Réminiscence de l’actioner des années 90, Le Dernier rempart est ce qu’on appelle communément un véhicule pour star. Il s’agit en effet du “grand retour” d’Arnold Schwarzenegger en solo. Et comme l’avait fait Jean-Claude Van Damme dans les 90′s, il est allé chercher ce qui se fait de mieux en Asie pour assurer son come back. C’est le surdoué Kim Ji-woon qui succombe cette fois aux sirènes hollywoodiennes et qui fait l’erreur de s’effacer complètement devant l’ombre imposante de la star. Sans grande surprise, le résultat est indigne de ces deux talents réunis. Pourtant, les réalisateurs asiatique les plus doués ont souvent eu la côte à Hollywood. Et c'est plus vers la Coréé en ce moment que les stars hollywoodiennes viennent se remettre sur leurs deux jambes. Kim Ji-Woon nous avait impression avec J'ai recontré le diable, film unique d'une noirceur sans pareille. On sait donc qu'on à affaire à du talent. Le Dernier rempart est pensé pour symboliser la renaissance d’Arnold Schwarzenegger après son expérience politique, une renaissance entamée avec son rôle dans Expendables 2. Formaliste de génie, il efface complètement sa mise en scène, à l’exception d’une poignée de fulgurances, au profit de la star Schwarzenegger et d’un récit mollasson. En résulte un actioner lambda, exécuté avec application mais sans âme. Même si on aime retrouver l'acteur dans un film d'action un peu bourrin, e gros problème du Dernier rempart, au delà de son apparence somme toute banale, reste son scénario en totale opposition à la promesse badass qui était faite. Fruit de diverses réécritures, le script supervisé par George Nolfi ne correspond en rien à ce qu’un actioner digne de ce nom se doit de développer. Pour faire simple, sur 1h40 de film, au moins 45 minutes ne servent à rien. Il s’agit d’une interminable exposition afin de faire monter la sauce artificiellement et pousser le vieil Arnold à sortir 2-3 répliques qui fusent en même temps que les gros guns. Évidemment, le véritable intérêt du film se trouve dans les résonances entre son personnage et l’acteur lui-même, avec l’inévitable retour aux affaires du mercenaire qui s’était payé une retraite tranquille à assurer les taches quotidiennes dans son comté paisible. Sa réplique “I’m the sheriff” sonne d’ailleurs comme une note d’intention tant elle transpire la volonté de l’acteur de revenir sur le devant de la scène qui fut la sienne pendant si longtemps. En action hero vieillissant, bougeant sa masse parfois avec difficulté et préférant les prises de catch aux pilonnages d’autrefois, il assure le minimum légal mais on n’est jamais vraiment au niveau de la renaissance attendue. La faute en partie à l’écriture de ce personnage uniforme et sans aspérités, assez morne et qui ne se révèle, tout comme le film, que dans la dernière demi-heure. Cependant, cet aspect cabotin et la sensation d’une direction d’acteurs absente favorise une certaine idée de série B décérébrée. Mais ça reste trop mou et rarement jubilatoire. Une mauvaise idée en somme, pour Arnold Schwarzenegger comme pour Kim Ji-woon.