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Philippe C
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3,5
Publiée le 16 octobre 2021
J'ai eu le plaisir de voir ce film de Marco Bellocchio lors du festival Lumière 2021 à Lyon, présenté par Bellcchio lui même, dans un petite salle d'environ 150 places... évidemment ça crée une envie d'aimer le film. Il faut un peu de temps pour entrer dans le film et savoir qui du frère magistrat ou de la sœur qui vit plus ou moins recluse est le plus fou, d'autant plus que se mêlent parfois à l'action d'aujourd'hui des souvenirs ou des fantasmes de leur enfance où des faaits (le cambriolage) dont ne sait pas trop s'ils sont avérés ou rêvés... toujours est-il que le film évolue peu à peu vers un basculement, le frère semblant perdre son emprise sur la sœur, emprise qui est sa seule raison de vivre et la sœur ayant goûté à la liberté et à l'amour prenant peu à peu sa liberté et son envol... l'essentiel de l'actions e déroule dans un grand appartement bourgeois....Ce qui fait bouger les lignes, c'est cet espèce de saltimbanque à la fois sympathique et cynique que le juge croit responsable de la défenestration d'une jeune femme et qu'il va tenter d'utiliser pour tuer sa sœur...laquelle va tomber amoureuse de lui...le seul être équilibré dans tout ça, c'est la femme de ménage qui va aider la sœur à émerger et se libérer...jusqu'au grand saut dans le vide final Au total, l'atmosphère est souvent lourde, pesante et le film progresse lentement mais magistralement par ce jeu de bascule progressive. Piccoli et Anouk Aimé sont épatants dans leur jeu
Je cherche la signification de l'enfant dans ce film où la relation filiale est plutôt tendue. Je crois que je relie cette énergie enfantine avec le saut dans le vide. Comme si l'enfant, s'il sautait lui, pouvait voler car il possède cette légèreté que le héros ne saisit pas. Film intéressant au demeurant.
Un drame à la psychologie intéressante. Le sujet de la folie est bien traité notamment grâce à des dialogues poussés. Le point fort du film est sans doute les prestations de Michel Piccoli et Anouk Aimée dans des rôles durs à jouer (les personnages sont névrosés). La réalisation est fine et les dernières minutes particulièrement réussies.
Considéré comme un film important de Marco Bellochio ( prix d'interprétation à Cannes pour Michel Piccoli et Anouk Aimée, ainsi que prix italien du meilleur film de l'année), "le saut dans le vide" ne répond pas à toutes ses promesses.
Certes la première partie est franchement réussie dans la description d'un frère et d'une soeur tous deux atteints d'une névrose pas ordinaire qui vivent ensemble à Rome dans un bel appartement bourgeois.
Description clinique des symptômes des deux personnages, regard sur l'origine du trouble ( un père mentalement dérangé) et sur les trois frères restants qui semblent avoir échappé à cette contamination d'ordre psychologique. Toute cette partie tient la route.
Évidemment Bellochio n'a pas choisi le sujet au hasard et il veut sans doute donner au film un sens métaphorique. Attaque en règle contre la bourgeoisie vue comme dégénérée ou en dégénérescence, l'aspect politique du saut dans le vide se concentre dans la seconde partie, nettement moins aboutie.
Les longueurs et le manque de rythme des scènes ou le personnage d'artiste marginal ( finalement plus équilibré que ses vis à vis) interprété par Michele Placido, est à l'écran nuisent à l'équilibre du film.
L'interprétation de l'acteur n'est pas en cause, mais le scénario n'est pas ajusté à son personnage.
On notera que les deux prix d'interprétation sont donnés à deux acteurs, certes très fameux, mais doublés par des acteurs italiens, co production internationale oblige.
Les aficionados du cinéaste ne manqueront pas ce film, qui ne s'adresse pas au grand public. Les autres visionneront en priorité avec un meilleur profit " le traitre", " les poings dans les poches" notamment qui me semblent être les réussites majeures de ce cinéaste ambitieux et talentueux.
Film difficile d'accès de prime abord. Etouffant, oppressant , le film tourne autour de deux sacrés acteurs (surtout Piccoli,quel monstre). Mais l'ambiance et le sujet du film sont délicats à appréhender et ce qu'il en ressort est ambiguë.
«Salto nel vuoto» (Italie, 1980) de Marco Bellocchio a un air de mort. Et de bourgeoisie. Cest pour ces deux points que le film sapparente à Luis Bunuel. Si Bellocchio est italien et Bunuel espagnol, leurs cinémas se croisent dans les critiques des piliers de la société. Pas de quartier pour lEglise ou la bourgeoisie ! Ainsi «Salto nel vuoto» semble être un film post-Bunuel. Si la bourgeoisie tenait encore debout chez Luis Bunuel, elle titube clairement et flanche même carrément chez Bellocchio, si la foi avait pour représentation un cynisme amusé chez Bunuel, elle résonne chez Bellocchio comme une froideur de la contemporanéité. Bref, tout ce qui était volute et allégresse grinçante chez Bunuel nest plus que décrépitude et marche sur lescalier de la décadence. Car cest de décadence et plus spécifiquement de mort que semble parler «Salto nel vuoto». La répétition des fenêtres ouvertes, le désir de mort ( Bunuel encore là ) souvent exprimé, le film est comme cette force qui nous pousse à faire linterdit, comme cette gravité qui attire la conscience vers le saut dans le vide. Les deux personnages principaux : Michel Piccoli et Anouk Aimée, frère et sur vivant comme un couple, sont en proie à une certaine folie, clairement maladive pour le personnage dAnouk Aimée et plus subtile mais non moins surprenante pour le personnage de Piccoli. «Salto nel vuoto» est donc aussi un film sur la folie. Brassant folie, famille et mort, le film séclaire dune excentricité légère, une sorte de douce folie qui rode sur limage, où le suicide (et non pas la mort) peut surgir à tout instant. Cest donc létrangeté des situations, la critique poussée de lamour familial qui fait que «Salto no vuoto» (Italie, 1980) est un petit bijou, une uvre onirique par bien des points. Enfin Anouk Aimée et Michel Piccoli, comme toujours, sont en parfaite cohésion avec leur rôle.
Entre les Poings dans les poches et Vincere, il y a le Saut dans le vide, et sa paire d'acteurs, Michel Piccoli et Anouk Aimée, tous deux récompensés à Cannes en 1980 du double prix d'interprétation. Le film prolonge les questionnements de Bellocchio sur la folie, il est de fait éprouvant et difficile. Néanmoins, parsemé de touches plus légères, il prend une certaine ampleur dans la réalisation, confortée par le jeu époustouflant de Michel Piccoli et Anouk Aimée. C'est un grand film, qui interroge non seulement la société, mais aussi l'homme dans sa nudité, jusqu'au retour à l'enfance. Il peut faire penser à certains films de Buñuel, dans la violence du propos qui peut mener jusqu'à cette scène de saccage peut-être fantasmée. En effet, le Saut dans le vide semble avant tout irréel et fantasmagorique. L'appartement du frère et de la sœur est le théâtre de leurs douleurs. C'est l'obsession de la fuite qui règne alors, fuite salutaire ou fuite définitive : somme toute, dans les deux cas, le saut dans le vide.
Un psychodrame familial âpre et peu captivant qui dresse le portrait de la relation fusionnelle mais toxique entre un frère et une sœur, interprétés brillamment en revanche par le duo Piccoli/Aimée, tous les 2 récompensés à Cannes.
Bellocchio comme souvent fait prendre à ses personnages des postures extrêmes du coup le film devient peu intéressant à suivre. c'est bien joué mais tellement improbable.
Je suis peut-être trop attiré par le cinéma de l'entertainment, mais la vraiment, je dois dire que le visionnage de ce film ne fut pas pour moi un pur plaisir. A part le temps de quelques rares scènes, je me suis ennuyé ferme. Il faut avouer que les deux principaux thèmes traités, la folie et les relations ambigues entre frères et soeurs, n'ont pas pour coutûme de particulièrement m'attirer, mais c'est surtout la façon dont ils sont traités ici qui me rebûte particulièrement : dialogeus plutôt pauvres (est-ce dû à une mauvaise traduction ?), gros plans incessants sur les moments de repas, pauvreté du script... Bien sût, un vrai cinéphile prétendra exactement l'inverse, alors je vous conseille d'en juger par vous-même.