Aujourd'hui ressort en salles "To Live and Die in L.A.", polar sombre et trépidant injustement méconnu réalisé en 1985 par William Friedkin, et bizarrement traduit "Police Fédérale Los Angeles" en France, un non-sens qui ne rend pas hommage à cette œuvre magistrale... Ce grand film à la fois esthétique et crépusculaire surprend à plus d’un titre par son coté abrupt et sa violence viscérale qui s’oppose radicalement à l’image d’un L.A. habituellement très glamour. L’œuvre la plus aboutie de Friedkin, qui ouvrira la voie à d’autres cinéastes tels que Michael Mann dix ans plus tard avec "Heat" notamment, est à redécouvrir en version restaurée au cinéma Grand Action, Paris V, uniquement cette semaine.
Un des meilleur polar des années 80 signé par un spécialiste du genre (French Connection - Cruisin) Los Angeles est sous tension et le spectateur aussi du début à la fin.La fièvre règne dans une cité ou flics et voyous sont aussi névrosé les uns que les autres.Du grand art !
Un de ces polars des années 80 dont le visionnage peut donner mal aux cheveux et aux oreilles quand on le revoit aujourd'hui. Tant dans l'esthétique globale que dans le déroulé du scénario, on se croirait dans un épisode de Deux Flics à Miami. C'est un peu le problème général du film, sorte de French Connection nouvelle version (comme par hasard, le même réalisateur), qui se noie dans un déluge de vieux synthés et boîtes à rythmes à la moindre occasion. Par ailleurs, on ne peut pas dire que le casting soit spécialement emballant, malgré la présence de noms qui connaîtront par la suite de belles carrières. L'histoire est un tantinet rocambolesque, et Friedkin cherche à en faire toujours plus pour impressionner la pellicule, hélas pas toujours à bon escient. Le produit est, hélas pour lui, très daté.
"To live and die in L.A." ça envoie quand même plus que "Police fédérale machin", bref ce n'est pas le sujet, on est ici face à un Friedkin et par principe ce n'est jamais facile à aborder que l'on aime ou non. Le maestro nous plonge dans les bas fonds de Los Angeles, infestée par les voyous en tout genre mais aussi par des flics sans limites, et c'est l'un d'entre eux que l'on va suivre sous les traits de William Petersen. Un flic borderline et prêt à tout pour venger la mort de son coéquipier, assassiné par un faux monnayeur sans scrupule, un Willem Dafoe inquiétant à souhait. Si l'ensemble à particulièrement vieilli, la bande son typiquement années 80 reste un régal et il est clair que la violence brute et l'ensemble assez cru continuent de marquer son spectateur. Friedkin livre une nouvelle fois un film sans concession, âpre et violent, après il faut reconnaitre que ce n'est pas toujours palpitant à suivre et que le temps a fait son oeuvre mais le métrage garde une certaine puissance et en outre une poursuite en voiture d'anthologie. Il faudra que je le vois encore plusieurs fois avant de m'en faire un avis définitif.
Pur polar typiquement ancré des années 80. Le scénario démarre comme une enquête policière banale mêlée à une histoire de vengeance mais il part ensuite dans tous les sens et on a un peu du mal à suivre le héros. Ultra-rythmé, jamais ennuyeux, survitaminé par les musiques pop des années 80, il fera passer un agréable moment. Friedkin est tout de même très loin d'atteindre son génial "French Connection".
"To Live and Die in L.A" fait partie de ces polars qui s'élèvent au-dessus des films du genre en échappant à un certain nombre de clichés grâce à une double singularité : d'abord, celle de la mise en scène, qui transcende une écriture sur le papier déjà vue; puis, celle d'une vision de cinéaste, qui n'hésite pas à casser le récit par des images cauchemardesques, qui ne sont pas sans rappeler certains plans horrifiques à la fin de "Sorcerer". Le film n'a donc que l'apparence d'une série B efficace mais demeure, au fond, une expérience crépusculaire qui voit s'affronter des flics immoraux (surtout le personnage de Chance, interprété par un William Petersen magistral) à un faux-monnayeur mentalement dérangé (Willem Dafoe hallucinant), figure d'un génie du mal qui semble de plus en plus invincible au fur et à mesure que l'étau se resserre. Hanté par une sauvagerie imprévisible et par des coups de force scénaristiques, spoiler: comme cette scène ultra-violente à un quart d'heure de la fin qui voit le personnage principal mourir , un moment qui n'était absolument pas amené et qui renforce ainsi la sidération, "To Live and Die in L.A" est un film électrisé par la sublime b.o de Wang Chung et dont la complexité formelle est incarnée par une mise en scène tour à tour réaliste et abstraite, pulsionnelle et mentale : en somme, un objet inclassable globalement accessible mais toujours raccroché à une radicalité propre au cinéma de Friedkin.
J'ai rarement vu un film qui soit aussi marqué par son époque que l'est, Police Fédérale Los Angeles. La musique d'abord, qui suffit à nous faire comprendre que l'on est au cœur des années 80. Les "looks" aussi, symptomatiques de cette époque bénie du cinéma. La réalisation enfin, d'une esthétique très léchée mais aussi très nerveuse. L'histoire quant à elle, classique mais prenante, est ponctuée de moments d'une grande violence. Un film de qualité, qui néanmoins doit plaire d'avantage à ceux qui l'ont découvert à "l'époque" qu'à ceux qui comme moi, le découvre aujourd'hui.
Le onzième long-métrage de William Friedkin est un polar crépusculaire stylisé, totalement ancré dans les années 80, à l'image du générique en grosses lettres fluo sur la chanson "To live and die in LA", le titre original du film (tellement plus classe que le français!). On y retrouve un flic en quête de vengeance (William Petersen, encore jeune et svelte), son coéquipier et ami ayant été abattu à quelques jours de la retraite. Le suspect numéro 1 est un faussaire de génie (Willem Dafoe), qui arrose la ville de faux billets sans se faire prendre depuis un bail. Autant le début du film paraît basique et déjà vu, autant la suite des évènements s'avère de plus en plus sombre et imprévisible, à mesure que Petersen s'entête à accomplir son but, faire tomber Dafoe à tout prix. Avec "To live and die in LA" (1985), Friedkin prouve qu'il reste un réalisateur haut de gamme : la mise en scène est dynamique, élégante, homogène. Les scènes d'action sont nerveuses, à l'image de cette poursuite en bagnole dantesque dans les rues de LA qui fera vibrer tout amateur de GTA! Ou de ce travelling latéral suivant Peterson sprintant dans un aéroport. De manière générale, un soin particulier semble avoir été apporté au héros, dans ses paroles et attitudes mais surtout dans sa démarche : William Peterson court, saute, cogne, bondissant comme un ressort dans ses tenues eighties vintage mais ô combien classieuses. En revanche, on pourra reprocher au film quelques invraisemblances, notamment dans les scènes d'action très old school, où plusieurs fois les mecs ont la situation bien en main avant de se faire baiser comme des novices, à l'image du dénouement. "To live and die in LA" est donc un polar noir hautement recommandable, hormis aux allergiques des années 80, dont la bande originale en particulier est le reflet indiscutable.
L'un des sommets de la riche carrière de l'atypique William Friedkin et dans le même temps un polar atypique fiévreux et vitaminé, estampillé année 80, époque qu'il a marqué et qu'il continue de représenter fièrement 30 ans plus tard. Oubliez le Serve & Protect, devise galvanisée des polices américaines, et plongez dans la lutte sans merci entre un policier vengeur et enragé, presque zombifié par une affaire devenue hautement personnelle, et un bandit mégalomane et expéditif qui ne recule devant rien pour protéger son entreprise de faussaire. Là est le ciment du duel impitoyable que vont se livrer William Petersen et Willem Dafoe dans un Los Angeles terne et suintant. Quelque part entre Abel Ferrara (« The King of New York ») et Michael Mann (« Heat »), un chef d'oeuvre de polar sombre où le bien et le mal tendent à se confondre. Immoral, habité, violent, doté d'une fin atypique, Friedkin fait dépasser à son personnage la fonction de policier pour l'habiller d'un manteau noir et peu rassurant. La réalisation est magnifique et la scène de course poursuite dans les artères (coronaires) de L.A restera comme l'une des plus marquantes du genre. Puissant et brillant. Un must.
Sacré film que ce To live and die in LA. Evidemment, je suis toujours gêné en le revoyant par la musique bien trop datée "clavier années 80" (ces mêmes tics lourdauds que l'on trouve dans le Scarface de De Palma par exemple). Mais franchement si l'on s'arrange de ces petits tracas sonores, le film est à la fois tranchant et ample, sec et sans concessions, porté par un sens magistral de la mise en scène. Et pas de morale par ici, ça tombe comme des mouches qu'on soit agent secret, personne privée anonyme ou trafiquant pyromane. Quelques moments d'anthologie dont la poursuite de voiture ou la déflagration soudaine et tellement "injuste" du vestiaire. Mais c'est ce que le film nous dit tout bas justement : que la vie est injuste. To live and die in LA concerne tout le monde. Pas de passe-droit en ce bas monde. En le revoyant, je note d'ailleurs à quel point cet esprit nihiliste, ce réalisme presque déprimant ont été une influence centrale pour des séries comme The Shield (on est prêt à tout pour arriver à ses fins, qu'elles soient de nature matérielle, charnelle ou vengeresse) ou même The Wire (les amis allant boire la bière de l'amitié au début, la planque et la filature, le personnage d'avocat véreux peu regardant sur la personnalité de ses clients, les contrats sur la tête d'un témoin potentiel en prison qu'on veut faire taire, les personnages de politiques gravitant autour des personnages principaux comme autant de vautours assoiffés de notoriété ou de richesses matérielles...). Bref un vrai sommet de polar. Pur et dur. Noir et brutal comme la mort.
William Friedkin nous livre une sorte de "French Connection" version 80's, où deux policiers traquent un faux monnayeur impitoyable à Los Angeles. En effet, "To Live and Die in L.A." mêle l'écriture caustique des polars des 70's avec une esthétique typiquement 80's. On y retrouve un malfaiteur violent mais sophistiqué, et des policiers qui ont mis leur éthique au placard pour arriver à leur fin. Le scénario est aussi peu conventionnel que ces personnages, nous offrant une enquête qui lorgne vers la chasse à l'homme, émaillée de plusieurs retournements de situations inattendus spoiler: (le final est pour le moins surprenant) . Question forme, on relèvera plusieurs acteurs méconnus à l'époque, mais très convaincants dans leurs rôles sombres, et qui perceront pas la suite (William Petersen, Willem Dafoe, John Turturro...). Par ailleurs, le film baigne dans une photographie crépusculaire soignée, supportée par une BO sympathique. La réalisation de Friedkin se veut quant à elle percutante, avec une violence graphique, et des passages assez notables (la course poursuite est très réussie). Du très bon polar.
Un scénario ahurissant pour un film hors du commun de William Friedkin. Dialogues incisifs, ambiance urbaine torturée, mise en scène prodigieuse (on comprend d'où vient l'inspiration de Mickaël Mann quand il filme Los Angeles !), scènes de poursuite à couper le souffle, "Police Fédérale Los Angeles" reste la référence du film policier des années 1980. Une œuvre véritablement aboutie avec en léger bémol la prestation en demi-teinte de William L. Petersen. Quel dommage que Friedkin n'est pas pu s'assurer de la collaboration de grands acteurs, lui qui les avait eus notamment lors de son extraordinaire "French Connection". Reste un film culte qui, dès sa sortie, fut considéré comme un "marqueur" du cinéma américain. Il y eut un "avant" et un "après" "Police Fédérale Los Angeles", comme plus tard, à la sortie du "Seven" de Fincher. Un film à voir absolument.
Les années 80, grande époque du reaganisme triomphant, ont été riches en polars américains burnés et nerveux, et "Police Fédérale, Los Angeles" (titre français trompeur, car les héros ne sont justement pas membres d'une unité fédérale, mais de la police locale) en est un excellent exemple. Ici, pas de brushings soignés, pas de personnages consensuels, pas de poses soigneusement étudiées, pas de happy end moralisateur. Au contraire, des acteurs très physiques, bruts de décoffrage et bourrés d'énergie (William Petersen, très loin de son image de "vieux sage" des Experts; Willem Dafoe, très classe et qui n'a pas encore pris l'habitude de trop grimacer); des personnages ambigus, pas très clean; des scènes de violence ou de sexe qui, sans être très explicites, font vrai et composent une atmosphère dérangeante, où le danger n'est pas factice. Il est significatif que Chance, le personnage principal, est un fan de saut à l'élastique: dans "Police fédérale", on aime les sensations fortes, on n'a pas peur de se jeter dans le vide. A côté de ça, William Friedkin montre qu'il est aussi un grand "faiseur d'images", à travers des plans et des séquences mémorables: une des meilleures poursuites en voiture de toute l'histoire d'Hollywood, d'autant plus efficace qu'à la différence de toutes celles filmées aujourd'hui, elle n'est pas trafiquée numériquement; des images formidables des paysages urbains de Los Angeles; la séquence initiale où Dafoe fabrique ses faux billets... Finalement, la seule faiblesse du film est d'être trop long. L'histoire finit par s'enliser dans des méandres inutiles, et le rythme narratif hyper-tendu du début se délite en cours de route. Mais la fin, inattendue, est à la hauteur. Roboratif !
Petit bijou de violence, de sexe et d'action, moins connu que "French Connection" mais tout aussi bon. Ici tout est impeccable: Scénario, mise en scène, jeu d'acteurs (Mentions spéciales à William L. Petersen et Willem Dafoe). Bref, du pur et excellent William Friedkin! Seule, la musique a un peu vieilli et sonne très '80 mais ça donne un certain charme aussi.
TO LIVE AND DIE IN L.A. de William Friedkin... Il y a des films comme ça qui intimident de part leur réputation ! Mais il ne faut pas se laisser intimider, on doit garder un oeil critique ! Bon, là il faut dire qu'on est en face d'un film considéré comme "parfait" par beaucoup... Qui pourrait dire "j'aurais fait ceci ou cela à la place de Friedkin" ? Personne. Le scénario est tellement parfait ! Les acteurs tellement investis (surtout William Petersen...wow) ! Après on a quand même le droit de dire que dans le deuxième tiers du film le rythme se tasse un peu trop, c'est un peu trop lent pour pas grand chose. Certes, la vie des mecs est dépeinte avec attention, mais il ne se passe pas assez de choses pour qu'une telle lenteur s'explique. Le méchant joué par William Dafoe (encore un William !) est intéressant mais peut-être pas assez développé. Ou alors c'est Dafoe lui-même qui ne serait pas aussi bon que Petersen, ce qui est fort possible. Dafoe me semble être un acteur un peu surestimé, il a une vraie gueule à lui mais j'ai toujours l'impression qu'il lui manque un ptit truc. Pour moi ça se confirme dans le récent LE CHASSEUR, carrément pathétique. Bon, une sensation perso. Ensuite il y a un ptit truc qui m'énerve dans certains films des années 80 (que j'adore hein !) : l'anorexie des actrices. On voit que ce sont des modèles de mode placées au cinéma par piston ; elles ne savent pas très bien jouer, elles se ressemblent toutes, et c'est gênant pour moi. Même pas une seule nana un peu ronde en figurante !... Sinon et bien encore une fois, scénario magistral. Peut-être le meilleur scénar de polar porté à l'écran. Peut-être. Et c'est déjà ça. Je reste marqué à vie par le gros plan sur Petersen qui apparait à la fin du générique. On voit que Friedkin a totalement craqué devant son acteur, et ça fait méchamment plaisir. ah ce William Petersen...encore une carrière brisée par on ne sait quoi...