Aller c'est parti. On plisse les yeux, on essai de regarder les bords de l'écran plus que le centre, d'en baisser la luminosité, on met la radio pour avoir un bruit de fond et c'est bon, on peut enfin entrer dans le film. La musique Saga-Harry-Potter est là pour aider. J'imagine. Disons aussi qu'on ferme les yeux sur tous les lieux communs, sur tout ce qu'on sait déjà, le manque d'implication des acteurs, qui semblent chercher leur reflet à chaque instant, pas bien sur de qui ils sont. Et qu'on oublie que nous ne sommes pas ici, les jurys d'un concours de mauvais quasi-sosies. Disons qu'on passe également outre la froideur des dialogues, qui sentent l'après-coup digéré, le bilan schématique et souffrent du syndrome récitage de Baudelaire en cours d'histoire-géo. Et pourtant, malgré tout ces efforts, pourtant bien consentis, il reste difficile d'oublier l'effet parodie des guignols, comme toujours moins drôle que les bourdes originales du live, et toutes les grosses blagues de potaches, mordant sur le trop peu de transparence, et donc de consistance. Le film grime, survole, s'élonge, s'essouffle et ennui, on ne se sent ni vengé, ni attendri, mais en même temps moi je dis ça, j'habite en Suisse.