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Un visiteur
3,0
Publiée le 2 juillet 2011
Alex de la Iglesia y va à fond et assume. Avec pour toile de fond le franquisme débutant puis proche de la fin, Balade triste mêle allègrement univers du cirque, devoir filial et querelles amoureuses dans une outrance visuelle et narrative maîtrisée du début à la fin. Qu'on aime ou pas, on ne peut nier l'évidence d'un cinéma homogène et culotté. Improbable et délirant, Balada triste perpétue la tradition du Grand Guignol (décor de carton pâte, corps meurtris, sentiments exacerbés) tout en lorgnant vers Del Toro ou Fellini. Sorte de montagne russe grotesque, le film alterne moments de bravoure visuelle, surprises narratives et baisses de régime lénifiantes dès qu'il redevient "sérieux". On peut très bien ne pas être réceptif à cet univers excessif et reconnaître la réussite d'un film dont le "trop" assumé est la marque de fabrique. S'appuyant sur le double délire visuel du cirque et des années 70, Alex de la Iglesia nous balance un film coloré et baroque qui n'a peur de rien. Musique omniprésente mais parfaitement en phase, mise en scène frénétique, interprétation généreuse d'un casting parfait, destins tragi-comiques emmêlés dans la tragédie de la nation espagnole, donnent corps à un film qui déborde et puise sa force dans ses débordements. Quoi qu'on en pense, Balada triste c'est du cinéma. Et ça, c'est bien.
Le nouvel opus d'Alex de la Iglesia n'est pas un film comme les autres, on peut aimer ou détester, mais on ne peut rester indifférent c'est certain ! Objet cinématographique difficile à définir ou à inscrire dans un genre, pour faire simple on peut dire que c'est une sorte de romance gothique traitée comme une comédie d'horreur sur fond de film de guerre au faux air de conte (morbide)... Un méli-mélo sombre et bien torturé ! L'histoire de deux clowns amoureux d'une même femme dans un cirque, pendant la guerre civile espagnole. Le réalisateur nous propose un univers de dingue, métaphorique et totalement décomplexé. Au servie de cette ambiance singulière : une mise en scène prodigieuse, une BO parfaite, un casting impliqué... Très souvent à la limite du bon goût, parsemé de scènes grotesques, on peut être décontenancé par cette maîtrise du n'importe quoi, le film semble constamment sur un fil, prodigieux ou ridicule parfois on ne sait plus. Mais le signe de réussite est de voir naître de cet ensemble violent et déjanté une certaine poésie. Les deux acteurs principaux incarnent à la perfection ces deux clowns à la folie terrifiante, on les sent capables de tout. Gore, barré et quand même touchant parfois, le film réserve son lot de passages marquants et ne s'oublie pas de si tôt. Un essai fascinant !
"Balada Triste" prend les apparences d'une tragédie, souvent déroutante, qui évolue constamment dans une atmosphère inquiétante et instable. Les personnages excentriques prennent place dans un univers poisseux et solennel. Alex de la Iglesia soigne une esthétique très noire, sous fond de violence parfois brutale et de métaphores historiques. Guerre, cirque, clowns, folie, passion amoureuse; on jongle à travers les thèmes et les figures de style. Cependant la première lecture du film reste simple, ce qui confère toute la bonne surprise du film: il s'agit avant tout de l'histoire classique d'un triangle amoureux, avec des rebondissements toujours plus hauts qui n'ont pas le temps de nous ennuyer. Le rythme haché est intéressant, mais la tournure des évènements sombre dans une folie qui dégénère dans quelque chose de vraiment très spécial. http://cineglobe.canalblog.com/
Histoire d'amour tragique et violente sur fond de guerre civile, telle est l'histoire du nouveau film de Alex de la Iglesia qui n'hésite pas à aller dans l'excès comme il sait si bien le faire pour notre plus grand plaisir. On rit souvent mais on rit jaune face à cet affrontement mortel entre deux clowns par amour pour une femme qui réserve des moments surprenants d'une violence inouïe (avec notamment les scènes d'affrontement conjugales les plus violentes que j'ai vues). L'ensemble est jubilatoire d'une certaine manière, teinté de tristesse et bourré d'inventivité que ce soit dans le scénario (malgré une légère baisse de rythme sur la deuxième partie) ou dans la mise en scène avec une fin très poignante. Les acteurs sont tous excellents, Carlos Areces sombrant peu à peu dans la folie et la bestialité, Carolina Bang séduisante à souhait et Antonio de la Torre, terrifiant dès la première scène.
De la Igliesa est amoureux et cela se voit. Comme autrefois Von Sternberg avec Marlène , il utilise sa caméra pour magnifier l'objet de son désir. Autres temps, autres mœurs , l’écrin dans lequel est enveloppé la belle est beaucoup moins chatoyant et à plusieurs reprises Carolina Bang traitée comme un objet sexuel est malmenée jusqu’à l’extrême limite par ses deux amoureux. Sternberg fasciné par l’androgynie de Marlène en avait fait une femme fatale dominatrice et inaccessible. Rien de tout cela chez De La Iglesia dont les fantasmes sont clairement plus machistes. La relation triangulaire dévore tout le film au mépris de toute vaisemblance. C’est l'extravagance qui rend le film intrigant faute d’être toujours captivant. Compte tenu de l’œuvre passée de La Iglesia et du fait que l’action se passe dans un cirque on pensait que la filiation au « Freaks » de Tod Browning serait plus évidente. En réalité c’est plutôt dans « L’inconnu » film muet de 1929 du même Tod Browning avec Lon Chaney que La Iglesia puise son inspiration. L’amour fou non partagé et le désir d’en finir avec son rival constitue le thème majeur du film même si de La Iglesia en profite au passage pour épinglerl e passé franquiste de son pays natal. Les images sont sublimes et leur tonalité inhabituelle créent un choc visuel qui masque en partie une certaine vacuité du scénario. On pourra préfère le De La Igleisa acerbe et moquer du "Crime Farpait" ou de "Mes chers voisins".
Après un passage peu emballant vers un cinéma plus accessible, Alex de la Iglesia revient à un cinéma plus percutant avec cette oeuvre bordélique et maladroite mais surtout généreuse et malade, constamment sur le fil et passant en deux secondes du rire au tragique avec la même maestria, délire jusqu'au-boutiste d'une beauté fracassante comme on en voit rarement au cinéma.
Balada triste est un film qui fait davantage dans la répulsion que dans la séduction, l'imagerie du cirque, et donc du clown, est telle que pourrait la décrire un enfant qui se réveille d'un cauchemar en sursaut. Poisseux, narquois, imprévisible le film est un immense piège qui travaille la résistance, bien sur en premier lieu et de façon métaphorique celle du passé douloureux de l’Espagne, mais la résistance au sens général, celle des hommes face à la passion qui les embrase, à un désir irrépressible de réhabiliter une mémoire qui semble s'enfuir avec le temps. Emporté et sauvage, le film avance au gré des humeurs, des colères, des envies, il se laisse portée par sa propre fureur et se construit par poussée de fièvres interposées. Toutefois tout semble faire cohésion, se tenir dans une idée, qui bien que complètement marginale, ne souffre d'aucun écart, ou en fait s'édifie sur ses nombreux écarts et donc ne tombe jamais dans la banalité. Difficile à comprendre sans être plongé dans ce chaos sans nom. Peut être l'axe principal, celui par lequel on peut comprendre l'esprit du film, est celui de la monstruosité. Paradigme d'un film qui semble habité de toutes les folies, il montre qu'on peut tout à la fois lire l'évolution du personnage du clown triste comme une déchéance, ce qui semble logique, mais à y voir de plus clair, De la Iglesia ne ferme pas la porte à la lecture nietzschéenne du film, appelons ça comme ça, celle d'un assouvissement jusqu'au-boutiste de la passion où une décrépitude se transforme à un accomplissement titanesque d'une destinée acquise à coup de poignard. Balada triste a l'audace de délaisser son scénario plutôt simple aux instincts meurtrier de ses personnages, privilégier la démesure quitte à repousser, à choquer. Chacun se fera son avis, mais le film est pour moi une grande et belle surprise en 2011, un travail somptueux, inhumain ou trop humain (?), écorché, noir jusque dans son humour assassin où l'humour côtoie la mort. Une dualité symbolisée par le duel de clowns et qui finit par une scène à tomber par terre, juste un regard, comme dans un miroir brisé, monstrueux, dans tous les sens du terme.
Derrière son aspect visuel gothique et son ton cynique, "Balada triste de trompeta" (allez donc savoir pourquoi les distributeurs français ont raccourci le titre) est en fin de compte un film très classique sur le fond : deux hommes sont amoureux de la même femme et sont prêts à tout pour elle, quitte à la blesser. C'est une pure tragédie, mais également une comédie à l'humour noir très prononcé et au gore assumé, le tout avec une énergie à toute épreuve. Les décors, la photographie, les maquillages, le jeu des acteurs... sont de grande qualité. Le film souffre cependant d'une sévère chute de régime au milieu du film, après une première partie haletante de niveau bien plus élevé, malgré un final tragi-comique très réussi. Alex de la Iglesia veut peut être en faire trop, et même si sa mise en scène est plutôt efficace (quelques scènes d'action, cependant, auraient gagné à être plus claires), sa "Balada triste" est foncièrement maladroite. Mais, comme souvent, les films maladroits qui respirent la passion du cinéma sont d'une valeur bien plus importante que des films à la technique parfaite mais sans âme. "Balada triste" est donc un très bon film, quoiqu'en disent les rabats-joie.
Humour noir pour triste blanc, certes, mais pas tant que ça. Après un départ en trombe, à coup de clowns guerilleros, la Ballada Triste vire, étonnement vers le mélodrame Shakesparien, pour un résultat moins grandiose qu'on l'aurait cru de prime abord. Quoique le film aligne les trouvailles visuelle et scénaristiques jusqu'à un final doublement vertigineux, il n'en demeure pas moins incompressible-ment binaire, comme cette dialectique entre le clown triste et le clown burlesque, l'amour charnel et l'amour idyllique.
Tu parles d'un cirque ! Certes, oui, l'expression est bien faible devant le spectacle proposé par Alex de la Iglesia dans Balada triste (de la trompeta, selon le titre en VO, et cela a son importance). Le film, d'un nihilisme intégral, est un cocktail de genres cinématographiques passés au robot mixeur ! De l'horreur, de la comédie noire, du suspense, du gore, du western, du politique, de la tragédie, de la comédie romantique, enfin, bref, tout ce qui peut exister est recyclé et broyé dans un scénario qui a des allures de machine infernale et inarrêtable. Ames sensibles s'abstenir, allergiques aux giclées de sang, aussi, esprits cartésiens, pareil. Avec son arrière-plan franquiste, qui lui donne des allures de métaphore, le film est le théâtre de toutes les outrances et de tous les excès, dans un univers baroque et barré qui rappelle aussi bien Fellini, qu'Hitchcock et, surtout, Frankenstein. Evidemment, devant un truc aussi hénaurme, ça passe, ça casse ou ça lasse. On est tellement souvent dans le n'importe quoi, que les deux dernières options tiennent la corde. Mais, à bien y réfléchir, une telle rage de filmer, et avec quelle maestria, peut aussi faire pencher la balance de l'autre côté, parce que l'aspect jubilatoire de la chose existe bel et bien (pas pour tous les publics, c'est entendu). Contrairement à ce que clame sa campagne de promotion, Balada triste n'est certainement pas le film espagnol le plus original de la décennie, mais plutôt le plus frappadingue et "grotesque" de l'année, et ce, haut la main, et tous pays confondus.
Un film surprenant par la tournure d'un scénario complétement barré mais dont les différentes couches de lecture surprendront les plus sceptiques, le magnétisme des acteurs, la beauté froide de la mise en scène qui retranscrit à merveille une Espagne rongée par la guerre. Balada Triste est une œuvre inclassable qui deviendra surement culte d'ici quelques années, le temps de la laisser mûrir.
La construction du film est plutôt particulière on passe dans un premier temps par l'époque frankiste et sa dictature.De la on commence a comprendre la déstructuration du personnage qui se perd dans l'inconscient de son père.Puis ce dernier tue son Clown de fils devient un own triste en proie a ses propres folies.Et la intervient la deuxième partie qui va véritablement faire basculer le film et ses personnages dans une folie meurtrière.Ce dégage alors un mélodrame a trois cordes ou les personnages se défigurent de mutilent s'aiment et se détestent tout cela sur fond de folie profonde.En tant que cinéphile je n'avais jamais vu un tel film avec une véritable descente des personnages et une interprétation de la folie portée a son Paroxysme.C'est fort, violent et sanguignolant, un pur bijoux de cinéma....
Álex de la Iglesia est décidément un bargo, pour inventer un film pareil faut soit être un bargo soit être un génie et Álex de la Iglesia est un parfait mélange des deux, nous sommes face à un pur ovni, un concentré de folie à l’état sauvage, l'expression "fou d'amour" prend tout son sens dans ce film, le casting est incroyable, les décors et les costumes sont splendides, la musique est sublime, la réalisation et la mise en scène sont admirables et le scénario est époustouflant, un film foutrement jouissif et affreusement barré.