Non, Xavier Dolan, le surdoué québécois, n'est pas l'homme d'un seul film, ce que l'on redoutait après l'autobiographique, narcissique et (souvent) agaçant J'ai tué ma mère. Son deuxième long-métrage est épatant, même s'il indisposera nombre de spectateurs. En vrac, pourquoi faut-il aimer Les amours imaginaires ? Pour sa stylisation extrême, pour ses fulgurances de montage qui cachent la minceur de son scénario, pour son humour irrésistible (les témoignages face caméra d'anonymes racontant leurs déboires amoureux dans un "dialecte" joual jouissif). Son thème, c'est l'amour, et rien d'autre, celui simultané de deux amis (garçon et fille) pour un Adonis mystérieux. Un sujet léger traité de façon conceptuelle, avec ses répétitions narratives, ses leitmotive musicaux (d'Indochine à Wagner, en passant par une version italienne de Bang Bang à tomber), ses cadrages sidérants, ses ralentis sublimes et irritants, son interprétation démente (Monia Chokri est incroyable). Xavier Dolan filme en toute liberté, pique ses références tous azimuts : Almodovar, Wong Kar-wai, la comédie italienne, la nouvelle vague française ..., et se crée son propre univers, pop et acidulé. Un Musset du nouveau millénaire ? Si l'on veut. En tous cas, un garçon qui badine avec l'amour et qui nous ravit avec ses confessions d'un enfant du siècle. Romantique et lyrique.
Xavier Dolan nous livre un film d'une grande beauté esthétique. Chaques plans sont travaillés et sublimés par une mise en scène pertinente. La B.O se fond complètement dans l'univers romantique et les acteurs font preuve d'une sincérité remarquable. Tout ca pour appuyer une histoire qui ne laisse pas indifférent. Une oeuvre à ne manquer sous aucun prétexte. Le mot "beau" prend tout son sens avec cette belle réusite canadienne .
plus aboutit que jai tué ma mère son lumiere costume plan tout est harmonieux les acteurs sont géniaux certaines répliques hilarantes xavier dolan montre à nouveau son génie on aime nos amours imaginaires!!film esthétique, comme si nous étions projeté dans un rêve...
Doux rêves d'amour idéalisés. Tout le monde est passé par cet état d'attente face à l'autre, qui ne fait que passer son chemin, sans établir le même contact. Ratage de l'amour ? Non, beauté de tomber amoureux, même si le manque de réciprocité peut faire mal. Mais à la première occasion, on se remet à rêver. tout cela est aborder avec douceur et tendresse dans les personnages du film...
Je n’aurai pas forcément eu le réflexe d’aller voir ce film si on ne m’avait pas invitée à l’avant-première et si je n’avais pas été (très bien) conseillée. Le titre ne me donnait pas d’envie particulière et si l’affiche était différente des autres elle n’a pas attiré mon œil plus que ça. Mais une fois installée devant l’écran, je ne l’ai lâché des yeux que lorsque le générique a démarré.
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Film vu hier soir, en avant-première, avec l'équipe du film. Je l'ai trouvé tout simplement magnifique. Les acteurs et les personnages sont terriblement réalistes. Esthétiquement, c'est une merveille. Les plans langoureux, alternant entre un cadrage très serré, à la limite de la photographie, à des séquences larges, les couleurs très pop, très acidulés, les costumes.. Tout est beau. Le scénario, que certain pouvant qualifié de léger, est admirablement servi par les acteurs habitant leurs personnages. Je préfère ne pas trop en dire, le film n'étant pas encore sorti en salle.
Quoi penser de ce film à la fois léger comme une bulle champagne vintage et profond comme le titre "bang bang" de Dalida qui tourne en boucle ? Le film est bon, certes, mais peut-être trop bon. Trop de références cinématographiques et artistiques qui manquent indéniablement de temps de mastication et de digestion pour finalement accoucher d'un véritable point de vue. On sent bien le jeune âge du réalisateur qui du haut de ses 21 ans admire les plus grands. Dommage, les ralentis et les effets de couleurs lors des scènes d'amour m'ont profondemment énervé sur la fin du film. La performance des trois acteurs restent toutefois remarquable, ce petit a du génie, on ne peut pas le nier mais attendons encore un peu et la maturité saura le révéler...
Le film apporte ce qu'il prétend apporter mais pour moi ce mélange de comédie brute avec les interviews qui sont pour la plupart vraiment hilarants et de comédie plus cinématographique (effets de ralentis, reprises de thèmes musicaux, parodies vestimentaires et autres) m'a gêné dans l'ensemble. Chacun aurait probablement mieux marché sans l'autre. En effet, en alliant les deux, les passages d'extrême esthétique ennuie plus qu'autre chose car tout ce qu'on attend c'est de retrouver l'authenticité des interviews. Et sans les coupures des interviews, je serai peut-être plus facilement entré dans cet univers loufoque. Pour moi, avec les Amours imaginaires, Xavier Dolan s'est privé de deux magnifiques films en essayant d'en faire deux en un.
Un film nombrilliste qui tourne autour du pot. Dolan dit faire du cinéma pour exister, ses films montrent effectivement que ça vie doit être bien creuse.
Que ce jeune homme fasse des clips si il aime tant que ça les ralentis, il arrêtera enfin de nous ennuyer avec son égocentrisme redondant. Le seul intérêt de ses amours imaginaires réside dans les faux témoignages, artifice un peu facile pour dépasser l'heure et demie, drôles et pourtant très vite lassant.
On adore à fond ou on déteste profondément, il n'y a pas de juste milieu possible. Personnellement, je suis d'avis qu'on arrête de crier au génie.
Cette année a déjà été riche en très bons films, mais il manquait lechoc, le véritable coup de foudre. Le voici donc ! "Les Amours imaginaires" se place donc en tête des films de l'année, et il me semble difficile à battre, ou alors je serai plus que comblé si un réalisateur arrivait à me toucher autant que vient de le faire Xavier Dolan. Ils sont très rares les films qui savent vraiment exprimer ce qu'il peut y avoir au fond de nous (ou tout du moins de moi), "Les Amours imaginaires" est de ceux-là.
Xavier Dolan a su capter comme personne ces amours rêvés, fantasmés. Cette passion qui naît comme ça, d'un rien. Ces petits gestes interprétés à notre guise, ces regards qui ne peuvent se détourner de l'être aimé et qui scrutent les moindres détails de son corps, ces rêves que l'on s'imagine. Cette jalousie qui nous prend quand notre amour est trop proche de quelqu'un d'autre. Ce drame qui nous envahit quand l'être fantasmé s'avère peut-être moins amoureux qu'on ne l'imaginait, qu'il s'éloigne de nous, jusqu'à la tragédie du refus catégorique. Dolan fait donc passer ses deux personnages principaux (un jeune homosexuel et sa meilleure amie, tous deux amoureux d'un jeune séducteur "belle gueule") par tous ces sentiments, et nous avec eux. Il teinte également sa plongée dans ces amours imaginaires d'une certaine (auto)dérision, comme un regard extérieur peut les voir, exagérés, incompréhensibles. Le génie de Dolan est justement, pour les deux personnages principaux, d'avoir réussi à combiner les deux regards, à la fois extérieur, plein d'humour (Dolan a une plume magnifiquement drôle de dialoguiste), et intérieur, nous faisant plonger au plus profond de leurs sentiments.
Dolan film ces "Amours imaginaire" avec un esthétisme magnifique et bluffant. Certains trouveront peut-être ça trop marqué, moi j'adore ça ! A l'image des-dits amours, son film est imaginaire, comme s'il pénétrait à l'intérieur de notre tête pour nous offrir un rêve. Les ralentis et les gros plans sont comme notre esprit qui se focalise sur certaines choses. Dolan, qui a également chaperonné les costumes et la direction artistique, a également su créer un univers réaliste mais presque irréel, très stylisé. Pour parfaire son rêve, il choisit une bande son en adéquation totale avec les sentiments de ces protagonistes.
Malgré ses multiples casquettes, Dolan se montre impeccable dans un rôle dont la part autobiographique est surement très grande. Dans son interprétation de la copine/rivale (au passages les coups bas entre les deux sont tout simplement irrésistibles !), Monia Chokri épate, et sait être tour à tour drôle (notamment par son style 50's) et touchante. Quant à Niels Schneider, il est parfait dans le rôle de la gueule d'ange, presque irréelle.
On peut donc dire que mon imaginaire est tombé sous le charme de ces "Amours", qui sont pour moi la révélation d'un jeune mais non moins talentueux réalisateur (car je n'ai toujours pas vu "J'ai tué ma mère", mais j'ai plus que jamais envie de réparer cette lacune au plus vite !)