Sixième film du réalisateur américain Terrence Malick, révélé par Badlands, apprécié pour Days of Heaven ou Le Nouveau Monde, célébré par La Ligne Rouge et enfin récompensé par The Tree Of Life, A la merveille dévoile une nouvelle facette de ce génie contesté. Brillant sur la forme, A la merveille interroge sur le fond. La caméra, en mouvement du début jusqu'à la fin, nous emporte, du Mont Saint-Michel à Paris, de Paris aux States, de la campagne à la ville, sans qu'un seul sentiment d'ennui ne puisse nous envahir du fait de notre plongeon dans cet univers sans cesse balancé et secoué. Malick accorde de l'importance à la photographie, comme à son habitude au coeur de son oeuvre. On apprécie. Il s'agit d'art, et le réalisateur peaufine ainsi la forme, irréprochable. La gestuelle est parfaite, chaque mouvement de caméra ou d'acteur est pensé et réfléchi pour former une véritable chorégraphie, une danse, un ballet.
Le fond maintenant. On le sait, le réalisateur donne à l'amour une place très importante dans ses films : Badlands, ancêtre de Bonnie and Clyde met ainsi en scène un jeune couple fugueur, rattaché par un sentiment très particulier. Days of Heaven nous propose quant à lui le fameux trio amoureux, c'est du classique. Enfin, The Tree of Life reposait autant sur les liens filiaux-parentaux que sur la relation entre les personnages campés par Jessica Chastain et Brad Pitt.
Ici, c'est une forme d'amour très particulière qui nous est présentée, sous toutes ses facettes. L'amour face au temps. Le prêtre, sans doute habité dans sa jeunesse, d'où sa vocation, a perdu la foi avec la dureté de ses visions. Quant aux amoureux, c'est également l'âge qui a usé leur relation. Leur coeur s'est endurci, de façon à ce que leur sentiment premier disparaisse.
On retrouve dans ce long-métrage les deux thèmes chers à Terrence Malick : l'amour, et la nature, l'un allant de paire avec l'autre. Si je ne peux me targuer d'avoir compris chaque parole du poète, je pense pouvoir affirmer que les films du réalisateur ne sont pas anodins. Il s'agit de fables, poèmes, essais, philosophies et véritables leçons de vie. On ressort des salles obscurs avec un amour de la vie, un amour de la nature et un amour de l'amour que l'on ne se connaissait pas. Et je remercie Terrence Malick de m'avoir offert ce véritable voyage, ce conte poétique élégiaque, car il s'agit bien d'un véritable poème ; et c'est dans ces moments là que l'on comprend pourquoi le cinéma est surnommé le septième art.