Les frères filment la vitalité et la rage mais ils évoquent aussi la douceur par la voix délicate de Cécile. C’est beau et triste mais c’est comme la vie: injuste et amer.
Drame psychologique que l'on aborde prudemment et avec quelqu'appréhension, car trop souvent ce genre est synonyme d'ennui et de violons... mais Le gamin au vélo ne se laisse pas emporter dans un misérabilisme trop évident malgré son côté un brin documentaire et très ancré dans le réel de la triste belgitude.
Il faut dire que le gamin en question s'en tire très bien et qu'il est accompagné par une Cécile de France toujours très juste et admirable, ce qui donne au film une certaine sobriété, sans épanchements excessifs. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'authenticité est là, car certaines réactions et comportements semblent hésiter entre le drame forcé et quelques invraisemblances qui font tiquer plus d'une fois.
Le gamin au vélo sait heureusement garder le rythme et ses personnages émeuvent par petites touches successives. A noter une réalisation assez soignée, presque enlevée pour le genre psychodramatique.
Le Gamin au vélo est un film agréable, évidemment si l’on adhère au style des frères Dardenne, et si l’on accepte de se plonger dans ce qui fait finalement le monde très terre à terre d’aujourd’hui ! Car oui, ce film est très ancré dans le quotidien. Pour ma part j’ai trouvé que l’atout du film s’était sa simplicité. Pas de fioriture, pas de sous-intrigue, on reste collé à l’évolution du personnage sur un laps de temps court et important de sa vie. Du coup ça avance vite, ça va à l’essentiel, c’est fluide, et il faut reconnaitre un naturel certain au métrage, essentiel si l’on veut se confronter à la réalité. Néanmoins quelques bémols : l’intrigue reste un peu convenue, sans doute par le choix du « conte moderne » car c’est de cela dont il est question ici. Il n’y a jamais vraiment d’accroc, on devine ce qui va survenir, ça coule presque trop bien pour un film vrai. Je note aussi une fin plutôt ratée. On dirait que les Dardenne ne savait pas trop comment bouclé leur film, et à vrai dire ce n’était pas chose aisée, mais la durée assez étriquée du film (1 heure 20) pouvait laisser espérer une petite dizaine de minutes supplémentaires histoire de trouver une conclusion plus concluante. Au niveau réalisation c’est très bon. Beau travail sur la photographie, lumineuse, fraiche, parfois éthérée qui m’a rappelé un peu le cinéma d’Emmanuel Mouret. Un cadre bien choisi et convaincant, et la mise en scène est carré mais jamais roide, elle se fait discrète pour accentuer l’aspect « cinéma vérité » des images, et en même temps elle reste toujours là pour éviter de sombrer dans l’objectivité pure et dure. Je ne m’étendrai pas sur la bande son, généralement parent pauvre chez les Dardenne, ici réduite à quelques brèves apparitions. Le casting est inégal. Thomas Doret et Cécile de France sont à la hauteur et campent des personnages intéressants bien que parfois agaçants (surtout la deuxième qui relève quand même sérieusement du manichéisme du conte). En dehors de ces deux-là le petit dealer est très bien campé, mais les autres acteurs ne sont clairement pas aussi investis. Jérémie Rénier apparait peu et il m’a pourtant déçu, ne semblant pas crédible dans son personnage, étant trop théâtral dans un film qui se veut naturel. Les seconds rôles de manière générale ne m’ont pas paru avoir suscité une grande attention d’écriture, et ce sont un peu des coquilles vides. Je dirai en conclusion que Le Gamin au vélo est un métrage que je conseillerai malgré tout, du moins à ceux qui aiment ce registre bien particulier. Le film est très propre, fluide, séduisant par sa simplicité. C’est quelque chose qui manque souvent à ce cinéma vérité, boursouflé sous les effets, le pathos et les messages engagés. 4
Du très très bon cinéma français. Voilà ce qu'est "Le gamin au vélo". Vraiment, que ce soit au niveau de la réalisation, des acteurs splendides (Cécile de France, Thomas Doret et Jérémy Rénier merveilleux) et une musique certes peu présente mais efficace tout de même ou encore l'histoire simple, mais terriblement touchante et émouvante.
Et puis, on ne voit pas le temps passer, on s'attache aux personnages très bien écrits et on se rend compte qu'on vient de passer un grand moment de cinéma.
Les frères Dardenne ne dévie pas de leur trajectoire artistique et réalisent ce qu'ils savent faire de mieux; à savoir un drame social et familial. Il est indéniable que les Dardenne possèdent leur propre style tant dans la réalisation que dans le choix des thématiques. D'ailleurs, leur cinéma me rebute généralement par la sobriété extrême de leur mise en scène et des sujets peu intéressants. "Le gamin à vélo" n'est donc pas une grosse surprise puisqu'on y retrouve ces éléments. Il comporte des passages touchants mais ceux-ci sont ternis par de nombreux clichés et invraisemblances. Ce "conte urbain" me laisse indifférent mais je salue la performance du jeune comédien Thomas Doret qui s'en sort vraiment bien.
Les frères Dardenne revienne avec cette fable qui tremble souvent entre drame social, fable humaniste, regard sévère sur la société sans trouver parfaitement sa voie. C'est pas gai, c'est pas gentil, c'est brutal mais c'est ça leur cinéma, simple et violent à la fois. L'interprétation est parfaite et offre une lueur d'espoir aux acteurs stéréotypés.
Le style tout en sobriété des films des frères Dardenne peut en rebuter plus d'un, mais c'est aussi ce qui fait la réussite de leur cinéma, en laissant la part belle au acteurs. C'est encore le cas avec "Le gamin au vélo". L'arrière fond social est une autre caractéristique des films du duo de réalisateurs. C'est très prégnant ici aussi. Il s'agit donc de se laisser porter par l'histoire, d'une limpidité et d'une fluidité exemplaire dans la réalisation.
Deuxième film des frères Dardenne que je regarde (après "Le silence de Lorna"), et je peux dire que ce cinéma là ne nous fait pas rentrer de plein fouet dans le scénario sociétal voulu. Ensuite, peut être qu'il s'agit d'un aperçu de ces deux métrages uniquement, et que les autres films ("Rosetta", "L'enfant"...) sont plus prenants et intensivement plus attachants.L'histoire du "Gamin au vélo" est simple bien que très bien écrite et ancré dans le contexte actuel : un ado, abandonné par son père, se retrouve livré à lui-même jusqu'au jour où une jeune femme décide de le prendre en main.Comment ça se termine ? Là aussi, un peu en queue de poisson. Tout au long du "Gamin au vélo", filmé à hauteur de l'enfant, on se rend compte que le sujet, bien posé dès le début, ne nous attire pas plus que ça, en raison sans doute d'une mise en scène assez plate. Non lisse, mais plate. On reste sans cesse à hauteur du vélo, et dès que les événements se précipitent, les Dardenne nous entraînent sans nous laisser le temps de s'approprier les personnages. Idem pour l'ado qui n'arrête jamais de fuir. Et tout cela en 1h20, oui, ça fait court, et les metteurs en scène ne prennent pas trop le temps d'approfondir les personnages. Les esquisser, là-dessus, pas de problème. Les fouiller, ça c'est autre chose. N'est-ce pas les frangins belges ?Pour parler esthétique, l'image n'est guère soignée, et la musique, un tout petit peu présente. Génial ! Car elle appuie bien là où ça peut faire mal : l'émotion. Merci messieurs !Pour parler casting, nous avons droit içi à un vrai tandem d'acteur. La très belle Cécile de France ("Mauvaise foi", "Sœur sourire") dans l'un de ses meilleurs rôles, et le tout jeune Thomas Doret (au début de sa carrière puis revu en 2012 aux côtés de Michel Bouquet dans "Renoir"), impressionnant de réalisme (mais dictant au poil près les exigences de nos frangins belges !). Suit le très bon Jérémie Rénier, toujours très bon. Le Cloclo de Siri, c'est lui !!Pour conclure, "Le gamin au vélo" aurait pu gagner à être plus poignant au lieu de ce narcissisme avéré n'en déplaise au couple de France-Doret, parfait.Spectateurs, à vous de juger.PS : "Le gamin au vélo" a remporté le Grand Prix à Cannes en 2011.
Une belle histoire, celle d'un garçon qui cherche en vain l'amour paternel. Il mettra du temps à faire le tri entre les mains qui se tendent vers lui et dont seulement certaines sont désintéressées et cherchent vraiment à l'aider. Il répondra de la plus belle des manières au défi qui lui est fait, comment parti d'un père inconséquent, il parvient à se construire et à entrer dans le droit chemin, avec l'appui d'une coiffeuse à l'amour inconditionnel. A voir avec ses yeux d'ex-enfant.
je suis pas fan des films des dardenne, c'est vrai que tous leurs films se ressemblent un peu, "rosetta", "la promesse" et d'autres sont un peu dans le même registre, le drame social un peu à la ken loach, l'acteur principal est surprenant, cécile de france joue de façon sobre presque effacée, mais cela reste un film banal, un gamin qui recherche son père qui ne veut pas de lui, le vélo joue un rôle majeure dans le film, c'est grâce à lui que l'enfant fait de bonnes et de mauvaises rencontres, les frères dardenne dépeignent un milieu celui des petites gens simples, ils le font bien mais après tant d'années on aimerait bien qu'ils fassent autre chose, une comédie ou un thriller par exemple, mais peut-être qu'ils ont peur de rater leur coup alors ils se cantonnent dans les mêmes sujets, dommage
Mon premier film des freres Dardenne, il est vrai que leur scenario et la maniere de filmer est ultra réaliste. Le "gamin" est tres tres fort, il nous fait ressentir toute sorte de sentiments a son égard au fil du film. Cecile de France joue parfaitement, elle a remontéé dans mon estime (c'est tres important pour elle lol) et jeremy renier que l'on voit trop peu est toujours excellent en pere glacial. En bref une belle histoire, de bons acteurs et de tres bon realisateurs.
Un film des frères Dardenne moins percutant que ses prédécesseurs mais avec une charge émotionnelle toujours coup de poing, réaliste et sans patho. La performance du "Gamin", dur et obstiné, empreint d'un naturel bluffant, tient beaucoup à la réussite de ce film, pas forcément passionnant, mais qui laisse un souvenir pugnace d'entêtement et d'un certaine brutalité psychologique.