Les Diables
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Redzing

1 467 abonnés 5 000 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 13 octobre 2026
Préambule : cette critique porte sur la version Director's Cut, que j'ai eue l'occasion de voir en salles lors du Festival Lumière 2026 à Lyon, dans une sublime restauration 4K. Ce fut une découverte pour moi (et quelle découverte !), n'ayant jamais vu la version cinéma qui fut longtemps censurée, voire interdite...
"The Devils" raconte l'histoire (vraie) d'Urbain Grandier, prêtre charismatique de Loudun sous Louis XIII. Grandier abuse de son statut et de son aura sexuelle pour coucher avec la moitié des femmes de la ville. Ce personnage de prime abord infect s'avèrera néanmoins autrement plus complexe. Certes il s'adonne aux plaisirs de la chair, certes il éconduit facilement ses conquêtes, mais il est en réalité sincère dans sa foi et son amour. Et il prône un discours de tolérance et d'indépendance... qui passe très mal dans une France où Richelieu veut un contrôle absolu.
Attention oubliez les drames historiques plan-plan, le film de Ken Russel est un véritable claque barrée et décadente, dont le protagoniste ambigu et débauché (formidable Oliver Reed) est peut-être l'élément le plus sage ! Ken Russel nous plonge dans des décors & costumes baroques et cauchemardesques, jouant sur des surfaces noires et blanches aux allures d'un asile du 19ème siècle. Ceci dans un univers où se mêlent peste, tortures, violence, pseudo-inquisition, orgies, bûcher, guerres de religion, qui donnent l'impression d'être aux pires heures du Moyen-Âge.
Des choix volontairement anachroniques, l'intrigue se déroulant au 17ème siècle, ce qui tranche complètement avec la représentation généralement plus "civilisée" de cette époque au cinéma. Je souligne également cette tentative d'exécution de religieuses dans une fosse ouverte, qui fait fortement écho aux massacres commis par le SS sur le Front Est pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Le réalisateur ne recule devant aucune audace ou folie de mise en scène pour son propos. A savoir, dénoncer l'obscurantisme, les excès, les frustrations, et les manipulations permises par les religions, ou tout simplement critiquer le totalitarisme. S'il baigne dans la fureur, Ken Russel ne franchit jamais la limite qui ferait de son oeuvre une provocation gratuite et bazaresque. Pour autant accrochez-vous, "The Devils" va loin dans les hystéries collectives catalysées par la religion stricte... ou dans les frustrations sexuelles des religieuses, toutes obsédées par ce prêtre exubérant. A noter d'ailleurs une interprétation hallucinée de Vanesse Redgrave, en nonne bossue et dévorée par le désir, qui va propulser l'intrigue en avant de par ses calomnies.
Une vraie gifle !
C3rnnun0s
C3rnnun0s

35 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 septembre 2026
franchement; 5 étoiles, très bon film sur l'histoire des possédées de Loudun. Très bien réalisé, graphique, dur.
Mais par contre POURQUOI Ken Russell a pris pour le rôle de l'exorciste un gars avec une tête de hippie (cheveux long et lunettes rondes bleues), c'est dommage ça dessert un peu la gravité du film.
Naughty Doc

1 052 abonnés 548 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 mai 2026
Découvert la restauration 4K des Diables de Ken Russell, permettant 50 ans plus tard de ré-incorporer les segments et plans graphiques jugés trop violents/obscènes lors de son exploitation salle. De quoi redonner ses lettres de noblesse à ce chef-d'oeuvre absolu, préfigurant le cinéma de Verhoeven ou Mel Gibson avec une opulence, une décadence et une audace qui laisse pantois même aujourd'hui.
Prenant place dans la France de 1634, The Devils conte l'histoire vraie des possédées de Loudun. En effet, cette ville du Centre restait la seule encore fortifiée après la révolte des chrétiens protestants face à Louis XIII. C'est dans ce contexte qu'on découvre que Loudun est tenue par le prêtre Urbain Grandier (Oliver Reed dans le rôle de sa vie), dont le sex appeal lui sert à connaître les plaisirs de la chair malgré sa fonction. En parallèle, la mère Jeanne (Vanessa Redgrave livrant une performance hallucinante) désire secrètement Grandier, littéralement consumée par ses pulsions sexuelles réprimées intérieurement.

Et alors que ces agissements jugés blasphématoires vont remonter jusqu'au cardinal Richelieu (désireux de faire tomber Loudun pour asdurer un controle total fu territoire hexagonal), l'Église catholique va mandater un baron et un prêtre pour une cabale : orchestrer des exorcismes forcés dans le but d'obtenir de fausses preuves condamnant Grandier.

Et c'est là que Les Diables est incroyable : son caractère frondeur, qui pourra faire passer La Dernière Tentation du Christ pour un film grand public ! Très Fellini-esque (on pense à Roma ou Salò niveau inspiration mais aussi Jodorowsky via un soin de production design intemporelle), le film est enfin complété : orgies en Église, tortures, fémur de forme phallique, viol de la statue Christique... Le film recule devant rien pour dénoncer les agissements institutionnels (la couronne et l'Église) se parant de toges et d'une croix dans la seule quête du pouvoir.

Les Diables est osé, même provocateur (le prêtre Barré qui va jusqu'à faire jaillir la pire des luxures en se protégeant derrière sa fonction). Mais derrière ce festival de débauche tient une histoire terriblement forte : celle de la manipulation des masses, et d'un questionnement théologique vis-à-vis de ce que représente la foi pour chacun.

En résulte un immense monument désormais dans son director's cut au piqué 4K de toute beauté. Une sacrée expérience
Clara Ollier
Clara Ollier

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 octobre 2025
Il est dur de noter ce film tellement il bouscule les codes. Les scènes d'orgies sont phénoménales, les décors et la composition des images très raffinées. Ce film remue, laisse place à de nombreuses interprétations et questionnement concernant les actions des nones, survie ou folie ? Pas étonnant que le film est une vie compliqué.
Maxime Duriau
Maxime Duriau

3 abonnés 49 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 octobre 2025
Une pépite des années 70 pleine de qualités, surtout visuelles. Des décors aux costumes, le film montre une importante recherche esthétique pour raconter l'histoire des possédées de Loudun sans chercher à faire un compte rendu historique. Une vision perchée de l'hypocrisie religieuse, où les déclarés hérétiques sont plus honorables (enfin pas toujours) que les dévots manipulateurs et où le vœu de chasteté ouvre la voie de la dépravation. L'Église aurait fait pression pour qu'on oublie ce film, heureusement ce ne fut pas tout à fait le cas. Peut-être ne supporte-t-elle pas l'image que ce miroir lui renvoie.
Thomas39
Thomas39

5 abonnés 27 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 septembre 2025
Une œuvre percutante et audacieuse qui, plus de 50 ans après sa sortie, conserve une force et une pertinence étonnantes. Le film aborde avec une rare fureur les thèmes de la corruption religieuse, de l'hystérie collective et du pouvoir politique, des sujets toujours d'actualité.

Ce chef-d'œuvre de la controverse reste un témoignage puissant de la capacité du cinéma à confronter l'obscurité de la nature humaine et des institutions.
feduc
feduc

3 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2025
Œuvre tout à tour choquante, grandiloquente, hors norme, folle et assez surprenante donc forcément indispensable !
Shawn777

835 abonnés 4 024 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 janvier 2025
Encore inédit dans sa version intégrale (qui existe, c'est juste Warner qui ne veut pas la lâcher), ce film réalisé par Kurt Russel et sorti en 1971, ne m'a pas vraiment emballé. Pourtant, il avait un sujet qui me donnait particulièrement envie ! De la nunsploitation critiquant donc évidemment la religion tout en revenant sur l'Affaire des démons de Loudun désignant le soi-disant supposé pacte avec le Diable du prêtre Urbain Grandier, accusé par Richelieu et orchestré par divers organisations politiques mais surtout religieuses. Eh oui, bon c'est une affaire compliquée mais pour la faire courte, Richelieu n'appréciait pas tellement les protestants et voulait mettre Grandier hors des murs de Loudon, ville encore fortifiée abritant aussi bien protestants que catholiques (bon il se trouve aussi que Grandier avait critiqué Richelieu et Richelieu il aime pas trop ça). Ça chauffe d'autant plus pour Grandier qu'il était connu pour être coureur de jupons et après avoir envoyé balader une fille qu'il avait mise enceinte, il refuse le poste que lui propose sœur Jeanne, qui est une sœur plutôt frustrée sexuellement (enfin c'est en tout cas comme ça qu'elle est dépeinte dans le film). Et c'est là que nous rentrons dans la nunsploitation, c'est-à-dire s'amuser (pour ne pas dire dégrader) avec l'image de l'Eglise en mettant en scène un couvent habité par des sœurs aux activités lubriques. Et alors là, ça y va parce-que du coup, Richelieu fait, de loin, orchestrer un faux procès et a besoin pour ça de l'aide de toutes les sœurs du couvent. En espèce de prêtre exorciste très excentrique demande alors aux sœurs de simuler des possessions et de se lâcher complètement si elles ne veulent pas être tuées. Et elles s'y donnent à cœur joie ! Une des scènes censurées d'ailleurs, présente dans la version que j'ai pu voir (mais non remasterisée) et emblématique du film les montre, complètement dénudées, démonter le Christ et essayer de s'enfoncer n'importe quel objet phallique. Alors même si j'apprécie beaucoup le genre et malgré la mise en scène particulièrement soignée et magnifique, il faut le dire, du réalisateur, cette scène résume un peu les problèmes que j'ai pu rencontrer avec le film. Non pas que je sois contre ce genre de scène, bien au contraire, mais on dirait ici que le réalisateur se complait avant tout dans cette mise en scène de débauche, surtout que ça s'enchaine. Alors je reconnais que c'est nécessaire pour raconter la frustration des nonnes et une certaine hypocrisie de l'Eglise mais si les spectateurs de l'époque ont pu être choqués, le film procure en fait aujourd'hui plus d'ennui qu'autre chose. On se lasse en effet assez vite de toutes ces scènes de luxure et même si le film n'en est pas rempli, le rythme est plutôt mauvais. Même si "Les Diables" est donc objectivement bon et possède beaucoup de qualités, notamment visuelles, il ne m'aura personnellement pas conquis.
elriad

532 abonnés 2 087 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 18 septembre 2024
Étonnamment moderne, parfois kitch, parfois baroque, dans des décors volontairement théâtraux, Ken Russel livre un film extraordinaire, anti-clérical, assumé, flamboyant. Vanessa Redgrave transcende ce film fascinant qu'il serait difficile certainement de tourner aujourd'hui, et confirme qu'il est un grand réalisateur. Culte !
Charlotte28
Charlotte28

213 abonnés 3 001 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 septembre 2023
Une charge violente contre la manipulation religieuse ou politique à travers de fallacieuses possessions démoniaques dues en réalité à de la frustration sexuelle, une forme de démence ou une crainte des représailles. Qu'il s'agisse des scènes orgiaques ou du montage, le kitch l'emporte de façon baroque et parodique jusque dans la représentation très discutable de Richelieu et de Louis XIII en parallèle d'un blâme de la torture et des chasses aux sorcières aussi violent que sa mise en scène au sein de laquelle se distingue l'interprétation magistrale d'Oliver Reed. Déroutant par son hybridation générique qui en fait cependant une satire aux deux sens du terme. Singulier.
Nicolas Ragonneau
Nicolas Ragonneau

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 juillet 2021
Chef-d'œuvre. Film terrifiant, choquant, politique, visionnaire, inoubliable. 50 ans plus tard, toujours aussi fort.
Ykarpathakis157

6 253 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mars 2021
Cité par le réalisateur Alex Cox et le critique Mark Kermode comme l'un des dix plus grands succès du cinéma de tous les temps. Les Diables est basé sur une histoire vraie qui se déroule en France en 1634 sur les maux de l'église et de l'état contrôlée par des hommes avides de pouvoir et pervers qui s'attaquent à la foi et à la peur et sur un prêtre le Père Grandier qui tente de protéger les libertés et les murs de sa ville de Loudun. Deux ans avant la sortie de L'Exorciste Ken Russell met l'Église catholique sous les feux de la rampe en filmant l'un des films les plus dérangeants de tous les temps. Outre le fait qu'il s'agit d'un chef-d'œuvre technique et esthétique c'est un film qui provoque un sentiment d'anarchie implacable. L'hystérie et les illusions religieuses, l'horreur de l'arrogance et de la dépravation humaines et l'amour qui se transforme en haine. Il est difficile de le mettre en mots il faut simplement le regarder pour comprendre la simple splendeur de ce film...
Henrico
Henrico

236 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 31 août 2020
Le fond, la forme, les acteurs, tout fait de ce film de Ken Russell un chef d'oeuvre absolu. Russell nous jette au visage ici sa vision violente, érotico baroque, proche de celle d'un Kubrick dans ses "oranges mécaniques", de faits qui se sont réellement produits en France au 17ème siècle. Le plus choquant de cette Histoire n'est pas la vision du réalisateur, mais les réactions pudibondes de nombreux "critiques", américains en particulier, qui ont semblé avoir oublié Salem et McCarthism. De sombres, violents et sordides épisodes de chasse aux sorcières de leur propre histoire.
Shephard69

411 abonnés 2 259 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2019
En adaptant assez librement un roman d'Aldous Huxley revenant sur l'affaire des démons de Loudun, le réalisateur anglais Ken Russell signe là une oeuvre très régulièrement dépeinte comme le film le plus scandaleux de l'histoire du cinéma et qui offre une vision de l'Eglise catholique au XVIIème siècle tellement sombre et dérangeante que près de cinquante ans après sa sortie, les studios de production de Warner Bros. Pictures n'en ont toujours pas sorti une version intégrale et définitive et, étant toujours à la recherche de sensations inédites, un film que j'avais, pour ces raisons, hâte de découvrir. De prime abord, un long-métrage difficile d'accès à cause de son écriture très théâtrale, shakespearienne puis un ensemble qui prend ensuite toute son ampleur grâce à une mise en scène magnifiquement baroque et provocatrice. A travers une chasse aux sorcières fomentée par le Cardinal Richelieu, une peinture partagée entre l'âpreté des procès pour sorcellerie de l'Inquisition et la frivolité de la cour du roi Louis XIII. Un bon nombre de séquences parfaitement irrévérencieuses comme celles des orgies des religieuses. Des thèmes extrêmement forts et abordés de façon intelligente mais frontale tels que le désir charnel pour des êtres dont la vie est centrée sur la foi et la chasteté mais aussi la liberté des moeurs ou encore l'intolérance de l'Eglise et les préjugés puritains sur la sexualité. D'impressionnantes interprétations de la part d'Oliver Reed, surtout connu de nos jours pour son rôle de Proximo dans "Gladiator" de Ridley Scott ou de Michael Gothard excellent en prêtre exorciseur trouble et surtout de Vanessa Redgrave, tout simplement géniale de perversité et de machiavélisme. Au final, un ensemble imposant, indéniablement rock, puissant mais malheureusement édulcoré par des scènes manquantes au montage.
konika0
konika0

38 abonnés 778 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 septembre 2019
Dieu est une idée comme une autre.
Ken Russell a un cinéma bien à lui. Il aime traiter son sujet avec liberté et prendre le risque de déstabiliser. En ce sens, il rentre un peu dans la même case qu’un Verhoeven (dont le prochain film pourrait rappeler celui-ci). Nous sommes au XVIIème et l’ambiance n’est pas super chaleureuse entre catholiques représentés par Rome, Louis XIII et Richelieu et protestants. A Loudun, au contraire, on prône la tolérance et une certaine liberté de cul(te). A la tête de la cité, un prêtre sexy adulé de tous et opposant au pouvoir centralisateur autoritaire. Pour Richelieu, il s’agira donc de faire tomber ce personnage gênant. Tout cela est inspiré de véritables événements mais plus que la véracité du récit, l’intérêt est dans le propos concernant la tolérance. On tient là un magnifique personnage rempli d’ambiguïté et profondément libre. Le film évoque aussi la question du désir face au devoir du clergé. Tout ce monde là se bat pour assumer ou au contraire rejeter son désir sexuel. On assiste assez médusé à des scènes presque oniriques montrant les méthodes de l’inquisition et des pétages de câbles collectifs assez hallucinants. Enfin, l’interprétation est aux petits oignons et les décors, totalement et volontairement anachroniques sont du plus bel effet. En bref, un film bien chaos qui fait du bien.
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