Robert Guédiguian, deux ans après L’armée du Crime, revient sur une chronique méditerranéenne. Il a écrit et réalisé ce film. Le réalisateur traite la casse sociale succédant aux licenciements subis par de nombreux ouvriers, et aussi des illusions perdues.
Le film commence dans une cour d’usine. Tous les ouvriers sont réunis pour sauver l’usine. Le plan ? un tirage au sort de 20 ouvriers qui seront licenciés pour sauver les autres emplois. Michel et Raoul, deux syndicalistes, procèdent au tirage au sort, Michel a noté sur nom sur une fiche et il est sur la liste. Michel est marié avec Marie Claire. Le couple a deux enfants et 3 petits enfants. Malgré le licenciement de Michel, le couple, très amoureux, est heureux. Lors de leur anniversaire de mariage, amis et famille leur offrent un beau voyage en Afrique. Quelques jours plus tard, ils se font agresser, brutaliser et voler dans leur maison alors qu’ils jouaient aux cartes avec Raoul et Denise, la soeur de Marie Claire. Tout est chamboulé….
Quelle jolie fable, une fable sociale filmée avec beaucoup de pudeur, de sensibilité. Un film sur l’amour, le pardon, l’amitié… Que du positif et de la sincérité. On peut trouver celà un peu désuet et utopique mais la qualité du scénario , une mise en scène sobre et maîtrisée et le casting en font un très beau film. Les acteurs, habitués à se retrouver ensemble, sont en parfait alchimie. Jean Pierre Darroussin est comme à l’habitude très juste, et Ariane Ascaride lumineuse et attachante.
Un film humaniste, tout en délicatesse, charme, en mélancolie… on ne peut que fondre
voilà un film bien utile que tout le monde devrait aller voir ! sur le partage , la compassion , habituels chez ce réalisateur , ici au réalisme teintée d'utopie . la lumière de Marseille fait du bien ,les dialogues sont toujours bons , les comédiens bien sur excellents parce que des habitués de Guédiguian, bref un moment de doux bonheur malgré les drames qui se jouent sur l'écran , et ce qui est intéressant dans le traitement des personnages c'est qu'il n'y a pas forcément l'antagonisme bons-méchants mais on essaie de comprendre comme le dit un des personnages du film .
Réalisateur aussi prolifique que fidèle et constant, le parcours de Robert Guédiguian impose le respect. Il livre ici peut être son plus beau film. Transcendé par sa troupe de fidèles, tous lumineux, auxquels il a inclus de plus jeunes acteurs tous au diapason, il livre une vision humaniste mais lucide des luttes externes et intérieures de personnages tiraillés entre leur idéaux déchus et le pragmatisme de leur vie faite de petites ou grandes trahisons mais aussi de solidarité et d'utopie. Jamais manichéen, son film est ample et possède quelque chose devenu rare, une âme ... L'âme de quelqu'un qui veut croire encore en dépit de tous les discours autoproclamés, que la générosité et le don de soi peut encore sauver non pas le monde mais une partie de notre propre humanité. A voir absolument. CHEF D'OEUVRE
La réalité sociale traitée avec justesse et sans trop de fioritures avec les acteurs adaptés eux-mêmes tourmentés par leurs choix. Le réalisateur signe sa meilleure réalisation et soulève de nombreuses questions que le spectateur captent aisément.
Un grand film humain. Une émotion qui augmente au fur et à mesure. Des gens communs dont la conscience et l'amour du prochain vont au-delà de des préjugés.
Merci pour ce grand film naturel dans le cadre habituel Marseille, sans trucage ni effets spéciaux.
Du repos pour les yeux et les oreilles, des vibrations pour le coeur.
Les neiges du Kilimandjaro est un drame sur des faits d'actualités et le pardon. Un film juste mis en scène basée sur des gens simples et généreux. Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan sont chacun sympathique et bien dans leur rôle.
merci pour ce cinéma humain, chaque fois qu'il repart à marseille c'est un pur plaisir. On filme mieux ce que l'on aime je pense. a voir, a voir, a revoir
Magnifique film. Bouleversant. Une vrai leçon de vie. Je l'ai vus il y a quelques jours en tant que journaliste lors d'une avant-première, je vous le conseille fortement.
Vu en avant-première ; c'est toujours un peu la même chose, les films de Guédiguian non ? Et à la longue ça lasse un peu d'avoir l'impression de vivre au pays des bisounours à travers ses films.... Plusieurs scènes pas du tout crédibles (ah, le commissaire super sympa qui file une matraque pour que l'autre se défoule s'il en a envie, un grand moment !!!) qui nuisent sérieusement à l'histoire (je peux pas dire "intrigue", le mot est vraiment trop fort) ; des bons sentiments à la pelle, bref j'imagine qu'il faut avoir fait mai 68 pour se reconnaître dans les personnages et leurs aspirations.
Il y a des fois où il ne faut pas tergiverser, où il faut dire franchement ce que l'on pense, alors, allons y : si vous ne voyez qu'un film cette année, il FAUT que ce soit celui-là. Vous en connaissez beaucoup des films où on passe du rire aux larmes en l'espace d'une seconde pour rire de nouveau 10 secondes plus tard ? "Les neiges du Kilimandjaro" est un film à la fois follement drôle et totalement émouvant tout en étant d'une grande profondeur. Pas mal, non ? En fait, Robert Guediguian n'est jamais aussi à l'aise, jamais aussi convaincant que lorsqu'il nous entraine à l'Estaque, son quartier de Marseille. Avec lui, ce quartier devient le centre du monde lorsqu'il s'agit de dépeindre la situation du monde des petites gens, le monde des ouvriers. Il l'avait fait avec brio dans "Marius et Jeannette", il y a 14 ans. Depuis, la situation économique dans son ensemble et la situation des ouvriers en particulier ont énormément changé, pas vraiment dans le bon sens et Guediguian a ressenti le besoin de reprendre son noyau de comédiens, d'y rajouter de nouveaux éléments et de donner sa vision revue et corrigée de ce monde qui sait être chaleureux malgré des conditions de vie pas toujours très faciles. Pour ce faire, il s'est très librement inspiré d'un poème de Victor Hugo intitulé "les braves gens". Le résultat, présenté dans la sélection "Un Certain Regard" à Cannes 2011, est aussi épatant que "Marius et Jeannette", voire plus encore. Les scènes d'anthologie sont très nombreuses. J'en retiendrai deux tout particulièrement : d'un point de vue politico/social, celle où un jeune ouvrier ébranle les convictions d'un vieux syndicaliste en remettant en question la façon dont un syndicat, en l'occurrence la CGT, organise les conséquences d'un plan social plutôt que de s'y opposer becs et ongles; d'un point de vue zygomatiques en furie, celle, totalement jouissive, entre un barman et Ariane Ascaride sur la question de savoir quel type d'alcool adopter selon la peine qu'on a. Si jamais "Intouchables" arrive à 5 millions d'entrées, "Les neiges du Kilimandjaro", incommensurablement supérieur, devrait, dans un monde idéal, arriver à 30 millions d'entrées.