Le Couteau dans l'eau
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Sosa
Sosa

12 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 mai 2021
C'est un film agréable à regarder, c'est très bien filmé.
Le personnage du mare n'est qu'un abuti fini, je sais pas comment on a pu écrire personnage aussi con, c'est pas imaginable, il n'a aucune logique.
Le film se déroule en partie sur l'eau.
Je m'attendais à une scène de violence au vue du titre.
il ne se passe rien.
Je suis un peu déçu.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 27 avril 2012
Malgrès toute l'attention dont font preuve les cinéphiles pour le "grand" Polanski, je regrette de dire qu'en ce qui me concerne (si j'en juge du peu de films que j'ai vu dans sa filmographie) il n'a pas fait que des chefs d'oeuvre (bien qu'on lui doit tout de même des perles comme Rosemary's Baby). Le Couteau dans l'Eau, premier long-métrage du cinéaste qui fut curieusement un immense succès à sa sortie en 1962, que beaucoup considèrent comme une réussite pour un premier film n'échappe pas à la règle. Doté d'une mise en scène que l'on peut qualifier d'efficace (quoique qu'elle demeure plutôt banale à mes yeux) ce huis-clos soit disant "étouffant et oppressant" demeure cependant relativement médiocre dans son ensemble. Ayant une durée de seulement 1h30, il est bien frustrant de constater que ce ne sont malheureusement pas les longueurs qui manquent apportant un certain ennui au spectateur tandis que la tension qui doit soit disant monter crescendo dans le film demeure au final inexistante et est totalement occultée (la faute à un scénario manquant de consistance). La musique de Krzysztof Komeda (qui a montré par la suite qu'il avait un grand talent de compositeur, notamment au travers de son travail sur le film Rosemary's Baby) est quand à elle assez lourde et demeure une torture pour les oreilles. Le Couteau dans l'Eau reste un film à voir malgrès tout, mais n'est certainement pas inoubliable contrairement à d'autres films du réalisateur (et c'est fort dommage d'ailleurs car il y avait beaucoup à faire pour un film comme celui-ci, ce n'était pas les pistes qui manquaient).
Hector de Troie
Hector de Troie

2 abonnés 77 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 janvier 2025
N'ayant pas encore vu le début de l'œuvre de Polanski, je me suis lancé dans ses premiers films.

On suit l'histoire d'un couple d'apparatchik Polonais qui part en WE pour naviguer et qui rencontre un jeune homme. Ils décident de le prendre avec eux. Mais les différences entre les deux mondes sont fortes, ce qui va provoquer bien des tensions.

J'ai noté tout d'abord le tropisme américain de ce film, le jazz est assez présent et les scènes reposantes font parfois penser à un tableau de Hooper.

C'est sans doute un film sur la jalousie, le mari en effet semble sûr de maîtriser ce bouillonnant jeune homme. On ne sait jamais s'il est vraiment dangereux ou juste fougueux !

Polanski joue avec nos repères durant tout le film, le danger, l'époque, la jalousie, le calme, même les situation dangereuses sont traitées légèrement spoiler: (quand le jeune homme se retrouve seul sur la bateau ne sachant pas le maîtriser)
.

Je trouve ce film très beau formellement, comme un rêve de week-end dans le magazine Life des années 30.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 février 2013
Ce premier film de Roman Polanski, tourné en noir et blanc, en polonais et avec des moyens réduits, a projeté le cinéaste sur la scène internationale et mérite d'être (re)découvert. En effet, outre les nombreuses qualités intrinsèques à cette oeuvre de jeunesse, on y trouve déjà esquissés bon nombre des thèmes de prédilection de Polanski, qu'il questionnera toute sa carrière : l'inéluctable malaise entre les êtres et la violence des rapports entre individus, la manipulation, l'enfermement et le huis-clôt étouffant, les rapports de soumission et de domination, voir de perversion.
Tourné avec peu de moyens, le film est un véritable tour de force sur le plan formel, tant il fourmille d'idées de mise en scène. La manière de filmer ce lieu quasi-unique qu'est le petit bateau est inventive et jamais redondante, un découpage savant alterne les points de vue, des plans séquence travaillés installent la tension et la bande son jazzy apporte un côté bancal et inquiétant à l'ensemble. Les dialogues sont savoureux et se couplent à des idées scénaristiques parfois étonnantes mais toujours intelligentes : le spoiler: bateau bloqué dans les hauts fonds
, la scène presque triviale du spoiler: repas et de la soupe renversée
, spoiler: la partie de mikados qui opère comme une redistribution des cartes et stimule les rapports de force des protagonistes, le baiser adultérin interropu par la sonnerie du réveil, le fameux couteau "dans l'eau"
... Le trio d'acteur est tout à fait convainquant, tant le mari aux faux airs de héros Hitchkockien que la femme tout en sensualité dissimulée et le jeune homme, tantôt ange charmeur, tantôt démon manipulateur.
Le jeune homme, intrus aux airs candides, se révèlera bientôt inquiétant, sournois, menteur, voir dangereux. Ses passes d'armes avec le mari seront nombreuses, allant de petites bravades et refus d'obéir aux ordres à des intimidations plus importantes, des maladresses calculées et des incidents pas si innocents que ça. Mais le plus souvent, faisant preuve d'habileté et arborant ses airs naïfs, il parviendra à désamorcer un peu les situations. Il entrera aussi dans un jeu de séduction latente avec la femme : spoiler: au premier regard échangé lors de la scène du stop suivront l'aide pour le port des sacs, les regads en biais vers la femme en maillot de bain puis nue, les chaussures et ceinture posées en gages dans l'intimité de la cabine du bateau et les chansons et poèmes d'amour récités en échange de ceux-ci, les échanges sur le pont au petit matin quand le mari dort encore, et enfin le baiser échangé
. Il est amusant de mettre en parallèle de ce jeu l'évolution physique de la femme, d'abord coiffée de lanière stricte en arborant de ridicules lunettes, puis de plus en plus naturelle et donc attirante au fur et à mesure de leur rapprochement.
Dans le sens contraire, le propriétaire de bateau prend le rôle du capitaine comme un jeu dans un premier temps, jeu qui dévie de plus en plus vers une affirmation de sa toute puissance sans réelle raison valable. Par jalousie envers la jeunesse de son invité ? Par peur de paraître faible aux yeux de sa femme ? Par pur plaisir de donner des ordres inutiles et d'humilier le jeune homme ? La deuxième raison se verra mise en valeur vers la fin du film, spoiler: quand la femme traite son mari d'assassin, de lâche, de faible et de jaloux
. La spoiler: noyade simulée du jeune homme
va donc être le révélateur des dissensions et du malaise régnant dans le couple.
Une hiérarchie va se créer entre le mari et le jeune homme, calquée sur celle des marins de métier, faisant échos à la différence de classe sociale évidente des protagonistes qui aura créé une tension durant tout le récit. Cet écart social sera confirmé par la bouche même du jeune home, spoiler: qui moquera le train de vie aisé du couple et dévoilera sa situation précaire
. Cependant, quand la femme lui répondra qu'elle et son mari viennent aussi du même monde de pauvreté et de difficultés, on comprendra que ce qui effrayait et attirait à la fois le mari, ce qui le rendait furieux plus que tout, c'était de voir dans ce jeune homme faible, manipulateur et sournois, l'image de son popre passé qu'il cherche à renier. Cet effet de double se trouvera renforcé quand le jeune homme spoiler: prendra littéralement la place du mari sur le bateau, enfilant son peignoir, restant seul avec sa femme pour finir par l'embrasser
.
Au final, spoiler: l'intrus ayant repris sa route, le couple retrouvera sa position du début. Mais cette fois ci le temps sera à la pluie, l'épouse affirmée et moqueuse, le mari perdu et maussade, et le cuple sur un bien mauvaise pente.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 février 2013
Après un début limite grossier, Polanski marque intelligemment le film avec, en quelque sorte, un petit huit-clos dans un paysage pas si paisible que cela. Les lacs de la Mazurie en Pologne n'offrent pas vraiment de repères, et avec trois personnages à bord d'un petit voilier, on sait très bien que le troisième gène, mais qui ? Le début, qui à la base m'embêtait un peu, livre ses secrets pour la suite de l'histoire. La situation qui semblait plus que banale au début, va en quelques minutes chavirer, et se retourner contre le couple, qui roulait sur une petite route de campagne, avec une fierté non égalée, va faire la rencontre d'un auto-stoppeur, qui va vite rendre l'atmosphère oppressante. Pourquoi l'homme a t-il accepté de prendre ce garçon ? Montrer son savoir-faire ? Sa force ultime ? Ecoeurer le jeune, jusqu'à l'humilier ? Donc, deux hommes à bord, et ces deux "compères" ont un point en commun : la vantardise. Car oui, le jeune de 20 ans veut prouver à ce grand gaillard qu'il est en mesure de le battre et de prouver qu'il peut séduire sa femme. Pas par la manière forte. L'homme se glorifie à n'importe quel moment, et va littéralement entrer dans une petite bulle, la "coquinerie discrète" comme je l'appelle. Mais la provocation ne renvoie que la stupidité des deux individus. Le couteau dans l'eau, titre résumant à merveille ce bon film, où le duel entre deux coqs affamés et une femme qui cherche tant bien que mal la douceur des lacs ne fera pas avancer les choses. Un duel d'une rare violence, où mentalement, aucun des deux a envie de baisser la garde.
Rien aux alentours, un silence atroce qui envoûte le spectateur. Polanski ne laisse rien au hasard. Il veut vous aspirer jusqu'à l'épuisement total.
Fabiencorvisard
Fabiencorvisard

9 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 20 mars 2026
Le dispositif est d’une simplicité redoutable : un couple bourgeois, un jeune auto-stoppeur, une sortie en voilier. Mais ce cadre minimaliste devient très vite un terrain d’affrontement, où l’enjeu n’est pas l’action elle-même mais la circulation du pouvoir. Les deux hommes se jaugent, se provoquent, se méprisent ; la femme, en apparence en retrait, devient peu à peu l’axe secret autour duquel tout personnages ne cherchent jamais à se rendre aimables, et leur jeu de domination finit parfois par tourner à l’exercice. On admire beaucoup, on s’implique un peu moins. C’est moins un film qui emporte qu’un film qui installe. Reste une œuvre singulière, sèche, élégante, déjà très maîtrisée, qui vaut autant pour elle-même que pour ce qu’elle annonce. Le Couteau dans l’eau, ce n’est pas encore le plein Polanski, mais c’est déjà une lame.
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