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Eowyn Cwper
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3,5
Publiée le 16 août 2019
Je continue à l’envers le chemin chronologique de la carrière de Villeneuve. Débarqué de Enemy où Gyllenhaal disposait des bases fermement anglophones, j’arrive dans le Québec natif du réalisateur.
C’est Incendies qui l’a révélé au grand public et il est passé par la voie peu orthodoxe de la sortie DVD pour connaître le succès. Et si le film se passe dans un pays arabophone, il est peu musulman aussi : ce sont chrétiens et musulmans qui se partagent la responsabilité et la douleur et des vrilles d’horreur déclenchées dans un pays du Moyen-Orient que Villeneuve ne nomme pas.
Une mère, expatriée depuis un certain temps au Canada de ce Moyen-Orient anonyme, laisse à ses deux enfants jumeaux un testament qui passe par les mains d’un notaire et ami de famille (joué par Rémy Girard dont je me rappelle pour Jésus de Montréal (Denys Arcand, 1989), ça fait bizarre). Tout est un peu prêt d’avance entre les personnages, desquels la cascade scénaristique tombe avec une aisance qui ne passe pas loin de faire s’écrouler le château de cartes primordial.
C’est une petite mixture dont Villeneuve arrive à capter les effluves gemellaires avec la virtuosité qu’on lui connaît, mais le temps d’une inclarté de flashback, et voilà que mère et fille sont jumelles dans notre esprit, parce qu’elles ont marché, à trente-cinq ans d’écart, aux mêmes endroits. Ou peut-être était-ce voulu, et ça n’enlève rien à la magnifique cryptophasie qui relie Mélissa Désormeaux-Poulin et Maxim Gaudette.
Le testament qui sert d’amorce figure une poésie qui est pourtant un euphémisme de la longue marche que Villeneuve va tourner en Jordanie, interprétée à la perfection par Lubna Azabal – la mère des jumeaux, encore jeune. Pour le régisseur québécois, il s’agit toujours de tout mélanger, à plus forte raison tant qu’il n’est pas encerclé par l’apparat hollywoodien : du Radiohead au Moyen-Orient, pourquoi pas. Il lui faut faire entrer en conflit ce qui ne se rencontre pas d’ordinaire, pour le plus grand plaisir du cinéphile, surtout avec une photographie aussi sensationnelle.
Par contre, si l’on ne s’appelle pas Rémy Girard, on n’est pas un personnage qui prend sa place aisément : les interprétations sont trop dramatiquement qualitatives et ancrées dans le réel pour permettre le côté thriller que Villeneuve cultive déjà et qui connaîtra son apogée avec Sicario. La diction des acteurs elle-même est trop parfaite pour qu’on se sente parfaitement à l’aise dans la recherche du gone boy – pour ne pas spoiler, car ce serait grave devant une conclusion si déchirante qu’elle m’a émotionnellement emporté à plusieurs reprises.
J’y reviens, la fusionnalité des jumeaux est « élevé au rang de détail » par Villeneuve mais c’est une de ces marques d’empathie qui s’impriment sur ses œuvres et qui aident à faire de lui l’homme parfait pour tous les genres. Même si Incendies est piqué de ce que je perçois comme de relatives imperfections, je suis toujours largement admiratif.
Dans Incendies, son film bouleversant de 2010 , Denis Villeneuve décrit la guerre du Liban. Le scénario ( du grand auteur dramatique Wajdi Mouawad) est une tragédie qui montre comment la violence transforme les êtres et comment l'amour pardonne. Au-delà des souffrances dont l'horreur reste indicible, l'amour parvient à s'exprimer après la mort. Un récit tendu, parfaitement interprété, tourné en Jordanie et à Montréal, dont on n'oublie pas la profonde leçon.
Jouissant d'une renommé aujourd'hui mondiale avec une filmographie plus que parfaite pour le moment Denis Villeneuve avant ça avait réalisé en 2010 "incendie". Le pays du Moyen-Orient où se déroule l'histoire n'est jamais explicitement cité, même si le contexte de guerre entre chrétien et musulmans au cours des années 70 fait fortement suspecté le Liban. Cette guerre, le réalisateur ne la nomme pas, ne la juge pas. C'est la guerre dans toute son horreur où les représailles s'enchainent, gagnant en force et en violence à chaque tour, enflant jusqu'à en crever. Le conflit n'est pas une simple toile de fond. Il s'agit aussi bien du fond que de la forme de cette saga familiale, de cette recherche des origines.
Côté acteurs, Denis Villeneuve donne la part belle aux femmes, leur donnant une cruelle et splendide épaisseur. La mère, Nawal Marwan, est interprétée par une actrice belge, Lubna Azabal, beauté froide à la mâchoire saillante et au regard pénétrant. À noter, l'excellente interprétation de l'actrice Mélissa Désormeaux-Poulin jouant la fille, Jeanne, qui n'a cependant pas réussi à percer dans le milieu du cinéma par la suite.
Inspiré de la pièce de théâtre éponyme de Wajdi Mouawad, Incendies est un méli-mélo d'époques et de lieux. Naviguant à travers différents niveaux de flashbacks, son réalisateur, Denis Villeneuve, s'appuie sur un scénario en béton où le fil narratif ne souffre d'aucune faiblesse. De cette constance naîtra un monstre scénaristique, un twist final glauque et épique parvenant à défier les règles élémentaires en mathématiques et nous enseigner que 1 1 peut être égal à 1.
On reconnait bien la patte Denis Villeneuve pour le coté très soigné du film et sa maîtrise technique. L'histoire est bien écrite et bouleversante mais la longueur de certaines scènes et la lenteur de la mise en scène m'ont vraiment poussé à bout pour ne pas décrocher....Vu une fois mais pas 2.
Ce film reste présent à mon esprit malgré les années qui passent. Quelle force, quelle puissance, et violence pour dénoncer la violence...le scénario basé sur une pièce éponyme de Wajdi Mouawad que je n'ai ni lue ni vue est d'une efficacité, d'une précision et d'une perversité telles que je mets au défi quiconque d'avoir pu imaginer l'épilogue… Cela parle de guerre au Liban, de guerre de religion, d'exil au Québec, de famille et de deuil, de retour aux origines...Abyssal, psychanalytique, archétypal...j'ai plus de mot...
Oui ce film est un chef d'oeuvre. Je pourrais même dire qu'il continue à m'accompagner deux ans après l'avoir découvert... Il est inspoilable, au sens où le spoiler atténuerait l'impact émotionnel, et les enseignements qu'on en tire sur le long terme. Du coup, je serais incapable de le revoir... Un seul conseil : ne soyez pas seul quand vous le découvrez pour la première fois (et de préférence avec quelqu'un que vous aimez), ou prévoyez de vous faire (vraiment) du bien juste après ! Cela peut paraître paradoxal pour certains, mais les (quelques et rares) films ou livres qui ont marqué ma vie, m'ont aussi retourné le cerveau et les tripes simultanément, sans comprendre tout de suite pourquoi. Pardonner l'impardonnable ? Wadji et Denis, Luban, Mélissa et Maxim : merci.
Décidément, Denis Villeneuve est vraiment un des réalisateurs les plus prometteurs de sa génération. Même si j'ai moyennement aimé Enemy et Blade Runner 2049, je ne peux nier que ces films avaient de l'ambition et j'ai reçu une claque devant Prisoners. Et devant ce film-ci, j'en ai reçu une deuxième. Le pitch est vachement fort : à la mort de leur mère, deux jumeaux doivent retrouver : leur père qu'ils croyaient mort pour l'un, leur frère dont ils ignoraient l'existence pour l'autre. Cette quête initiatique pour découvrir le passé de leur mère est vachement intéressant. L'histoire de celle-ci est absolument magnifique de tragédie. Certaines images sont particulièrement marquantes : la fusillade dans le bus, l'accouchement en prison, …. Le scénario est un quasi-sans-faute.spoiler: La révélation selon laquelle les jumeaux sont ceux qui sont nés en prison est certes une révélation pour les principaux concernés mais pas pour les spectateurs qui ont l'information depuis le début du film (du coup, la scène de révélation a moins d'impact). C'est peut-être le seul point qui marche un peu moins bien. Mais sinon, le reste est impeccable. Et sinon, la révélation finale est absolument folle. Je ne l'ai pas du tout vu venir et elle est particulièrement bouleversante (du même niveau que la révélation de Sixième Sens). Les acteurs sont plutôt convaincants. Le film était déjà très bon à la base, le final le rend excellent.
Un film fort, intense, le cinéma canadien nous offre parfois des films exceptionnels, dommage qu'ils soient nuls pour trouver des titres à leurs films , car ces films n'ont aucun rapport avec leurs thèmes, j'ai longtemps hésité à voir l’excellent" Les Invasions Barbares" spoiler: pensant que c'était une histoire sur Attlia et ses guerriers sanguinaires, et je ne voulais pas voir "Incendies" car je ne voulais pas voir un remake de " La tour infernale"..Lol .. mais je recommande ce très bon film qui reste longtemps encore dans les mémoires
A la mort de leur mère au Canada, deux jumeaux enquêtent pour retrouver un père qu'ils croyaient mort et un frère dont ils ignoraient l'existence. Enquête qui les conduira à découvrir le passé de leur mère, chrétienne d'Orient qui a souffert de la guerre civile. Soyez prévenus, "Incendies" n'est clairement pas à mettre en toutes les mains ! Loin d'un drame familial plan-plan, le film évoque les guerres de religion au Proche-Orient (bien que les villes nommées soient fictives, le pays en question est calqué sur le Liban), et la brutalité et les destructions que les logiques de violence et de vengeance ont engendré. Le scénario n'est donc pas avare en passage choc, ni en rebondissements, donc certains font presque office d'uppercut ! Par ailleurs, l'intrigue habilement fragmentée raconte sans temps mort une histoire difficile, où Lubna Azabal se révèle poignante en femme écorchée qui reste forte (on remarquera également Mélissa Désormeaux-Poulin, touchante dans le rôle de sa fille qui cherche la vérité). Denis Villeneuve exploite quant à lui avec adresse ces éléments, livrant de nombreuses scènes tantôt percutantes, tantôt bouleversantes. "Incendies" est donc un drame difficile, mais qui vaut amplement le coup d’œil.
incendies, bon film de denis villeneuve avec un scénario très intéressant et des acteurs convaincants. même si le film n´a pas été une véritable claque pour moi comme beaucoup me l´avait dit, incendies reste un film qui m´a convaincu et qui m´a globalement séduit. cependant certains Defaults d´écritures au niveau des personnages et du scénario m´ont posé problème commespoiler: quand le copain de la mère se fait tue le spectateur ne comprend pas immédiatement et cela est gênant car il meurt avant qu´on sache qui il est . le film dispose en l´occurrence de scènes très frappantes comme spoiler: l´incendie dans le bus ou la tension est a son paroxysme. en bref un très bon film de villeneuve et un bon petit 4/5 .
Crime et châtiment et résilience bien sûr. Comme souvent, je m’y suis lancé sans savoir de quoi il s’agissait. Et non, ce n’est pas un film de guerre. Enfin pas comme je pensais. Leur maman est morte et deux jumeaux se voient confier par le notaire la mission de donner une lettre à leur papa inconnu qu’ils croyaient mort et à leur frère dont ils ignoraient l’existence. Et tout ça en Québecois. Comme d’hab’, on se fait à l’accent au bout des deux premières heures (naaaaaaan, je déconne, 10 minutes suffisent). De toute façon, la piste du papa nous mène bien vite au Proche-Orient dans un pays qui n’est pas précisé mais qui ressemble farouchement au Liban. Deux visions s’affrontent, celle d’un fille déterminée à mener à bien la mission et surtout à comprendre son passé et celui de sa mère et celle de son frère pour qui la mission est un poison qui ne fait que remuer des choses que l’on ne veut pas savoir. Les images sont proprement magnifiques et les décors ensoleillés contrastent avec la noirceur du propos. Les personnages (et en particulier la fille) semblent cernés par le cadrage, comme enfermés dans leur histoire, le hors-champ est ce qu’il leur reste à découvrir. Comme nous, ils avancent à tâtons, à coup d’ellipses astucieuses jusqu’à la révélation, immense déflagration pénétrante et lancinante dans les heures qui suivent le visionnage. Est-on prêt à tout découvrir ? Non, assurément. En bref, un film fort et beau auquel on ne peut reprocher qu’un maniérisme un peu mécanique. Un drame, un vrai, un bon.
C'est sans grande conviction que je me suis lancé dans le visionnage de ce film. Il faisait gris dehors, alors pourquoi pas. C'était il y a 3 ans, et ce film me revient en tête encore régulièrement. Dire de lui que "c'est une claque" est un euphémisme. C'est l'un des meilleurs films qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années. Pas de compromis. De l'émotion à l'état brut. A voir.
Un film captivant tout en étant difficile à regarder. Il n'y a pas de scènes choquantes mais elles sont très bien suggérées et réalistes. Le drame, c'est que ce film est toujours d'actualité.
La bêtise humaine continue ! C'est ainsi fait ce drame canadien, qui rappelle combien l'humanité a régressé sur l'échelle des valeurs et combien il est urgent de revoir les fondements sur lesquels est battit le comportement de chacun. Un film que je recommande fortement et je donne une note de 4,5.