont la moustache ressemble ètrangement à celle d'Adolf Hitler! Qui a dit que l'enjeu d'un pari ne pouvait pas aboutir au grand amour ???
A la suite d'un pari stupide, l'espiègle vedette du violon George Astor intègre une académie de musique incognito. C'est tourné au bord du lac Léman et c'est une belle promotion pour l'endroit. La comédie sentimentale qui prend forme est complètement futile. Le scénario du film (dont j'ai pu lire que son réalisateur est possiblement le futur Douglas Sirk) est d'une frivolité et d'une simplicité qui font parfois son charme mais constituent aussi sa faiblesse. On y entend de la musique classique, on y voit des jeunes premiers et premières très charmants et bien lisses, "encadrés" par des valeurs sûres de l'ancienne génération (Alerme, Jules Berry, Jacques Baumer) dont les apparitions et le métier donnent un peu de relief à la comédie. D'une certaine façon, le film fait écho, avec ses étudiants, sa classe de musique et ses jeunes amoureux, à la classe de Louis Jouvet dans "Entrée des artistes", sorti deux mois plus tôt et qui évoque, de son côté, en mieux et plus grave, l'apprentissage de l'art dramatique. Simple coïncidence sans doute.