Winter's Bone
Note moyenne
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378 critiques spectateurs

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Christoblog

924 abonnés 1 806 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 mars 2011
Ree Dolly vit avec sa mère folle, son petit frère et sa petite soeur au sud du Missouri. Elle s'occupe de tout, mais les temps sont durs et l'argent manque. Le cheval est cédé aux voisins, il faut manger des écureuils. Son père, fabricant de drogue, vient d'être libéré de prison moyennant une grosse somme. Il a intégré sa maison dans la caution et s'il ne se présente pas à une certaine date, la maison sera saisie.

Pour Ree, une seule solution : trouver son père.

Commence alors un parcours difficile pour la jeune fille dans son propre village, pour comprendre ce qu'a fait son père et ce qu'il est devenu, pour tenter d'approcher la vérité. Elle va rencontrer la peur, la violence, la pauvreté, l'indifférence, la compassion, l'horreur.

Winter's bone porte en son sein une sorte de perfection apaisée. Tout y est parfaitement mesuré, idéalement décidé, magnifiquement réalisé.

Rarement une mise en scène m'a paru aussi fluide, aussi élégante, aussi sereinement sûre d'elle. La caméra oscille, tangue légèrement, s'approche des visages ou des mains, les caresse, puis s'éloigne dans un plan large brillamment composé. Le montage est exigeant, parfait.

Le décors et les tronches des habitants évoquent irrésistiblement le contexte de Délivrance, le film de Boorman, banjo compris : il est vraiment rare de voir cette Amérique profonde au cinéma. Le film tire un profit maximal d'un décors étonnant. Une nature à la fois sauvage, superficiellement apprivoisée, et en même temps, quelconque dans sa tristesse hivernale. De ce décors expressif, troussé de caravanes à junkie, de fermes en friche et de décharges domestiques, sourd une atmosphère particulièrement anxiogène.

Tout cela ferait un excellent documentaire, si l'intrigue n'était pas elle-même subtile et déroutante, se dévoilant provisoirement dans sa limpidité et son horreur, approfondissant les relations entre les êtres en même temps qu'elle explore les personnalités.

Enfin, que dire de la prestation époustouflante de la jeune actrice Jennifer Lawrence, littéralement bluffante et présente à l'écran de façon quasi continue du premier au dernier plan, sorte d'îlot de volonté pure (qui ne craquera que deux fois), à la fois solide et tendre.

Le film égrène sa musique sensuelle, triste, intelligente, bouleversante, assez proche de celle distillée par les héroïnes fragiles et puissantes à la fois qu'Andrea Arnold (Red road, Fish tank) nous montre dans d'autres milieux, urbains ceux-ci, mais tout aussi pauvres et violents. Au cours de ce voyage quasi-immobile se succèdent des scènes d'anthologie qui chacune mériterait une analyse détaillée : un concert improvisé, un rêve en noir et blanc, un recrutement de l'armée américaine, une visite à la ville, une poursuite dans un hangar à bestiaux. Et LA scène, bien sûr....

Quel est le meilleur film de ce début d'année ?

Difficile de comparer la perfection subtile de Winter's bone au tourbillon plein de maestria de Black swan, mais des deux je crois que ma préférence va tout de même au premier. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
Fbienne D
Fbienne D

16 abonnés 95 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 mars 2011
Un très beau film poignant où la ténacité, le courage et la grâce d'une gamine désespérée finit par vaincre la sauvagerie et la violence. On est plus près des frères Dardenne que du cinéma d'action américain : un réalisme sobre donne une vraie intensité aussi bien aux scènes de tendresse qu'aux épisodes de brutalité. La beauté sauvage du cadre du film accompagne et souligne le côté frustre et un peu animal des comportements.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 mars 2011
Un très bon film sur l'Amérique profonde, montrée dans toute sa misère matérielle et toute sa détresse morale. L'ambiance est angoissante et le sujet grave, mais le film n'en devient pas larmoyant pour autant. Pour ceux qui veulent voir un autre visage de l'Amérique, très très loin du glamour et des lumières d'Hollywood !
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 13 mars 2011
Je devais être blasée ou je ne sais quoi car malgré les bonnes critiques de ce film je l'ai trouvé sans intérêt et même ennuyeux. J'ai trouvé les personnages très "atteints", on n'a pas envie de regarder la description d'un tel milieu pour se détendre.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 13 mars 2011
another side of USA! la pauvreté, les difficultés de la population pauvre des USA: le film retrace le quotidien d'une famille explosée: avec des longeurs, mais interessant.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 mars 2011
On est d'abord séduit par la rugosité et l'intensité de ce portrait de (jeune) femme. Le personnage existe immédiatement, dans sa force et son innocence (en partie grâce à l'actrice, vraiment excellente). Quant au cadre, il est posé avec réalisme : c'est l'Amérique des exclus, ici traités sans condescendance, mais sans idéalisme non plus. On peut certes reprocher au film de se disperser légèrement avec un trop grand nombre de personnages secondaires (seuls la jeune fille et l'oncle sont vraiment traités), mais c'est le choix d'une narration en forme d'épopée intime : la quête d'une jeune fille dans les arcanes familiales et sa force rédemptrice. Intense.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 mars 2011
La misère sociale de certaines zones rurales américaines est bien représentée.. ON peut déplorer un manque de profondeur des acteurs principaux et une trame un peu trop linéaire
lhomme-grenouille

3 626 abonnés 3 170 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 12 mars 2011
Connaissez-vous le festival de Sundance ? C'est un festival américain très sélectif puisqu'il ne récompense que les films qui parlent de froid, de faim, de drogue, de mort, d'abandon de désespoir et de misère. Autant dire que c'est un sacré exercice de style auquel s'est livré ce "Winter's Bone" puisque c'est lui qui a remporté le dernier trophée, et avec la manière madame, puisqu'il arrive presque à faire passer le lauréat précédent pour un feel good movie. Plaisanteries mises à part, vous l'aurez compris, "Winter’s bone" n'est vraiment pas ma tasse de thé. J’ai d’ailleurs du mal à comprendre qu’on puisse prétendre prendre du plaisir à regarder un film qui se complait si ostensiblement dans le misérabilisme le plus outrancier. Parce qu'en effet, à par montrer une pauvre jeune fille qui déguste pendant une heure et demie, le film n'a rien à proposer. S'en est presque malsain. Alors autant le dire tout de suite, si vous n’êtes pas un petit bourgeois qui a besoin d’explorer de temps en temps cet univers fantastique qu'est celui de la misère, vous n'aurez pas grand-chose à vous mettre sous la dent si ce n'est quelques jolis plans, une belle photographie et une galerie de gueules cassées qui valent le détour. Pour le reste, il faut passer son chemin. C'est navrant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 mars 2011
La fille est jolie, - d'autant plus jolie qu'elle est entourée de belles gueules cassées comme on en voit pas assez au cinéma. l'ambiance est sympathique, l'histoire est assez dense et en définitive, j'ai trouvé toute cette petite famille de barbus dégénérés bien attachante. Aucun pathos (ou très très peu) et ça c'est brillant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 mars 2011
Winter's Bone: un véritable petit bijou glacial. Trois points fantastiques: l'image (shot on red photo étalonnage), l'actrice principale (fantastique et émouvante, créant une empathie très forte vis à vis de son personnage) et le scénario (le bouquin de base doit être génial). Ah, et petite mention aussi au silence du film, peu de musique, des dialogues parfaitement ciselés...
En gros... un film froid, mais dans l'excellent sens du terme.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 11 mars 2011
Un peu déçu par ce film qui a reçu le grand prix à Sundance en 2010, et qui s'inscrit dans la tradition du cinéma indépendant US de ces dernières années ! Une ambiance lente, un cadre un peu déprimant, des personnages à qui la vie ne fait pas de cadeaux, en l'occurrence une adolescente de 17 ans dont le père est en prison, et qui doit s'occuper seule de son petit frère et sa petite soeur, sa mère étant dépressive et inapte à les assumer ! Mais sa vie va vraiment devenir un enfer le jour où elle devra retrouver son père qui a hypothéqué leur maison en échange de sa liberté ! Avec une histoire pareille, il n'est pas compliqué de comprendre que l'on ne va pas voir un film joyeux, mais rien ne nous prépare à une ambiance aussi glauque, voir malsaine, avec ses personnages dégénérés dont on pourrait penser qu'ils sont issus d'unions consanguines ! L'amérique profonde a droit à un portrait peu flatteur, et le climat pourrait tout à fait être adapté à un film d'horreur du type "Massacre à la tronçonneuse" ! Le problème est que l'on a du mal à s'attacher au personnage de la jeune fille, qui n'est jamais vraiment touchante, hormis dans les scènes où elle se démène pour son frère et sa soeur ! La critique n'arrête pas d'encenser la jeune Jennifer Lawrence, mais je ne l'ai personnellement pas trouvée fabuleuse ! Elle est certes assez juste, mais elle ne fait pas passer suffisamment d'émotions pour marquer durablement l'esprit du spectateur ! Le film est bien réalisé et plutôt sobre par rapport à la misère qu'il nous montre, mais on ne peut pas dire que l'on y prenne un réel plaisir, et que l'on aura envi de le revoir ! Une curiosité en quelque sorte !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 mars 2011
Un beau film levant une petite part d’ombre sur l’extrême misère aux Etats-Unis vécue par des rebuts, des rejetés de la société américaine supportant leur malheur pour beaucoup d’entre eux dans la drogue. Et malgré leur grande dérive ils s’entourent d’un code de sauvegarde farouchement défendu par les femmes et fatal pour celui qui le trahit. La jeune actrice, excellente dans son rôle de jeune maîtresse de maison, est en quête de retrouver son père dans cette jungle humaine dure et inflexible et en parvenant à obtenir sa main par le jeu de l’alliance symbolique, elle reçoit enfin la douce reconnaissance de l’amour de son père.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 11 mars 2011
J'attendais beaucoup mieux au vu des critiques, l'histoire avait du potentiel mais finalement elle est trop peu développé, pendant tout le film on s'attend à ce qu'il se passe quelque chose, qu'elle perde sa maison,qu'un enfant soit malade ou pire qu'un proche meurt,au final il ne se passe quasi rien,le film souffre de longueurs, la musique country de campagnard est pas top.

Alors oui la fille qui se bat pour retrouver son pere et garder son logement pour ses freres,c'est mignon mais si ça se résume à ça, désolé ya rien de poignant dans ce scénario,pas de quoi frissonner, déçu.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 septembre 2012
14 / 20 Ce mystérieux «  Winter's bone » que je suis allé voir en VO dans un cinéma d'art et d'essai . Je voulais le voir depuis quelques mois , je m'attendais à un puissant chef d'œuvre et finalement je ressors de cette séance très déçu . Attention , ce film est bien loin d'être mauvais , l'ambiance assez «  Glauque » est très plaisante , la jeune adolescente est poignante , les acteurs sont parfaits , la photographie est très convaincante , la mise en scène est correct mais vraiment rien de réellement saisissant , les dialogues sont parfois inutiles et trop plats , un thriller sombre , psychologique qui enchaîne dans la simplicité . Avec une qualification aussi forte «  Winter's bone » n'offre aucune surprise , il reste bien regardable , bien accrocheur … à mes yeux l'émotion est trop absente , seul l'esprit de la jeune femme est troublant . La bande son est également décevante .. rien à retenir . C'est un long-métrage que je juge pas mal du tout , on passe un bon moment mais ça s'arrête la , rien d'extraordinaire , de bouleversant … en revanche je trouve la dernière partie plus captivante et plus efficace mais dans l'ensemble , les longueurs sont plutôt désagréables . Réalisation subtile car le film est à voir au moins une fois , je l'ai vu , j'en suis ravi mais dire que c'est un chef d'œuvre , étant honnête je ne peux pas . C'est un bon petit film , qui nage dans une atmosphère poétique tout en restant soucieux . L'intrigue est intelligente mais c'est pas un drame fabuleux , j'ai juste bien aimé . Le côté malsain est très dur … le film s'enfonce vite dans une Amérique très profonde ( sur les décors , les dialogues .. ) Je trouve ça très original . Jennifer lawrence , talentueuse , étincelante , j'ai adoré sa justesse , elle est faite pour ce rôle , très cohérente , très attachante , adorable sur toutes les scènes , bouleversante sur d'autres scènes... une excellente performance ! Les deux jeunes acteurs sont très crédibles et le reste du casting est satisfaisant . Mais le film vaut vraiment le détour surtout pour la prestation stupéfiante de l'héroïne Et aussi la transformation incroyable de garret Dilahunt depuis " la dernière maison sur la gauche .Un bon film , avec des qualités ET des défauts . Intéressant , visuellement appréciable mais je suis pas pleinement convaincu . «  Winter's bone » reste un drame / thriller angoissant et astucieux , noir et parfois dérangeant . Pour adultes & adolescents . Pour terminé , je pense que le film mérite un plus gros Avertissement . Je regrette tout de même pas de l'avoir vu en salle .
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 1 avril 2011
Second film de la réalisatrice Américaine Debra GRANIK et adaptation d’un roman de Daniel WOODRELL, Winter’s Bone s’impose comme un véritable choc cinématographique qui étourdit par sa violence et sa maîtrise totale de la narration.

Avec stupeur, nous découvrons avant tout un espace, la forêt des Ozarks dans le Missouri, d’où l’auteur du livre est originaire. Nous voilà immergés dans un monde à part, une Amérique profonde, presque laissée pour compte, où la population, essentiellement rurale et défavorisée, vit isolée à l’ombre des grands arbres d’un immense plateau accidenté. Tous semblent liés par les liens du sang et la méthamphétamine y fait des ravages. C’est d’ailleurs à cause de ce trafic que Jessup, le père de l’héroïne, a séjourné en prison. A peine sorti, il disparait, laissant à sa fille Ree la lourde responsabilité de cette famille dévastée : deux jeunes enfants et une mère mutique, dans un état presque végétatif. Plus grave encore, Ree apprend que son père s’est servi de la maison familiale comme caution pour être libéré et que celle-ci leur sera confisquée si Jessup ne se rend pas à sa prochaine convocation au tribunal. La jeune fille de 17 ans n’a alors pas d’autre choix que de se lancer à la recherche de son père, quête dans laquelle elle se heurtera aux non-dits et à l’hostilité.
La cinéaste se révèle une conteuse exceptionnelle, elle nous emmène au plus près de Ree et de son environnement, nous sommes nous aussi enfermés, prisonniers des arbres et des tourments qui l’accablent. Perçu comme un « drame néo-réaliste » par sa réalisatrice, Winter’s Bone frappe par sa perspective documentaire. Nourri de nombreuses recherches et tourné en décors réels, le film a aussi impliqué les habitants de la région en tant que figurants ou acteurs. Cela participe considérablement au réalisme et à l’étrangeté qui se dégage du film. Le casting nous offre une véritable palette de personnages, principaux ou secondaires, aucun n’est laissé au hasard. Ces visages marqués, fermés et parfois même bienveillants sont troublants de naturel et rendent insoupçonnable l’effort d’un jeu d’acteur. Jennifer LAWRENCE interprète brillamment Ree, elle porte en elle la douceur et la force du personnage confronté à la loi du silence et à l’imminence de la mort. D’un naturel direct et spontané, Ree fait face à un silence de plomb, à de sinistres fausses pistes mais aussi à la brutalité d’êtres désireux de faire leur propre loi. En effet, la violence et la mort planent tout au long du film et menacent de surgir à tout instant. Ainsi, quand Ree demande de l’aide à son oncle, Teardrop (John HAWKS), les gros plans s’enchainent, beaux et rudes à la fois, avant que la violence ne se déchaine, brutalement, et que l’espace d’un instant la scène bascule et nous entraine, faisant soudain exploser la tension contenue. On retrouvera cette proximité du déchainement de la violence à plusieurs reprises, souvent associée à ce même Teardrop. Pourtant, ce personnage sera l’un des seuls alliés de Ree, et du fait de cette ambiguïté palpable, un moteur important du récit. Au fur et à mesure, le film s’assombrit, l’obscurité s’installe et la quête du père devient une dangereuse quête du corps qui, une fois la terreur et la réalité cauchemardesques portées à leur apogée, pourra s’achever.
L’Amérique que nous révèle magistralement Debra GRANIK est par-dessus tout une Amérique de la survie. Les personnages se débrouillent tant bien que mal sur cette terre stérile à laquelle ils sont comme enracinés, et la transmission aux enfants de savoirs aussi divers et déconcertants que la cuisine, le maniement des armes, la chasse et la préparation des écureuils, est cruciale. Dépourvu de tout misérabilisme, Winter’s Bone entrelace noirceur et humanisme, terreur et espoir, à l’image de cette séquence où un recruteur de l’armée prend le temps d’écouter Ree et de lui déconseiller de s’engager.

A l’instar des enfants qui, sur leur trampoline, rebondissent métaphoriquement et inlassablement aux coups durs, Winter’s Bone échappe au véritable happy end, d’autres soucis viendront, rien n’est réellement résolu. Ce malaise de l’incessant combat pour la survie est très fort, et, associé à un efficace mélange des genres au service d’une narration passionnante, il se crée une œuvre originale et véritablement enivrante.
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