Décevant encore une fois, je n'arrive décidément pas à accrocher aux films de James Bond, semble-t-il. Le premier James Bond contre Dr. No était prometteur mais un peu maladroit, puis, Bons Baisers De Russie prenait un mauvais virage en poussant un peu trop le côté macho-man (limite misogyne) de l'agent secret et en enfermant ses personnages du "côté obscur" dans la caricature, et ceci malgré quelques bonnes scènes de poursuite. Ce troisième chapitre montre plus d'ambition au niveau purement esthétique : nouveau thème musical composé pour l'occasion, soin de la caméra et quelques idées originales de mise en scène (sûrement l'un des James Bond les plus raffiné), plastique attrayante des James Bond-girls... D'une certaine manière, Goldfinger (on pourrait même inclure le personnage) rime avec un retour à la sobriété. Là où le film s'embourbe c'est au niveau du scénario, et plus particulièrement dans tout ce qui touche, de près ou de loin, à la science et aux technologies. En guise d'exemple, je pourrais prendre cette scène où un avion conduit par Pussy Galore (l'associée de Goldfinger) déverse une quantité misérable de gaz nocif dans le ciel, causant dans la seconde suivante l'évanouissement de toute une population qui se trouve au-dessous, à une centaine de mètres. On trouve ainsi tout au long du film plusieurs absurdités de ce genre. Alors, d'accord, James Bond est un personnage qui appartient à un univers fictif mais tout de même, lorsqu'on écrit une histoire, on s'attache à un minimum de vraisemblance. Et que dire de Oddjob, dont l'arme est un... chapeau. Les scènes de combat et les effets spéciaux en général sont également un autre point faible (c'est moi ou y'a des problèmes de raccord? Des fois, on se croirait dans Benny Hill). Dans un sens, Goldfinger prend des risques et parfois c'est payant, comme les scènes autour de l'Aston Martin DB5, voiture truffée de gadgets. D'une manière générale, ce film comporte des qualités aussi grandes que ses défauts, mais la qualité de sa direction artistique ou l'ingéniosité de ses gadgets ne suffisent pas à contrebalancer ses invraisemblances scénaristiques et certaines négligences dans la mise en scène.