Décidemment la réputation du "vieux" Miyazaki n'est pas usurpée. Un film pour toutes générations, un peu testament et démonstration de sa pleine liberté de nous proposer un voyage dans l'imaginaire, les rêves pour mieux revenir à la réalité des humains.
En sortant l'impression d'avoir vu un mix inattendu d'Alice aux pays des merveilles et de… 2001, l'odyssée de l'espace! La pierre du grand-oncle fait furieusement penser au monolithe noir de Kubrick. La mort, la renaissance, la continuité de la vie d'une génération à l'autre, les messages s'entrechoquent et ne sont pas tous résolus, libre au spectateur de se laisser porter dans ce voyage mystique, très visuel, plus que sonore, la musique laissant souvent la place à de longs silences.
Le riche graphisme des paysages offre son lot habituel de couleurs dégradées, complémentaires et bien plus fouillées que les personnages eux-mêmes.
Le feu détruit autant qu'il purifie, l'eau porte le marin ou renverse le navire, la terre nourrit la végétation luxuriante ou ensevelit les corps, l'air accueille le héron ou souffle la tempête. On n'est jamais manichéen, toujours un passage existe vers un monde différent, porteur d'un minimum d'espoir, dans les situations les plus désespérées.
Les petites perruches, lorsqu'elle deviennent géantes, sont des gardes du corps carnivores redoutables. Et réciproquement.
Et puis, même sans message, l'animation multiplie les envols, les panoramas sublimés, lesquels sont en soi déjà un régal de tous les instants pour les yeux.
Bref, la sérénité est au coin de la vielle tour délabrée.
cinéma - novembre 23