2669 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
378 critiques spectateurs
5
43 critiques
4
117 critiques
3
106 critiques
2
66 critiques
1
32 critiques
0
14 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Un visiteur
4,0
Publiée le 9 avril 2011
Winter's bone est un film coup de coeur. Assez compliqué à écrire sans dévoiler la trame principale de l'histoire.
L'actrice principale joue admirablement bien, on est prit aux tripes dans ces excursions, on a peur pour cette fille de 17 ans qui part à la recherche de son père avant que la police ne saisisse sa maison (qui est la caution de son père).
Les décors sont très beaux et nous plonge dans cet univers dès les premières secondes.
Bon malheureusement, on s'ennuie un peu au début. Mais on fait un effort car l'histoire le mérite bien.
C’est un monde terrifiant de lutte et de sauvegarde continuelle que Debra Granik dépeint dans lequel il n’est pas envisageable de demander quoi que ce soit, encore moins de quémander la moindre aumône. Ree doit faire face seule, armée de sa volonté intrépide et encore naïve à préserver les siens et leurs misérables acquis, plongée malgré elle au cœur d’une histoire dont les ramifications la dépassent autant qu’elles déterminent son avenir. D’abord de portée sociologique dans la description minutieuse d’un milieu oublié du cinéma en général, le film s’oriente peu à peu vers un conte à la limite du fantastique, peuplé de silhouettes patibulaires et effrayantes. Si ‘bone’ signifie ‘os’, on serait en effet tentés de penser que la cinéaste creuse jusqu’à l’os les tourments de ses personnages, détruits tant par l’absorption de drogues que par l’insalubrité de leurs conditions de vie, se transformant en monstres que la folie vengeresse et meurtrière paraît frôler sans cesse. Ce qui conduit à des scènes hallucinatoires comme celles du marché aux bestiaux et de la grange, dans lesquelles s’expriment la démence et la brutalité d’un monde sans foi ni loi, ou plutôt possédant ses propres règlements, où aucune indulgence n’est acceptable, si ce n’est dans l’objectif d’éviter des ennuis et de préserver un espace de liberté chèrement défendu ou monnayé. La mise en scène inspirée est à l’aune du sujet, en sachant tirer le meilleur parti des décors naturels, à la fois hostiles et protecteurs. Elle crée aussi des atmosphères crépusculaires, distillant une angoisse ténue, uniquement réchauffées par les lumières d’un vieux pub. Cette manière de vivre en marge pour ces parias d’une société refusant de les voir, terrés et clandestins, parce qu’elle est à la fois le fruit de la honte et de l’incapacité matérielle à pouvoir agir autrement, elle ne nous est malheureusement pas inconnue, même si on l’a très peu mise en avant au cinéma. Que Ree ressemble en effet à la Rosetta des Dardenne, c’est indéniable ; cependant le cinéma des frères belges n’a pas grand rapport avec celui de Debra Granik. En ce sens, le respect de la linéarité, sans recherche d’ellipse ou d’épure, et la psychologie des personnages impriment à son travail un aspect plus classique ou balisé. Mais la force même de ce qui nous est montré, mélange de réalisme et de fantastique magique qui contribue à le diffracter, suffit largement à nous emporter dans le désespoir et la noirceur des déshérités de la terre. Un voyage éprouvant mais nécessaire.
Un bon petit film, d’une ampleur limitée mais vigoureusement mené. Son principal intérêt consiste à prendre le contrepied des films de voyous classiques et à filmer l’envers du décor, les seconds couteaux, les personnages qu’on ne voit jamais : la femme et les enfants du truand en cavale, ses amis, son frère… ceux qui subissent les conséquences. Description sans concession de l’Amérique des profondeurs portée par l’interprétation toute en fierté et en énergie rentrée de Jennifer Lawrence, sorte de Rosetta version Missouri, "Winter’s Bone" fait partie de ces jolis fruits que le cinéma indépendant américain nous offre régulièrement.
Melleur scénario ? Pourquoi ? On comprend dès les premières minutes ce qu'est devenu son père. Donc l'héroine parle à des gens faisant semblant de ne pas savoir pendant un peu plus d'une heure et demie... Des personages inquiétants et "authentiques", deux-trois scènes un peu trash : 2 étoiles.
Une plongée au cœur de l'Amérique profonde, une intrigue simple mais tellement forte. Et cela grâce à deux vecteurs : une héroïne parfaitement caractérisée et superbement interprétée; et des paysages rudes, partis inhérentes de l'histoire. A voir dans un bon jour parce que c'est très glauque quand même ! Petit bémol : une fin particulièrement dure, le scénariste tire un peu sur la corde !
Très bon film mais attention ne pas aller le voir avec le moral bas a l'entrée de la salle sinon il vous flingue, film avec une ambiance d'une tristesse (pas un ciel bleu du film) ...
Etonnant que ce film d'une violence sombre et tourmenté par la nature soit l'oeuvre d'une jeune "débutante". C'est maîtrisé de bout en bout, on croit aux personnages dès la première image alors qu'ils n'ont rien de conventionnel, et le final est stupéfiant sans être tape-à-l'oeil. La réalité montrée par ce film est incroyablement pessimiste (on pense à Faulkner), et pourtant on y croit. Premier film très prometteur. On attend le suivant avec impatience, en espérant qu'il sera encore meilleur.
Une ambiance sombre, des décors tout aussi glauque et des acteurs incroyables qui jouent des personnages aussi rudes et ravagés que la terre sur laquelle ils vivent. Une sorte de western des temps moderne, dans l'amérique profonde, dommage que le tout soit rithmé en dent de scie, on pense des moments de tension extrème à des moments un peu longuet. Interessant donc mais aurait pu être mieux.
Ce drame teinté de polar et de western (tout ce que j'aime!!) baigne dans une ambiance forte, sombre et envoutante. Les personnages sont à l'image des paysages : burinés, tristes, inquiétants, menaçants... Rarement l'atmosphère d'un film m'avait autant happé et transporté. Félicitons les acteurs, plus vrai que nature (John Hawkes que je ne connaissais pas est notamment d'une intensité exceptionnelle), et la réalisatrice, à suivre de très près. Peu d'action finalement dans ce "Winter's Bone" mais une tension permanente. Que c'est bon !
je ne veux pas être trop méchant avec ce film, l'intention me semble assez louable et les comédiens convaincants ..mais honnêtement, en toute franchise, à tout ceux qui ont mis 5 étoiles, pourriez vous jurer que vous n'avez pas baillé au moins une fois dans le film ..moi j'ai baillé 15 fois ..préparez vos oreillers ;-)
Voyage au centre de la terre d'amérique. Le film vaut pour cette ambiance réalisto-poético-fantastique qui nous propose de suivre le périple d'une jeune fille, Ree (Jenifer Lawrence touchante) à la recherche de son père. S'en suivra tout un tas de rencontres qui permettra de cerner la vie des abandonnés de l'amérique, ou les liens familiaux et la transmission sont vitals et le silence la seule loi. Convaincant malgré quelques effets surlignés
Debra Granik nous offre un voyage immersif, âpre et documenté sur une Amérique profonde qu’il nous déjà été donné de voir avec des films tels que Godspeed ou Shotgun Stories. A travers cette histoire de « recherche » du père, Granik se sert de la forme et de l’arche principale de sa narration pour encrer son récit dans l’univers familial, dur et rural dans le Missouri. Son héroïne, Jennifer Lawrence sublime et parfaite de jeu, porte sur ses épaules le poids constant du cercle familial, devant tenir la tête haute et grandir au plus vite afin de remplacer le père qu’elle recherche. Par une mise en scène sèche et lente, Granik réussit à nous faire ressentir et nous immerger dans la dureté de ce monde rural où les femmes enfin sont l’égale de l’homme dans ce combat de tous les jours, où les codes comportementaux et la loi ne font plus figure. Plaisir immense de voir cette héroïne forte, cette naissance d’une femme dans un monde strict où les sentiments et la famille sont les forces du personnage interprété par Jennifer Lawrence. Sublime de finesse cinématographique.