"Godzilla" est un nouveau remake américain de cette cultissime licence japonaise. Après un long-métrage très moyen de Roland Emmerich dans les années 90, c'est au tour de Gareth Edwards de proposer sa version du gros monstre vert. Et autant le dire tout de suite, même si elle est loin d'être parfaite, sa vision est bien plus intéressante que le précédent long-métrage américain et son film est même probablement ma version préférée de la licence. La première chose à noter au sein de ce projet, c'est l'approche relativement différente de l'œuvre au niveau de son ton. Concrètement, on s'attendait tous à un film un peu bourrin et à un gros déluge d'action, qui serait donc dans la même veine que celui des années 90. Cependant, ce n'est pas tout de suite ce qui ressort le plus. Malgré tout, soyons quand même d'accord, car l'on se retrouve pourtant bien face à de grosses séquences d'action très impressionnantes. D'ailleurs, je trouve que le travail sur cette nouvelle version de Godzilla est assez réussi, car il dégage vraiment quelque chose de fort. Que ce soit au niveau de la façon de le filmer (souvent en contre-plongée pour symboliser sa démesure), son cri absolument effrayant ou son design parfaitement rendu grâce à la qualité des effets spéciaux, le lézard est donc totalement réussi. Mais comme je l'ai dit, ce n'est pas franchement tout ce qui ressort du visionnage, car avant d'arriver à ces séquences, le film prend vraiment tout son temps. Préférant développer l'univers et le contexte de tout cela avant de proposer de l'action, l'idée est de revenir aux origines mêmes du monstre : la symbolisation des dégâts de l'homme. On retrouve donc bien tout un développement autour de la question du nucléaire, à savoir la thématique de base de Godzilla. Et honnêtement, pour ceux ayant eu peur que le projet oublie encore une fois ces sujets, c'est un vrai soulagement. Dotant plus que, selon moi, cet effet permet de créer une vraie montée de tension. Finalement, on garde Godzilla de côté pendant un long moment, ce qui permet avant tout de créer du lourd et de renforcer notre excitation de le voir. Et finalement, quand cela se fait au sein de séquences de destructions particulièrement jouissives et impressionnantes, le résultat est encore plus fou. Globalement, le seul petit bémol que j'aurais à noter vient de la gestion des personnages. Si on expose leurs liens en début de film, on n'en fait finalement pas grand-chose par la suite, les rendant simplement à peine plus profonds que les personnages habituels des films catastrophes américains. Alors, finalement, le film réussit totalement son pari. Même s'il n'est pas excellent, car pas parfait partout, il m'a suffisamment impressionné pour me donner envie de le revoir. Pour conclure, de très bonnes idées.