To the wonder ne m’attirait pas vraiment mais comme Malick est un réalisateur dit « majeur », il fallait que j’y jette un œil pour me faire ma propre opinion, surtout après le controversé Tree of Life.
Cette fois c’est bien pire, alors qu’il y avait matière à débattre sur la qualité de Tree au Life, ici il n’y a tout simplement pas de débat à faire tellement le film est vain et médiocre. Malick nous ressert exactement la même chose que dans Tree of Life, les passages métaphysiques et autres paysages lunaires/paradisiaques/désertiques et compagnie en moins. On se retrouve face à une famille, plus précisément un couple car les enfants ne semblent pas être très importants, avec un homme qui ne dira absolument rien du film à sa compagne ou aux gamins si ce n’est un « non non non » au début, une femme qui se promène dans les champs de blé au coucher du soleil lorsque ça va bien et qui se roule par terre dans les feuilles oranges de l’automne quand ça va mal. Mais wtf ?
Au milieu de tout ça on a facilement une bonne cinquantaine de plan face au soleil, une bonne dizaine de plans Affleck/Kurylenko ou Affleck/McAdams qui s’enlacent, se désirent, veulent se faire l’amour et compagnie, et un prêtre, qui pose des questions existentielles. Et tout ça pour quoi ? Ben pour un vide intersidéral. Je veux bien croire que Malick pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses, mais là, même si on est forcé de reconnaitre une certaine aisance dans le maniement de la caméra et la recherche d’un cinéma qui éveille nos sens, il s’est littéralement planté. Pourtant, les thèmes abordés que sont l’amour et Dieu sont universels et parlent à tous, le film pourrait donc se vouloir accessible. Mais non, tout est beaucoup trop symbolique et métaphorique, trop incohérent.
En gros Malick a fait quelque chose de beaucoup trop personnel. Comme s’il avait réussi à réaliser et mettre en scène ce qu’il se passe dans sa tête quand il rêve. Beaucoup de nature et de soleil, des personnages flous et mystérieux, des réflexions sur des thématiques. Sauf qu’on s’en fout pas mal, surtout que ça ne mène strictement à rien. D’où la déception. Le film sauve vraiment l’honneur pour quelques prouesses techniques et visuelles qui ont leur charme, mais sinon c’est vraiment très mauvais. C’était mieux quand il sortait un film par décennie et qu'il apportait une vraie conception de son cinéma.