Lorsqu’un film de Terrence Malick arrive sur nos écrans, il est difficile pour les spectateurs, comme pour la presse en général, de l’accueillir à bras ouverts, et à fortiori depuis la sortie de The Tree of Life en 2011, une de ces rares œuvres ayant réussi l’exploit de laisser sur la touche plus d’une personne sur deux … Oubliant le conformisme des règles de l’art cinématographique, le réalisateur offre une nouvelle perspective au Cinéma d’aujourd’hui en primant l’aspect visuel plus que tout autre chose. Et c’est dire si ce travail se ressent dans A La Merveille, dernier chef-d’œuvre d’une beauté saisissante, traitant du thème de l’Amour sous toutes ces facettes.
Jamais des films comme ceux de Terrence Malick n’auront crée autant de divergences : Certains considèrent ce dernier comme un véritable génie, tandis que d’autres s’évertuent à dire qu’il est complètement cinglé. Que l’on soit d’un bord ou de l’autre, force est de constater que la mise en scène est loin d’être familière pour un spectateur non-averti, ce qui, par ailleurs, participe à expliquer de tels propos. Tel un voyage en terre inconnue, le spectateur découvre un univers qui lui est entièrement étranger. De là, il est fixé qu’au bout d’une quinzaine de minutes, il en ressortira pleinement satisfait, ou le cas échéant, profondément déçu. Mais c’est un risque à prendre, ne serait-ce que pour contempler une photographie d’une finesse absolument remarquable !
En effet, il se trouve que le réalisateur est du genre à soigner son travail esthétiquement parlant, et est en mesure d’apporter une connotation plus ou moins philosophique aux plans qu’il utilise. Le schéma narratif peut cependant paraître quelque peu confus, et A La Merveille n’échappe pas à cette règle. Moins extravagante que The Tree of Life tout de même, la ligne de conduite du film reste nettement plus perceptible et d’autant plus accessible pour le public qu’elle ne part pas dans des propos trop abracadabrants. Seul le côté religieux peut encore s’y apparenter, et le problème est qu’il faut parfois se soumettre aux bonnes paroles prêchées par le père Quintana, interprété par Javier Bardem, pour mieux comprendre l’ampleur des propos énoncés.
La particularité du film est qu’il diffuse des idées pré-orientées vers un seul et unique courant de pensée. Le spectateur peut y adhérer d’emblée ou encore prendre du recul sur ses positions pour apprécier tout le travail d’écriture, mais c’est à double tranchant. Mué d’une réflexion pour le moins approfondie, le réalisateur expose d’une manière très synthétique les différentes étapes de la relation amoureuse, en passant de l’amour psychologique à l’amour physique, de l’amour physique à la lassitude, de la lassitude à la haine. A cette évolution progressive s’ajoute une parfaite combinaison mêlant un discours lyrique fascinant, une prestation d’acteurs éclatante, et des images d’une grâce céleste. A La Merveille est le fruit d’une conjugaison parfaite entre réalité et magnificence, tel un poème survolant le schéma récurrent de l’Amour, dans le meilleur comme dans le pire. Un véritable coup de cœur qui, personnellement, fera date !