Ce film est souvent considéré comme étant le plus important de tout le cinéma iranien principalement pour la raison qu'il avait sauvé l'avenir de ce dernier en se faisant aimé par l'ayatollah Khomeini, peu enclin à l'origine à apprécier les plaisirs cinématographiques et donc à accepter qu'on continue de tourner des films après la Révolution iranienne. L'histoire prend comme sujet général la condition humaine, ne cachant rien au passage de la pauvreté extrême dans laquelle vivaient les catégories les plus basses de la population sous le régime du Chah, et plus particulièrement la plongée dans la folie d'un homme, qui avait déjà à l'origine une case en moins, amoureux de sa vache, l'unique vache du village, et qui ne supporte pas la perte de cette dernière. L'ensemble est ambitieux mais est trop sérieusement long et répétitif pour pouvoir être aussi fort et prenant que son idée de départ semblait l'annoncer. L'ayatollah Khomeini a aimé, moi un peu moins...
Plongée sans concession dans le quotidien d'un village iranien précaire, exposé à la superstition, aux brigands, à la pauvreté, ce drame illustre la déchéance émotionnelle et sociale d'un homme (bouleversant Ezzatollah Entezami) qui, ayant perdu sa vache, dont la possession le singularisait dans sa communauté, en perd la tête, s'identifiant à cet animal pour retrouver son statut et son orgueil perdus. A partir de ce fil ténu, le récit manifeste les diverses stratégies de ses amis (dont un intense Ali Nassirian) pour le protéger puis le raisonner alors que la défaillance d'un seul habitant handicape tout le monde en un lieu où nulle marginalité (harcèlement du simple d'esprit) ni intimité (le fiancé se forçant à rentrer chez lui par décence) n'est possible, idée que le réalisateur exploite avec habileté en de nombreux plans s'appuyant sur les ouvertures ou les profondeurs de champ limitées. Un douloureux conte tragique.
C'est un film un peu inclassable ! en fait il est plein d'humanité, d'humour et ça fait du bien de le regarder . très bon moment. ....Vive Jacqueline ; -))
Hassan est un paysan possédant une vache qui lui est très chère. Il prend énormément soin d’elle. Un jour, il s’absente de son village quelques jours. La vache meurt pendant ce laps de temps. Le village ne sait pas comment lui annoncer la nouvelle. On sent un véritable aspect documentaire dès les premières images du film, notamment pour le travail sur l’image, la façon de filmer les visages des personnages, la représentation du mode de vie paysan. En parallèle, l’histoire qui est racontée n’a rien de documentaire, c’est une vraie fiction avec ses rebondissements, sa tension et son suspens. Il y a même parfois un peu d’humour. L’attachement de cet homme à sa vache est à la fois touchant et inquiétant lorsque la folie s’en mêle. Une belle histoire.
Titre fondateur de cette sorte de nouvelle vague du cinéma iranien (1969) dit " cinéma différent", prix de la critique ( Venise 1971) réalisé au temps du shah. Interdit, il dû attendre le changement de régime avant d'être diffusé.
Tourné à la campagne, il montre le dénuement d'un village en faisant reposer son scénario sur une allégorie ( certains y ont vu une relation entre les rapports du souverain et la manne pétrolière).
Le premier niveau de lecture du scénario tourne autour des rapports de proximité entre un paysan ( est il gagné par la folie ?) et sa vache.
Proche du documentaire ( la distribution mêle comédiens professionnels et non professionnels ) " la vache" mérite le coup d'oeil malgré une certaine austérité.
On est ici en présence d'un des premiers opus du cinéaste iranien Darius Merjhui ( génération de Kiarostami ) dont la vie se terminera de façon trouble et tragique en 2023 sur sa terre natale.