Réalisation archi-classique d'un film au scénario sans surprise sur un thème sans grande originalité (l'innocent condamné). Et pourtant, on sort de ce film totalement ému et retourné non seulement par l'injustice qui nous est contée mais aussi par l'extraordinaire et sobre composition de Torreton. Cet acteur réalise ici une performance comme on n'en voit que très rarement au cinéma et qui mérite les plus grands éloges. La réalisation, en plans serrés, la caméra très mobile, l'absence de musique tragique conduisent le spectateur à se projeter ou à s'identifier peu à peu à ce malheureux Monsieur Tout-le-monde pris dans l'engrenage infernal de la justice justement mise en cause à l'occasion de l'affaire d'Outreau. Que ce juge d'instruction et toute sa hiérarchie continuent à sévir nous scandalise fortement, mais là, c'est vrai, on ne parle plus du film...
Sortie à la même période que "Omar m'a tuer", une nouvelle erreur judiciaire transposée à l'écran avec honnêteté et tout ce qu'il faut de pudeur. Filmé sans fioritures et collant le plus près possible aux faits, le film a le mérite de s'attarder sur le calvaire d'un suspect en particulier, évitant une multitude de points de vue qui auraient compliqué inutilement l'intrigue. Une dénonciation en règle d'une justice aux failles gigantesques à la limite du surréalisme et du n'importe quoi, qui fait franchement froid dans le dos. Dans le rôle principal, Philippe Torreton est une fois de plus impeccable.
Ma meilleure surprise est que Torreton, pour une fois, ne joue pas comme un théâtreux... Ensuite, l'histoire, on la connaît. C'est bien fait, et plaisant. Mais quand on connaît déjà l'histoire, forcément, on ne tombe pas sur le cul...
Bien sûr, quand il se passe quelque chose de pas ordinaire, il se trouve toujours un petit malin pour exploiter le filon. Ici, il s'agit des évènements d' Outreau, petit village du boulonnais, qui se serait bien passé de la publicité de "l'affaire" du même nom : l'Erreur ou plutôt les Erreurs judiciaires. Quant au petit malin, il s'agit de Vincent Garenq, réalisateur scénariste, qui a jusqu'alors porté trois films à l'écran. Que l'on ne s'y trompe pas pourtant : ce film ne reconstitue pas le procès lui-même, mais celui de l'un des suspects, avec le plus de vérité possible, bien que le réalisateur se soit vu interdire d'utiliser les lieux où s'est réellement produit ce drame. Il faut rendre hommage à Philippe Torreton qui entre autres sacrifices, a perdu 27 kg pour rendre crédible la scène où il joue la grève de la faim qu'avait faite le réel accusé. Quelle conscience professionnelle ! Trop peut-être ? Ce film ne m'a en définitive guère passionné. Le film n'a pas suscité un raz de marrée de spectateurs puisqu'ils ne sont que 400 000 à avoir été le voir en salles... willycopresto
Magistralement porté par philippe Torreton, totalement investi dans le rôle de cet huissier broyé par une machine judiciaire devenue folle, ce film factuel, aussi dur et difficilement supportable soit-il, montre à quel point cette affaire a pu briser la vie de plusieurs hommes et femmes, nous obligeant à nous poser un certain nombre de questions sur la justice, la police et la parole des enfants. Un film témoignage, nécessaire et bouleversant !
Inspiré d'une histoire vrai et adapté du livre d'Alain Marécaux, Chronique de mon Erreur judiciaire, paru en mai 2005, Présumé Coupable est un film poignant ! L'histoire est intéressante, le scénario n'est pas mal et la mise en scène est crédible, les acteurs le sont aussi (surtout Philippe Torreton). Pour ce qui est du personnage Alain Marécaux, il m'a beaucoup touché ! En regardant ce film en cours d'éducation civique et juridique, j'ai ressenti beaucoup de tristesse avec la tournure que prennent les choses qui est hyper dramatique : spoiler: le présumé coupable qui n'a rien fait, fait plusieurs tentatives de suicides, fait une grève de la faim, sa mère meurt, sa femme le quitte, il ne voit pas ses enfants ect ... Sachant que ça s'est réellement passé, j'ai ressenti également beaucoup de colère et d'incompréhension envers la justice spoiler: qui a fait une grave erreur . Bon, c'est quand même très bien de nous faire ressentir autant de choses. De plus l'ambiance de ce film est assez... comment dire... choquante ? triste ? pesante ? les trois en même temps ? En tout cas l'émotion passe bien !
Bouleversant . Le jeu des acteurs est impressionant ... On peut difficilement parler de film tellement on se croirait ds la réalité ,...( de la justice française !)
Un des meilleurs films français que j'ai pu voir. Un film effrayant surtout quand on sait que tout est vrai. Phillipe Toretton livre une performance époustouflante il aurait mérité une pluie de récompense... Un grand film français à voir
Trés bon film de cette rentrée de septembre. Un scénario trés bien maîtrisé pour un sujet tabou et révoltant. La justice est montrée sous son plus mauvais jour avec des juges obtus et sans aucunes réflexion et remise en cause des faits. Un grand bravo pour Philippe Torreton qui nous donne une trés belle interprétation de ce personnage qui subit toute la cruauté et la bêtise humaine. Magistrale !!!!
certainement un film qui va devenir culte s'il ne l'est deja pas à voir pour la descente au enfer reel d'un huissier de justice acuse a tord et broyer par des personnes reprentant la justice francaise et n'ont etait capable que de briser des vie cela fait peur ...
Deuxième long-métrage de Vincent Garenq, "Présumé Coupable" est le premier film à s'intéresser à l'affaire d'Outreau. Pas toute l'affaire mais plutôt le prisme d'Alain Marécaux, un des treize acquittés de ce grand scandale judiciaire. Le risque était certain mais le cinéaste a su s'attaquer à cette affaire par le meilleur des aspect : l'humain. "Présumé Coupable" possède en effet un côté kafkaïen et montre le basculement d'un homme soudainement accusé, puis son broyage par la machine judiciaire. performance impressionnante de Philippe Torreton, notamment physique puisqu'il a perdu des dizaines de kilos pour le rôle. Nous n'avons peut-être pas affaire à une grande oeuvre cinématographique sur la justice mais à un long-métrage sincère, prenant et pertinent sur bien des points.
LA MEPRISE. Le juge est l'assassin. Sexe, mensonges et vérité. Quand une vie se détruit sur un acharnement. Un naufrage judiciaire pour un récit touchant. Dupond Moretti a aimé.
Le concept de présomption d'innocence implique que toute personne est réputée innocente tant que sa culpabilité n'a pas été légalement établie. Ça c'est la théorie. Le film « Présumé coupable » retrace l'histoire d'un homme arrêté avec sa femme et plusieurs autres personnes, pour des actes de pédophilies qu'ils auraient commis. C'est l'affaire d'Outreau, vue par Alain Marécaux, auteur du livre qui a servi de base au film. Cet homme sera broyé par la machine judiciaire, représentée par un juge d'instruction inexpérimenté, suffisant et glacial, épaulé par des magistrats sans discernement. Une des plus importantes erreurs judiciaires de notre époque écrasera sa vie et de celle de ses proches. Quand vous êtes présumé coupable, tout est bon pour vous enfoncer. Même les gestes de tendresse appuyés avec vos enfants seront utilisés par des policiers en mal de résultats. La mise en scène de Vincent Garenq est très réaliste sans tomber dans le documentaire qui éloignerait le spectateur du sujet. Philippe Torreton qui interprète Alain Marécaux est présent dans toutes les scènes et réussit à nous transmettre cette vision poignante d'un homme seul et de son vécu. L'atmosphère intense et les couleurs glauques marquent la descente aux enfers de cet huissier de justice présumé pédophile et homosexuel, incarcéré plusieurs années. Pas vraiment une carte de visite à distribuer en milieu carcéral. L'accusation basée sur un mélange de stupidité humaine, de manipulation maternelle et de mythomanie enfantine achèvera de nous mettre mal à l'aise. Un film choc sans musique qui pousse le spectateur à rechercher l'émotion bien plus loin. L'histoire serait sortie de l'imagination d'un scénariste, le public aurait pu avoir des doutes. Mais la réalité dépasse parfois la fiction. Dans Outreau, il y a "trop" et surtout "outrance" et "outrage". Comme un mot prédestiné.