Comment décrire le dernier film de Paul Thomas Anderson en un seul mot... Mmmh... C’est dur... Ou plutôt non ! Je dirais même au contraire qu'il y un mot qui s'impose parmi tous les autres : l'ennui. OK, c'est beau plastiquement, comme souvent avec l'ami Anderson, mais là, franchement, au niveau de la narration, ce n'est juste pas possible du tout. Dans le principe pourtant, cela ne me dérange pas que certains auteurs se plaisent à poser une ambiance lancinante ou contemplative, mais là ce n'est ni l’un ni l'autre. La réalisation est trop portée sur l'image pour être lancinante et l'intrigue débite trop vite pour être contemplative. Et encore, parler d'intrigue expéditive pour ce "Master" c'est y aller bien fort ! C'est qu'il faut attendre une demi-heure pour qu'enfin la rencontre entre Phoenix et Hoffman se passe. Une éternité... Et une éternité pour quoi ? Pour poser le personnage ? Mais en deux minutes tout est dit ! Pourquoi s'étendre à ce point ? Pourquoi s'étaler dans un récit d'une linéarité paresseuse avant de rentrer dans le vif du sujet ? Je me doute que certains se diront en lisant cela : « Visiblement un gars qui n'a rien compris au génie de l’artiste... » Eh bien, d'accord ; j'accepte. En fait, c'est sûrement cela. Depuis le départ que je ne comprends rien à la démarche de cinéaste de Paul Thomas Anderson. Seulement voilà, je ne vois pas pourquoi cela devrait être exclusivement de ma faute. Je ne vois pas pourquoi c'est au spectateur de fournir tous les efforts au cinéma, le réalisateur doit avoir à sa part. Parce qu'au fond, le problème pour moi est là. Ce "Master" pourra gloser autant qu'il voudra sur sa "Cause" ou sur autre chose : à partir du moment où il me prend de haut avec son style très verbeux et aseptisé, pour moi ça ne restera que du discours, qu'une dissertation pompeuse qui me barbe plutôt qu'elle ne m’envoûte... Alors je suis désolé pour lui, désolé pour ses supporters, mais moi, au bout d'une demi-heure de film, c'est tout sauf la grâce qui m'a touché, mais bien un profond mal de crâne et surtout une urgente envie de partir. Mon avantage d'ailleurs, c'est que contrairement au cinéma de Paul Thomas, je fais et je n'attends pas. Au bout d'une heure, j'ai quitté le navire où j'avais rencontré ce "Master" et - le pire ! - c'est que j'ai eu l'impression de ne rien avoir raté...