9944 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
791 critiques spectateurs
5
251 critiques
4
352 critiques
3
119 critiques
2
41 critiques
1
21 critiques
0
7 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
ronny1
58 abonnés
913 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 5 février 2018
INCENDIES, est l’adaptation de la pièce de Wajdi Mouawad, québécois d’origine libanaise, par Denis Villeneuve, autre québécois. Evitant l’écueil du théâtre filmé, la caméra voyage pendant une bonne partie du film, montrant les horreurs d’un pays moyen oriental déchiré par la guerre entre les communautés chrétienne et musulmanes (locale et palestinienne), avec son lot d’exactions réciproques. Si le pays n’est jamais cité, il fait penser au Liban et par extension à l’Irak, la Syrie, l’Afghanistan, le Yémen mais aussi à tout autre conflit. Ici la guerre est réaliste, donc moche, montrant les horreurs jugées nécessaires par ceux qui les infligent et arbitraires pour ceux qui les subissent. D’une précision souvent chirurgicale (la scène du car en particulier), ces séquences amènent le besoin que ça cesse, tout en questionnant sur les problèmes identitaires. Au fur et à mesure d’un récit qui ne prend jamais parti, les certitudes morales du spectateur s’affaiblissent et le doute s’installe. C’est en jouant la carte de l’émotion que Villeneuve arrive à dépasser la réflexion pour mieux nous impliquer dans ce désastre humanitaire et moral, réussissant ainsi là où « Le faussaire » de Volker Schlöndorff échouait par une démarche trop cérébrale (même filmée à Beyrouth en 1981, donc en plein conflit). « Il sera question de problèmes insolubles qui vous mèneront à d’autres problèmes tout aussi insolubles ». En remplaçant « problèmes » par « tragédies » dans l’introduction du professeur de Jane Marwan, son assistante, aux étudiants de l’amphithéâtre, la base même de l’histoire est résumée. Jane exposera pour son premier cours la conjecture de Syracuse, dont la fin de la suite du même nom dévoilera la tragédie spoiler: du mythe d’Œdipe revisité . Cette construction subtile sera quelque peu ternie par un final spoiler: optimiste qui sonne assez faux (mal amené ?), en contradiction avec le mot « insolubles » de la phrase citée plus haut. Ce film choc, est le quatrième long métrage de Denis Villeneuve. Il révèle déjà une direction d’acteur très précise, qui est devenue une des caractéristiques stylistique du cinéaste. Dans une distribution cohérente jusque dans des petits rôles, Lubna Azabal (Nawal Marwan) offre une prestation superlative, illustrée par la magnifique photographie d’André Turpin, dont la justesse est parfois atténuée par des choix musicaux agaçants (Radio Head). Malgré ces quelques réserves, INCENDIES est un grand film dont personne ne sort indemne.
Un adaptation poignante et froide de la vie et la guerre au Moyen Orient. Le sujet délicat est bien traité avec une intrigue munie de flash-back qui se révèle petit à petit jusqu’au final inattendu et réussi. La tension dramatique est maitrisée et les images chocs font leurs effets. Néanmoins la VO québécoise n’est pas terrible pour un film dramatique. Celui-ci présentant des longueurs évidentes, on perd rapidement en intérêt sur certaines scènes. Je ne suis pas convaincu non plus par le casting. Tout ça pour dire que l’histoire de Wajdi Mouawad est bonne mais que le film de Denis Villeneuve reste assez standard, loin de son futur Prisonners.
Une superbe belle histoire un film emouvant et prenant acteur au top dialogue au top, même si des fois le film est lent nous sommes tellement pris par le jeux des acteurs qu au finale le film passe vite
Quand on voit le pitch du film ca donne pas trop envie. Le 1er quart d'heure on est dubitatif mais la suite vous laisse juste scotche dans votre fauteuil. Un excellent film.
Voici donc le film qui révéla Denis Villeneuve aux yeux du monde entier. Et là, très clairement, j'ai envie de dire, tout ça pour ça ? Tant d'éloges, de battage médiatique et de récompenses pour ça ? Y a quand même un léger problème dans la place les mecs ! Pourtant, c'est vrai qu'elle était hachement prometteuse cette intrigue, laissant entrevoir un film surpuissant. Mais non. On a plus l'impression de voir un pétard mouillé. Au début, j'étais pas trop convaincu. La mère, chassée de chez elle, qui finit par lâcher ses études pour partir à la recherche de son fils, ça me branchait pas vraiment. Au début, rien. Elle passe de villes en villes. Et je me suis dit, si c'est juste ça, qu'il n'y a pas d'embûches, où est l'intérêt ? Fort heureusement, ça se complique après. Là où ça marche pas fort, c'est au niveau de l'alternance faite entre les flashbacks retraçant le parcours de la mère et le déroulé de l'enquête de la fille. Le parcours de la mère, okay, une fois la mécanique lancée, ça se regarde sans problèmes. Mais l'enquête la fille... mais elle dégage rien cette fille ! Aucune émotion. Aucune présence. Pire encore, t'as l'impression qu'elle en a rien à battre qu'elle retrouve sa mère ou pas. Et ça désolé, mais ça passe mal. Une telle histoire avec un personnage aussi apathique, ça peut pas passer, c'est pas possible. Là où ça va pas non plus, c'est les 35-40 dernières minutes qui sont juste assommantes. Et qui débouchent sur une fin limite grotesque qui semble dire "merde" à toute notion de concordance d'âges. Une fin un peu mal foutue, ça peut arriver, ça me gêne pas, mais dans le cas présent c'est pas admissible. Au final, « Incendies », c'est très bien filmé (la scène de l'attaque du bus est superbe), y avait une super histoire, mais ça ne débouche pas sur grand chose.
Ce thriller nous permet de nous plonger dans un Liban en guerre (les scènes sur la vie de la mère avant son exil au Canada) ou aujourd'hui (avec les jumeaux à la recherche de leur secret de famille). Avec un peu de réflexion, la chute de l'intrigue est beaucoup trop invraisemblable mais pourtant on suit Incendie sans décrocher, pour ses scènes historiques, son ambiance "Moyen-Orient" et parce que nous aussi nous voulons savoir la vérité.
Un pur chef d'œuvre. Un film émouvant, merveilleusement bien réalisé, écrit et interprété. C'est la quatrième fois que je le regarde et j'y prend toujours autant de plaisir que la première fois. Une réalisation que je suis fier d'avoir chez moi. Pour moi le meilleur film de Denis Villeneuve. A consommer sans modération.
On retrouve dans Incendies les prémices de ce que sera le dénominateur commun de tous les prochains films de Denis Villeneuve (Prisoners, Premier Contact, Sicario...) : une exceptionnelle maitrise du rythme et de la tension. Incendies est seulement en partie imprégné de cette qualité, l'intensité est fluctuante et le final est moins estomaquant qu'escompté.
Premier film vraiment remarquable de Denis Villeneuve après plusieurs essais moins concluants, Incendies révèle la patte d’un auteur capable de s’emparer d’un sujet a priori loin de son univers personnel pour en faire une œuvre forte et exceptionnelle. Il s’appuie ici sur la magnifique pièce de Wajdi Mouawad qui lui donne matière à suivre une intrigue tarabiscotée et forte en pathos. Toutefois, le cinéaste ne tombe jamais dans le piège du théâtre filmé et livre une adaptation purement cinématographique où la beauté des images, des paysages, mais aussi de la réalisation et de la musique concourent à faire d’Incendies une œuvre totale, à la fois belle sur le plan formel et complexe sur le plan thématique. Un vrai beau moment de cinéma, qui a également le mérite d’éclairer un pan de l’histoire des relations complexes entre les milices chrétiennes libanaises et les réfugiés palestiniens. Un grand bravo pour ce sans faute.
Le scénario est à couper le souffle. Le film est très bien filmé mais Denis Villeneuve sait faire. J'ai trouvé gênant les incohérences d'apparence d'âge aux différentes époques. L'ensemble reste très solide.
Incendies saisit le spectateur dès les premières minutes pour ne plus jamais le lâcher. Pour son troisième film en tant que réalisateur, le canadien Denis Villeneuve s' impose comme l'un des cinéastes les plus prometteurs du moment. Jonglant avec talent entre les différentes temporalité de son scénario, il déploie une mise en scène hallucinante de maîtrise. Le film est d'une telle fluidité que les méandres du récit s'imbriquent parfaitement. Du point de vue de la mise en scène, ce film est un vrai miracle. Incendies développe deux récits qui se croisent et se nourrissent mutuellement. Présent et passé se répondent pour apporter des clefs de compréhension au spectateur. Les séquences se déroulant au Liban au début des années 70 racontent les moments clefs de l'existence de la mère de Jeanne et Simon. Une vie bouleversante que Denis Villeneuve filme avec un radicalisme non dénué de pudeur. Une mère qui passera du statut de répudiée à celui de militante dans la lutte armée, et qui sera connue sous le nom de "la femme qui chante". Un parcours stupéfiant pour une femme qui ne l'est pas moins. Pour figurer ces évènements à l'écran, Villeneuve a fait confiance à l'actrice Lubna Azabal (Exils). Bien lui en a pris car elle endosse ce rôle avec détermination et irradie l'écran de son charisme naturel. Emporté par la musique de Radiohead, on regarde Incendies le coeur noué et le souffle court. Le cinéaste enchaîne les moments d'émotions avec une rigueur mathématique, science qui a son importance dans le récit au sens métaphorique. Le cinéaste réussit à scotcher le spectateur à son siège à plusieurs reprises avec par exemple la scène du bus fusillé et incendié. Cette scène de tension pure figure sur l'affiche du film. La quête effectuée par les deux enfants pour répondre à la demande testamentaire de leur mère se termine par une révélation fracassante. En plus de nous émouvoir et de nous secouer violemment la poitrine, Denis Villeneuve fait florès d'un vrai tour de force scénaristique. Étourdissant.