Le film se situe avec intelligence à la croisée des chemins, entre deux époques, de cinéma et de genres mais aussi dans le banditisme. En effet, en 1981, Melville est parti, le Nouvel Hollywood a tout bousculé, Montand est déjà un vétéran face à un Depardieu en pleine ascension, ils incarnent deux facettes du banditisme, Montand à l'ancienne à la façon d'un Gabin ou d'un Ventura chez Henri Verneuil ou José Giovanni, tandis que Depardieu annonce la fin d'un certain code de l'honneur, une jeunesse façon chien fou et individualiste comme la guerre des gangs qui ensanglante alors Paris et Marseille la fin des années 70 et durant les années 80. Corneau signe alors une histoire complètement contemporaine à la croisée des époque et des styles. Il matérialise même cette fracture par les décors et le statut social, mettant face à face les quartiers huppés ou le haras face aux banlieues modestes et les quartiers désoeuvrés, où comment les ex-truands qui ont su plus ou moins gérer leurs affaires voient arriver une jeunesse sans repères qui pensent révolutionner le Milieu. C'est sur ces points que Corneau signe un polar solide et prenant, ancré dans un réalisme abrupt. Site : Selenie.fr
Un évadé en roue libre fait la rencontre d'un vieux truand rangé. Entre des règlements de compte et la présence de la police, tout va tourner au vinaigre... Ambiance fataliste, scènes souvent nocturnes ou crépusculaires, personnages froids : "Le Choix des Armes" évoque bien souvent le cinéma de Jean-Pierre Melville, ce qui n'est pas pour déplaire. La réalisation d'Alain Corneau est assez soignée, oscillant entre des plans urbain sur la ville délabrée, et des panoramas naturels bien jolis (notamment une superbe mais courte scène en Irlande !). Côté acteurs, Yves Montand a de l'allure en ancien du milieu qui force toujours le respect, tandis que Gérard Depardieu convient bien à ce rôle de chien fou. Outre Catherine Deneuve quelques peu sous-exploitée, ils seront secondés par Michel Galabru en commissaire tranquille, mais également par Gérard Lanvin et Richard Anconina, alors inconnus. On regrettera le scénario qui tourne un peu en rond par moment, entraînant quelques longueurs, mais dans l'ensemble il s'agit d'un drame criminel solide.
Autant drame que polar, cette histoire de gangsters confronte deux générations, tant du côté des voyous que de celui des flics autour d'un règlement de compte tenant du quiproquo tragique. Dans une mise en scène classieuse, jouant habilement des clairs-obscurs atmosphériques, se dessinent des caractères contrastés, denses, complexes auxquels le pertinent casting confère une épaisseur supplémentaire, renforçant par un geste, un regard, une intonation la crédibilité de leurs tourments ou de leurs culpabilités. Manquant d'une nervosité visuelle, le récit nous intéresse pourtant au sort des protagonistes dont les dialogues se résument à l'essentiel, sans didactisme ni lourdeur. Du bon cinéma français, solide!
Alain Corneau est un homme qui ne supporte pas la police, il établit dans ce film comme dans "Police Python 357", toujours avec Yves Montand dans le rôle principal, un portrait au vitriol de cette institution il est vrai peu aimée par qui que ce soit. Car en effet, qui de nos jours peut prétendre et crier haut et fort qu'un homme ou une femme de notre société apprécie la police? Le film a été tourné à une époque où la gauche commençait à prendre le pouvoir, la belle époque du gentil policier qui arrête les gros méchants assoiffés de sang a déjà trop bien fonctionné avec Alain Delon ou Jean-Paul Belmondo. Le film met en scène des gangsters qui s'évadent de prison mais ces gangsters ne sont en rien des immoraux, ce sont des êtres sensibles que la société a rendu violents et qui les a envoyés derrière les barreaux les privant dans le même temps de toute condition sociale. Peut-on accepter de voir un père qui ne peut pas voir sa fille qu'il aime et qui l'aime aussi? Peut-on continuer à tolérer un qu'un Etat comme la France puisse permettre à des policiers de tirer à tout-va en commettant des bavures et en tirant dans le dos d'un homme blessé? Le film est un pamphlet contre la police et il n'est donc pas étonnant ni surprenant que ce long-métrage ne soit jamais diffusé en première partie de soirée à l'heure et au jour que les valeurs de la République et celles du respect de la police sont mises à jour. Le scénario du film est remarquablement bien ficelé et rebondit sur des évènements imprévus qui culminent en un final tragique, dramatique et puissant. Yves Montant et Gérard Depardieu rivalisent de charme et de fougue, deux grands acteurs au service d'un film étonnamment subversif. Alain Corneau élabore un film à la réalisation sobre et efficace comprenant des scènes parfois très dures pour le spectateur, plongé dans l'enfer de cette histoire peu commune où vont s'additionner vengeance et compassion. Un film intelligent et sensible qui confirme le talent du réalisateur.
Une sacrée pléiades d'acteurs pourrait on dire. Malheureusement le face a face entre Depardieu et Montand a du plomb dans l'aile. Le film se traine sur un rythme vraiment lent et dans ce face a face entre le gangster a l'ancienne et le gangster sans foi ni loi a du mal a etre crédible en pas mal d'occasions. Trop moyen pour un si beau casting.
Le maître du polar des années 70/80, c'est Alain Corneau pour moi. Et son chef-d'oeuvre, c'est Le Choix Des Armes, dans lequel le face-à-face Montand/Depardieu crève l'écran! Les seconds rôles sont tout aussi délicieux, avec un Gerard Lanvin débutant, un Michel Galabru extraordinaire, un Jean-Claude Dauphin junkie, un Anconina petite frappe et une Catherine Deneuve très naturelle. Le scénario est béton, les acteurs sont béton, et je n'ai pas de reproche à formuler à cette oeuvre d'exception. A voir ou redécouvrir!
Ouais bon de chez bon... c'est quand même un film qui reflète bien une époque...1981 c'est ce qui est écrit sur ma carte d'identité aussi... Le film à quelque chose de morose, je croyais que les cités française était moins glauque à l'époque...mais c'était déjà le bazar avant même l'arrivée de Mitterand au sommet de la Tower of Power... Evidemment l'affiche en jette avec 3 "mastodontes" du cinéma français...incroyable que Deneuve et Depardieu soit encore en haut de l'affiche aujourd'hui...mais je crains qu'il ne puisse jamais égalé la classe de Montand... Et puis c'est marrant de voir la tronche de Richard Anconina à ses débuts...de loin pas mon acteur préféré mais il fait du bon boulot ici... et puis Galabru a la déjà vieille présence mais toujours éternel, il a un beau second rôle...et enfin Gérard Lanvin qui mérite des baffes dans ce film...mais ça c'est à cause du rôle qu'il y joue et pas parce qu'il manque de talent... Film fort... presque rock n roll (une bande son d'ailleurs intéressante) avec entre autre entendu le Led Zeppelin de 1976 qui comme un reflet du scénario du film sonne le début de la fin de la carrière du groupe...quelque part un miroir du film...ou tous les acteurs courent vers un drame qu'ils présentent... Et puis Depardieu avec la petite au bord de la mer...c'est beau et juste une bouffée d'air frais au milieu de ce noeud de malentendus...
Je suis tombé sur ce film par hasard en zappant. Moi qui digère très mal les films français d'habitude j'ai trouvé celui ci plutôt divertissant, et ses acteurs, lesquels d'habitude me font rire de nullité, très crédibles. L'ensemble est un polar de situations assez réussi, même si il souffre un peut du "hachage" des années 80.
Si l'on analyse avec objectivité "Le Choix Des Armes", force est de constater que ce n'est pas son scénario qui est acclamé, encore moins, la mise en scène d'Alain Corneau. Beaucoup de rebondissements, notamment plusieurs scènes d'action, sont peu crédibles. De plus l'étirement excessif de certaines scènes de certaines scènes, les transitions maladroites entre plusieurs d'entre elles, tout cela donne un rythme irrégulier, plutôt lent à l'ensemble. En termes de mise en scène, on est loin du rythme trépidant de "Police Python", ou du rythme ample mais parfois vif du chef d'œuvre absolu qu'est "Tous Les Matins Du Monde". La renommée du "Choix Des Armes" vient en fait de la présence d'une demi-douzaine d'acteurs qui font l'honneur du cinéma français. Cependant une certaine objectivité dans l'analyse des prestations n'est pas inutile. Celles de Galabru et surtout celle de Montand sont indiscutablement impériales. Celle de Deneuve, certes, honorable, ne sera pas celle qui aura marqué sa carrière. Pour ce qui est de la performance de Depardieu, elle est très inégale. Brillante le plus souvent, mais peu convaincante par moments. Paradoxalement, c'est celle des jeunes premiers de l'époque qui impressionne. Quoique très brève, la présence d'Anconina est remarquable, et celle de Lanvin est brillante, tout autant que celle de Jean-Claude Dauphin.