J'ai fini "Godzilla" version 2014 avec un sentiment assez partagé, mais globalement positif. Gareth Edwards livre un film visuellement impressionnant, où la créature titanesque reprend enfin toute sa dimension mythologique. Le soin apporté à la mise en scène, notamment dans les scènes de destruction, force le respect. Certaines séquences sont même franchement épiques, avec une atmosphère pesante et une tension bien dosée, notamment grâce à une bande-son immersive et un sens du rythme plutôt maîtrisé.
Cependant, j’ai trouvé que le film mettait un peu trop de temps à vraiment démarrer. Le choix de faire monter la pression en gardant Godzilla en retrait pendant une bonne partie du film est audacieux, mais parfois frustrant. On sent la volonté de se rapprocher du style des films catastrophe classiques, où l'humain est placé au centre de l'intrigue… mais justement, c’est peut-être là que le bât blesse. Les personnages manquent de relief, et j’ai eu du mal à m’attacher à eux, malgré un casting pourtant solide (Bryan Cranston, en particulier, méritait mieux).
Ceci dit, quand Godzilla entre enfin en scène, on est servi. Les combats contre les MUTO sont bien fichus, lisibles et spectaculaires, sans sombrer dans l'excès numérique comme c’est parfois le cas dans ce genre de production. Il y a un vrai respect pour la figure du monstre, une sorte de noblesse qui transparaît, et j’ai aimé cette vision presque "divine" de la bête, protectrice autant que destructrice.
Au final, je ne crie pas au chef-d'œuvre, mais j’ai passé un bon moment. Le film assume son héritage tout en proposant une approche plus sérieuse et contemplative que les versions précédentes (et heureusement bien loin du film de 1998…). Si vous cherchez un blockbuster qui prend le temps de poser son ambiance, "Godzilla" mérite qu’on lui laisse sa chance. Pas parfait, mais clairement un beau retour en grâce du roi des monstres.