Un film comme seuls les années 70 avaient l'audace de les réaliser. La mise en scène de Ken Russell est hystérique, les décors, les costumes et la musique sont volontairement extravagants et anachroniques et la violence est affichée avec un mauvais goût affirmé. Et pourtant grâce à tous ses éléments, le film est une réussite. Réussite qu'il doit aussi aux compositions inspirées d'Oliver Reed et de Vanessa Redgrave. De tout cela ressort un vibrant plaidoyer contre l'intolérance et pour la liberté, qui n'a pas manqué de choquer les pisse-froid ainsi que le Vatican, et qui trouve plus que jamais écho aujourd'hui.
Un très grand film incontestablement même si Russell prend quelques libertés avec les faits historiques.Cela vous donnera une idée des méfaits de la religion sur les populations du moyen-âge et de l'histérie qui s'est emparée de certaines religieuses au contact de l'abbé de Loudun.
Un grand film, baroque et moderne, sur un épisode clé de l'histoire de France : la fin de la centralisation par Richelieu, commencée sous Louis XI. Tiré se la thèse d'Aldous Huxley ( "le meilleur des mondes"), Ken Russel a su faire une description de la violence de l'époque, peste, guerres de religion, extrémisme religieux, torture, utilisée à des fins politiques par Richelieu et Louis XIII. Dommage que l'un des meilleurs films sur l'histoire de France ait été fait par un réalisateur anglais.
Majestueux, mais aussi très dur (les scènes de torture et la scène finale sont très intenses), porté par l'interprétation exemplaire d'Oliver Reed et Vanessa Redgrave, "Les Diables" est le meilleur film de Ken Russell. Inoubliable. Souvenir d'avoir vu ce film à 12 ans, choc total. La scène d'intro est ahurissante. J'ai eu l'occasion de voir ce film dans sa version intégrale, avec deux trois dialogues supprimés de la version anglaise, mais présents dans d'autres versions. J'ai vu le film en VO (anglais), mais avec, donc, deux ou trois parties de dialogues en allemand. Les quelques dialogues supprimés traitaient de théologie. Histoire de ne pas froisser le public, ils avaient été retirés, et n'apportent, au final, pas grand chose en plus à un film déjà bien barré et choquant.
Cette fresque historique basé sur des faits authentiques sert à Ken Russell de prétexte pour faire un pamphlet contre l'hypocrisie religieuse. En mélant allègrement sexe, religion et violence, Russell signe encore une fois une oeuvre totalement déjantée dont la concretisation doit beaucoup à l'esprit libertaire des années 70 en Angleterre. Car une oeuvre de cette verve est devenue malheusement totalement inconcevable de nos jours face aux pressions religieuses qu'un tel projet entrainerait (cf les manifesations chrétienne pour des films bien moins contestataires). Cette oeuvre unique est uniquement ternie par un manque cruel de réalisme dans les décors et les costumes (les lunettes psyché violette de l'abbé Barré (qui porte bien son nom d'ailleurs) au XVII°siècle !).