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Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)
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Un visiteur
0,5
Publiée le 24 octobre 2010
Mais qu'est-ce que c'est que ça ? Je veux bien laisser tomber ma mauvaise foi, me doter d'un bon gout intellectuel péteux, mais rien n'y fait : "Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures)" est une œuvre incompréhensible pour le commun des mortels. La culture thaïlandaise nous apparait comme distante, indiscernable alors que la principale vocation du film et de sa tournée mondiale (dont cannoise) semblait être de diffuser le génie du réalisateur prodige Apichatpong Weerasethakul... Les prétendues "bonnes raisons" d'aller voir le film (made in Allociné) ne sont que des prétextes à s'ouvrir à un cinéma qui ne nous touche pas. Tout est impersonnel, inutile, sans émotion aucune. Seuls quelques frissons nous parcourent (la scène où le singe s'invite à table). Sinon, c'est le coma cérébral. Autant filmer un pissenlit dans un champ pendant deux heures pour avoir autant d'intelligence que ce film. On en ressort camé et défoncé. Mais pas dans le bon sens du terme.
Après le saisissant Syndrome and the Century, le père Api' retourne au fond des bois et nous gratifie de quelques belles scènes. Mais l'ensemble ne fonctionne pas toujours, et sans jamais vraiment s'essouffler (à ce rythme ça serait grave !), le film s'étire parfois au-delà du plaisir qu'il arrive à donner. L'histoire est claire est simple, et peut-être que sa limpidité, immédiate, le dessert. Ainsi le sens du film connu, et par conséquent attendu, les gestes du quotidien qui le compose perdent cette valeur singulière, qui les rendaient pourtant si attachant dans les précédents essais du Thaïlandais. Un film en demi-teinte, où Apichatpong Weerasethakul oubli un peu ce qu'est le cinéma, et ce que peux susciter certaines associations d'images chez un spectateur, au profit d'une beauté de l'image, que le canevas mystique de l'ensemble ne parvient pas toujours à rendre intéressante.