"Godzilla" est une nouvelle adaptation américaine du célèbre monstre japonais, qui, cette fois-ci, le met aux prises avec deux MUTO gigantesques qui menacent d'anéantir le monde... Le premier mot qui me vient à l'esprit quand je pense au film de Gareth Edwards (II), c'est frustrant. En effet, le réalisateur britannique a choisi de montrer très peu Godzilla, comme il l'avait déjà fait avec les créatures de "Monsters". C'était compréhensible pour son premier long-métrage, car il avait un petit budget, mais, pour "Godzilla", on était en droit d'attendre plus de scènes avec ce monstre fabuleux. Et le pire, c'est qu'il fait monter plusieurs fois la sauce en nous proposant des débuts de séquences entre Godzilla et les MUTO prêts à en découdre, mais il les coupe aussitôt et passe à autre chose. Frustrant est vraiment le mot. Néanmoins, on ne peut nier que son long-métrage est une réussite et un bel hommage aux films japonais, notamment celui de 1954, réalisé par Ishirô Honda. Le scénario est plutôt intelligent (
bonne idée de faire de Godzilla un "héros"
) et mêle avec brio certains éléments des oeuvres précédentes, tout en gardant un premier degré bienvenu (on est loin du film d'Emmerich à ce niveau-là). En outre, la mise en scène est très soignée et recherchée et confirme le grand talent d'Edwards, qui a un vrai style. Plusieurs scènes sont très marquantes, en particulier le réveil du MUTO mâle, la scène du pont, la destruction de Las Vegas, le saut en parachute à 30 000 pieds dans une atmosphère de fin du monde, accompagné par le "Requiem" de Ligeti (ma scène préférée du film) ou l'affrontement final entre Godzilla et les MUTO (entrecoupé, mais monumental). Les effets spéciaux sont fabuleux et font parfaitement ressentir l'impuissance humaine face à ces créatures dantesques. Par contre, l'interprétation est très inégale. J'ai trouvé Aaron Taylor-Johnson assez fade dans un rôle pour lequel il s'est pourtant bâti une carrure impressionnante. Même chose pour Ken Watanabe et David Strathairn, deux très bons acteurs pourtant, mais qui sont desservis ici par deux rôles peu intéressants. Quant à Juliette Binoche, elle doit avoir à peine deux minutes de présence à l'écran. C'est limite honteux de prendre une telle actrice pour lui donner un si petit rôle (son dernier regard est toutefois marquant). Heureusement, Bryan Cranston livre une prestation très émouvante - même si j'aurais aimé le voir plus -, et Elizabeth Olsen est touchante (et très belle en plus). Enfin, Alexandre Desplat a composé une partition très énergique (superbe thème principal), qui rappelle par moments les musiques d'Akira Ifukube. Le film de Gareth Edwards (II) est donc une bonne surprise au final, bien qu'on regrette de ne pas voir un peu plus Godzilla.