La première fois que j’ai entendu parler de R.I.P.D., l’histoire d’un flic décedé recruté dans cette brigade pour retrouver son assassin, j’étais plutôt curieux de découvrir ce film en salles, m’imaginant un polar tendu. Puis j’ai eu une semi-déception quand la bande annonce est arrivée car j’ai découvert qu’il s’agissait d’une comédie d’action pleine de créatures fantastiques infiltrées chez les vivants et où les éradiquer était le but premier. J’aurais du mieux m’informer… . Malgré tout j’étais quand même enthousiaste, me disant qu’il s’agirait d’un divertissement plutôt fun et sans prise de tête. Les critiques assassines m’ont mis le doute, et maintenant que je l’ai vu, je peux vous dire qu’elles ont raison.
Quand vous entrez à la R.I.P.D. et que vous retournez auprès des vivants, vous n’aurez plus la même apparence, si bien que Ryan Reynolds est maintenant perçu comme un vieux chinois et Jeff Bridges comme une bombe sexuelle blonde qui attire tous les regards de la gente masculine. Et si je vous disais que la découverte de ses avatars était l’un des seuls points comiques du film ? Mis à part ça je n’ai pas ris une seule fois, les vannes sont mal vendues et foireuses de surcroit. On attend normalement d’un buddy cop film un minimum de complicité entre les deux flics, malheureusement l’alchimie n’est pas là et les personnages manquent de charisme. Ryan Reynolds est comme qui dirait inexistant (stop les comics, mec!) et le pourtant talentueux Jeff Bridges surjoue beaucoup trop et transforme sa prestation en caricature, son personnage parait alors rapidement lourd. Dommage, il jouait pourtant bien le cow-boy dans True Grit des frères Coen.
Étant donné qu’on ne s’attache pas aux personnages, difficile de s’intéresser à leur motivations et à ce qui va leur arriver. Le scénario frise l’indigence, les enjeux s’essoufflent au fur et à mesure tout comme l’intérêt qu’on porte devant ce film. Et que dire de la réalisation de Robert Schwertke qui donne l’impression d’avoir découvert un nouveau procédé : le zoom ! Sans déconner il l’utilise à tout bout de champ, ça en devient gênant voire énervant, surtout que ça nique un peu la lisibilité de l’ensemble. Et puis les morts qui se glissent parmi les vivants, appelées les crevures, sont plus laides les une après les autres, le design en CGI ne les rend absolument pas terrifiants mais ridicule en raison de leur physique beaucoup trop difforme et caricatural.
Vous l’aurez compris, grosse déception en ce qui concerne ce R.I.P.D. , un mix entre Men In Black et SOS Fantômes complètement foiré, manquant cruellement d’humour et d’émotion. On se demande sérieusement qu’est-ce qui a poussé Robert Schwentke et les acteurs à s’embarquer dans cette galère ! Reste à saluer de belles images, quelques séquences d’actions, Mary-Louise Parker qui a quand même des répliques sympa et Kevin Bacon plutôt efficace en bad guy.