Encore inédit dans sa version intégrale (qui existe, c'est juste Warner qui ne veut pas la lâcher), ce film réalisé par Kurt Russel et sorti en 1971, ne m'a pas vraiment emballé. Pourtant, il avait un sujet qui me donnait particulièrement envie ! De la nunsploitation critiquant donc évidemment la religion tout en revenant sur l'Affaire des démons de Loudun désignant le soi-disant supposé pacte avec le Diable du prêtre Urbain Grandier, accusé par Richelieu et orchestré par divers organisations politiques mais surtout religieuses. Eh oui, bon c'est une affaire compliquée mais pour la faire courte, Richelieu n'appréciait pas tellement les protestants et voulait mettre Grandier hors des murs de Loudon, ville encore fortifiée abritant aussi bien protestants que catholiques (bon il se trouve aussi que Grandier avait critiqué Richelieu et Richelieu il aime pas trop ça). Ça chauffe d'autant plus pour Grandier qu'il était connu pour être coureur de jupons et après avoir envoyé balader une fille qu'il avait mise enceinte, il refuse le poste que lui propose sœur Jeanne, qui est une sœur plutôt frustrée sexuellement (enfin c'est en tout cas comme ça qu'elle est dépeinte dans le film). Et c'est là que nous rentrons dans la nunsploitation, c'est-à-dire s'amuser (pour ne pas dire dégrader) avec l'image de l'Eglise en mettant en scène un couvent habité par des sœurs aux activités lubriques. Et alors là, ça y va parce-que du coup, Richelieu fait, de loin, orchestrer un faux procès et a besoin pour ça de l'aide de toutes les sœurs du couvent. En espèce de prêtre exorciste très excentrique demande alors aux sœurs de simuler des possessions et de se lâcher complètement si elles ne veulent pas être tuées. Et elles s'y donnent à cœur joie ! Une des scènes censurées d'ailleurs, présente dans la version que j'ai pu voir (mais non remasterisée) et emblématique du film les montre, complètement dénudées, démonter le Christ et essayer de s'enfoncer n'importe quel objet phallique. Alors même si j'apprécie beaucoup le genre et malgré la mise en scène particulièrement soignée et magnifique, il faut le dire, du réalisateur, cette scène résume un peu les problèmes que j'ai pu rencontrer avec le film. Non pas que je sois contre ce genre de scène, bien au contraire, mais on dirait ici que le réalisateur se complait avant tout dans cette mise en scène de débauche, surtout que ça s'enchaine. Alors je reconnais que c'est nécessaire pour raconter la frustration des nonnes et une certaine hypocrisie de l'Eglise mais si les spectateurs de l'époque ont pu être choqués, le film procure en fait aujourd'hui plus d'ennui qu'autre chose. On se lasse en effet assez vite de toutes ces scènes de luxure et même si le film n'en est pas rempli, le rythme est plutôt mauvais. Même si "Les Diables" est donc objectivement bon et possède beaucoup de qualités, notamment visuelles, il ne m'aura personnellement pas conquis.