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The Claw
76 abonnés
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4,0
Publiée le 8 août 2019
En voilà un super film. Ca se présente comme une histoire qu'on a déjà vue ailleurs (des gens sans scrupules qui payent un tueur à gages pour tuer un membre de leur famille et récupérer le fric de l'assurance vie), mais ici, l'originalité, c'est qu'on va tout voir du point de vue des commanditaires, et on en saura autant qu'eux, autrement dit on ne va pas voir grand chose et on en saura pas plus, et ce jusqu'à la dernière demi-heure où les scènes à ne pas mettre devant tous les yeux s'enchainent (la scène du poulet frit restera dans les annales - comprendra qui pourra). Mais je tiens à préciser que même si on ne voit pas grand chose pendant la première heure du film, tout ce qui nous est raconté et l'ambiance générale du film est déjà bien glauque, et laisse augurer du pire. Côté casting, c'est impeccable : Matthew Mc Conaughey assez flippant dans le rôle titre, Emile Hirsch qui se prend des poings dans la gueule tout le long du film (le pauvre), Juno Temple, vraiment troublante dans son rôle ambigu entre ange et démon, l'acteur qui joue le rôle du père dont j'ai oublié le nom, mais qui le joue à merveille, un gars qui subit un peu tout ce qui lui tombe dessus en en ayant pas grand chose à faire, et la géniale Gina Gershon, que j'adore, qui n'aura décidément pas eu la carrière qu'elle méritait au cinéma, et qui nous le prouve encore une fois à travers ce rôle de délurée totale. Vous l'avez compris, j'ai adoré : c'est machiavélique, malsain, bourré d'humour noir et rempli de personnages charismatiques foutrement bien interprétés.
Super film digne d'un bon Tarantino. Des personnages bien déjantés qui vous feront définitivement penser que votre famille est formidable, un scénario et une mise en scènes irréprochables et des acteurs au top! Mathew mac Connaughey est tout simplement irrésistible en flic un peu particulier et Emile Hirsch a oublié les grands espaces d'Into the wild pour se plonger dans des petits trafics minables. Bref, un grand moment de bonheur pour ceux qui n'ont pas peur des coups!!!
un film d'une audace incroyable, mélange de film noir classique façon "assurance sur la mort" (le titre anglais de ce classique révèle aussi le pitch de killer joe), de série B puisant ces racines dans les bas fonds populaires texans (j'ai pensé aussi aux séries B type red rock west), et enfin aux films ultra violents, borderline, mais avec une distanciation appréciable et un humour salvateur qui permet de garder un vrai plaisir de spectateur même dans les scènes les plus trashs. Une des morales de ce film pourrait être de montrer que quand on maitrise parfaitement les codes cinématographiques comme william friedkin, on peut quasiment tout filmer, ce film en est la preuve. Mis en d'autres mains, ce film aurait pu être classé X, joué par d'autres acteurs (performances flamboyantes de mc conaughey), ce film aurait pu être un nanar ...c'est marrant j'ai imaginé une seconde, et une seule, le personnage de killer joe joué par Jean Dujardin ...et de me dire que çà ne l'aurait pas du tout fait .. un quasi sans faute, mais pour public averti. Je ne sois même pas sûr qu'un type comme Tarantino soit vraiment au niveau de ce genre de film. Chapeau l'artiste Friedkin
William Friedkin revient en force en adaptant de nouveau une pièce de Tracy Letts et nous offre un film brut complètement immoral où un jeune homme est capable de prostituer sa sœur et de la livrer en pâture à un flic pas très net, tueur à gages à ses heures à condition que celui-ci exécute un contrat qui consiste à tuer sa mère. Personne n'est à sauver dans cet univers corrompu où tout le monde trompe tout le monde, où les gens sont capables des pires choses pour tenter de s'en sortir et où les pilons de poulet donnent lieu à une scène mémorablement dérangeante. "Killer Joe" va très loin dans ses propos et dans sa violence et c'est exactement pour ça qu'on l'aime, le tout filmé avec talent par un Friedkin qui n'a pas été aussi en forme depuis longtemps. Et puis il y a les acteurs, tous formidables que ce soit Emile Hirsch en jeune endetté prêt à tuer sa mère, Juno Temple en jeune fille larguée dans une famille pourrie ou même Thomas Haden Church en père un peu demeuré, qui suit le mouvement plus qu'il n'agit. Mais le film ne serait rien sans la prestation bluffante de Matthew McConaughey qui trouve son plus grand rôle à ce jour, l'acteur étant parfait avec son accent texan dans le rôle de Joe Cooper, personnage imprévisible et capable des plus surprenants accès de violence et de perversité. Le tout pour notre plus grand plaisir évidemment.
Comme d'habitude William Friedkin frappe le spectateur. D'une noirceur à peine croyable, violent autant physiquement que psychologiquement (sexuellement malsain). Chaque personnage est pourri, les dialogues bien interprétés par une belle distribution, en tête Juno Temple fabuleuse. la mise en scène est typique du cinéaste.
L’action va se dérouler dans un « trailer park », un de ces amas de caravanes crasseuses proche du camp de réfugiés, où le degré de pauvreté et d’inculture aurait tendance à faire ressembler le lieu à une région du tiers monde. Vu dans pas mal de films. La charmante famille que l’on va nous présenter est l’image d’Epinal de la « white trash » culture américaine : le père, les neurones noyés dans la bière matant des courses de tracteurs à la télé (TF1 devrait être bientôt sur les rangs) ; sa nouvelle épouse, vieille nympho qui se prend pour la starlette de la cafèt’ et dont la première vision du spectateur sera sa « touffe » ; le fils, un dealer raté pathétique ; la fille, petite chose tombée du nid, un anachronisme familial claquemuré dans un monde imaginaire. Cette belle brochette de personnages va imaginer un stratagème affligeant de naïveté pour se faire du fric. Embaucher un tueur à gage pour éliminer la mère et ex femme des associés pour empocher la prime d’assurance vie ; un classique scénaristique, mais là la traitement sera très trash. Le tueur n’est autre qu’un flic de Dallas exterminant le week end quelques personnes pour 25.000 euros afin d’arrondir ses fins de mois. Fallait l’inventer ce personnage, et le scénario lui donne une épaisseur incroyable digne d’un personnage sombre à la Tarantino ou à la Coen. Et puis comme chez ces 2 réalisateurs, Friedkin va donner un tour inattendu et foireux au plan initial ; un vrai régal. Friedkin, à plus de 70 ans, affiche une jeunesse déconcertante. Papy en n’a rien à faire du bon goût et assume un côté outrancier énorme. Entre rire et terreur, ce film est noir comme un thriller mais drôle comme une comédie car excessif et cynique. Une véritable farce, parfois choquante, mais c’est un vrai plaisir d’être emporté dans cet univers irréel de violence. La dernière scène hyper violente et très ramassé est juste l’excès de trop à mon goût. Et puis, Matthew Mc Conaughey, que j’avais adoré dans « Mud », instille sa dose de venin au récit ; excellent et brillant dans son ambivalence de charme et de violence. Plus moderne et plus féroce, mais on ne peut que penser à Robert Mitchum dans « La nuit du chasseur ». Ame sensible s’abstenir tout comme les vertueux… Les autres, foncez dans cette histoire hors norme.
De façon un brin étonnante, j'aurais donc découvert William Friedkin surtout pour Matthew McConaughey (qui allait grâce à Killer Joe poursuivre son ascension vers la respectabilité) et même pas pour le réalisateur en lui-même, pourtant auteur renommé avec quelques classiques au tableau de chasse. A 77 ans, le cinéaste apparaît en tout cas toujours sous un jour très plaisant, décomplexé, refusant toute concession, filmant avec fougue et inspiration. Son histoire complètement amorale, relativiste au possible, sur fond d’Amérique redneck, celle des bouseux et de la fange humaine, est marquante de par sa noirceur et sa capacité à déranger. Si l'outrance conduit parfois à sourire, ça n'est en rien gênant puisque même dans ces moments comiques, le film conserve cette prégnance malsaine qui sert si bien le propos cynique sur l'Amérique et la civilisation. Pas sans rappeler les frères Coen, comme beaucoup l'ont dit. Surtout, Killer Joe est visuellement très accompli, surtout de par sa photographie vraiment chiadée et sa créativité pleine de volonté. Et les acteurs se mettent au diapason, à commencer bien sûr par un McConaughey saisissant en psychopathe extrêmement complexe, et impossible à cerner facilement malgré sa propension première au vice et à la folie hallucinée. Emile Hirsch s'en tire également très bien, et Juno Temple incroyable d'un sex-appeal qui culpabilise dans un rôle si jeune. Son personnage est la voie d'entrée dans un contre de princesse macabre, le noyau autour duquel les autres protagonistes et le propos que leurs actions dessinent gravitent véritablement. On sent d'ailleurs l'influence théâtrale du scénario, adapté d'une pièce de Tracy Letts, ainsi que les références à des structures dramatiques réutilisées puis détournées pour conférer une très belle richesse à l'ensemble, impressionnante pour ce qui peut se regarder comme une série B. Un point d'ailleurs très incertain, quand Killer Joe est assez malin pour être lu au premier comme au second degré, avec des effets différents. Bref, malgré des passages presque lourds où l'outrance menace dangereusement, l'écriture de cet OVNI anticonformiste et incroyablement noir est très, très réussie. Je rajoute, avant de conclure, un coup de cœur pour Thomas Haden Church dans son rôle de père obtus et dégénéré. Bref, une oeuvre marquante, loin d'être parfaite mais travaillée, osée et inventive. A 77 ans, c'est remarquable.
Jusque là, William Friedkin est un cinéaste ne m'ayant jamais convaincu par ses classiques "L'exorciste" un peu chiant et "French Connection" long et dont la fin est en plein milieu d'une scène. "Killer Joe" sans être un chef d'oeuvre absolu est une réussite. Une oeuvre outrancière un véritable doigt d'honneur à la bien pensence, ne carressant jamais le spectateur dans le sens du poil, mais souhaitant le déranger et le secouer quitte à aller trop loin. Too much est sans doute le défaut du film. On suit dés les premières images une famille de tarés uniquement interessé par le gain, et dés les premières images, cela va loin. On se demande jusqu'ou ça ira à la fin et ça continue en empirant. Tout ce qui peut y avoir de pire en l'être humain est représenté quitte à être à la limite de la caricature est c'est sans doute ce qui lui fait défaut. Peut être qu'il lui aurait fallut mieux traiter en profondeur ses thèmes, peut être faire ressortir une certaine reflexion. Mais heureusement les acteurs semblent habités jusqu'au bout, allant très loin, et Friedkin a toujours le bon point de vue de mise en scène, ne jugeant jamais ses personnages et leur morale. On regrattera ce qui semble être une habitude chez lui à finir ses films au milieu du dénoument sans aucune raison valable, ce qui est très frustrant. Bien qu'étant un film noir, sombre, trash et nihiliste il est pourtant coloré et lumineux à voir.
Poisseux, malsain, les adjectifs qui sentent le souffre ont tous leur place pour qualifier ce film de Friedkin. Les acteurs (McConaughey en tête) sont brillants, on ne peut pas rester indifférent face à cette histoire de dégénérés. L'ambiance est ultra pesante on est pris en otage avec pour seule option l'étouffement jusqu'à un dénouement dantesque. "Âmes sensibles..."
Il est difficile de débuter une critique sur " Killer Joe " tellement les sujets abordable concernant ce film sont exhaustifs! William Friedkin , l'un des doyens du cinéma actuel revient en force avec ce film sur une famille acceptant de faire tuer leur mère afin de toucher son assurance - décès. Le ton est donné , le politiquement incorrect dominera durant toute la durée du film. Ce style de film critique contre la socièté a déjà été maintes fois fait de manière plus ou moins bien. Friedkin conservant toujours l'aura des cinéphiles grâce aux succès critiques et public de L'exorciste et French Connection, nous livre sa vision des Etats Unis d'aujourd'hui. Apres quelques années de vache maigre sur ces films qui n'ont pas rencontré le succès escompté, on pouvait être perplexe! Le casting fait, l'angoisse monte encore : Que vient foutre Emile Hirsch la dedans avec Matthew McConaughey, adepte des films kitches, et tête d'affiche de plusieurs nanars depuis 2000. Qui est cette Juno Temple ? Une fois sorti de la salle, une seule phrase m'est venu à l'esprit : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Car p***** quelle claque, j'ai vu du cinéma , du vrai ! Les acteurs sont tous excellents ( surtout McConaughey qui se rapproche de Casey Affleck dans the killer inside me au niveau de la prestation ) et embrassent à merveille un scénario très intelligent. La finesse d'écriture est tout simplement stupéfiante! Bien sûr, toutes les scènes ne sont pas à mettre sous des yeux non avertis, mais c'est le fond qui est le plus intérréssant même si la forme est aussi très maîtrisé enchainant des moments violents et d'autres plus posés mais tout aussi malsain vu le contexte de l'histoire. Ainsi qu'une technique et une maîtrise de la caméra qui j'espère servira d'exemple. Moi-même je me suis posé, certaines questions sur le message ou l'idée qu'avait en tête le réalisateur : voulait il choqué ? Marqué les esprits ? .... La fin du film provoque ce déclic chez le spectateur : William Friedkin nous livre la plus belle définition de ce qu'est le cinéma américain d'aujourd'hui. La prospérité, l'image , la grandeur des Etats-Unis , tout ceci est terminé . Le vainqueur de la Seconde guerre mondiale et la Guerre Froide a disparut , L'Amerique fait peur dorénavant! La misère , avec encore de la misère accentue celle-ci et le pays commence une chute libre dans les profondeurs de ce qu'est la décadence des hommes provoqué une socièté du haut tirant les autres vers le bas. Chaque gangrène qui ronge notre socièté ( pédophilie , meurtre , pauvreté , corruption , violence ) tout est implicitement décortiqué dans cette oeuvre et nous fait réfléchir pendant environ 1h50 de bonheur cinématographique et de malheur sociètal !
"Chérie, on mange quoi ce soir ? - Des pilons de poulets, ça te va ? - Heuuuuu..." sera sans doute votre future réaction après avoir vu le dernier film de William Friedkin. Un portrait à peine exagéré des bas fonds de l’Amérique, avec ses idiots sympathiques, mais terriblement idiots. Une famille où chacun ne pense qu'à sa pomme et entraine les autres avec lui. La scène finale, très longue, très rythmée, et avec un final tellement génial et en cul de poule ( cul de poule - pilon de poulet... ) qu'on reste scotché, et que le tout nous prend à réfléchir sur la morale de tout ça. Le verdict est sans appel, il n'y en a aucune. La morale est modulable, comme celle du "Tueur Joe", à la fois policier et meurtrier. No mercy.
Un film très inégal du grand William Friedkin où l'on passe de moments proche du ridicule à des grands moments de violence et d'humour noir. Les personnages sont tous aussi noirs et faibles les uns que les autres. On a parfois du mal à comprendre leurs actes. Matthew McConaughey est loin du genre de rôle qu'il a l'habitude de jouer, il nous sert ici une prestation assez intéressante. Je trouve que toute la première partie est une longueur où l'on tourne en rond avant que tout s'accélère avec un final cru très marquant, à l'inverse de l'ensemble du film.
Évidemment un film à ne pas mettre devant tous les yeux tant on y pousse l'abject, le glauque, le pervers, la violence physique et sociale, le sexe, la misère intellectuelle et financière et l'immoralité de façon générale. Avec ces ingrédients, en immersion dans une famille tuyaux de poêle, ce film est un véritable régal, un petit bijou à savourer avec délectation, sans tabous, deshinibé, brut de décoffrage, avec des scènes quasi culte et en final en feu d'artifice. Matthew Mcconaughey y incarne un personnage grandiose avec un talent et un lâcher prise total et Juno Temple est une sublime, naïve et dénudée victime d'une famille complètement déjantée qui fait appel à un flic le jour, tueur à gage la nuit, pour tuer la mère et épouse qui a contracté une juteuse assurance vie, laissant au passage à Killer Joe, la jeune, belle et sexy Juno Temple comme caution et esclave sexuelle. Montée en violence et perversité progressive, avec beaucoup d'humour, dans l'esprit Tarantino ou Rodriguez, en poussant même le bouchon plus loin. La scène de repas vers la fin et la Bénédicite est une pure merveille d'humour noir décalé. Un film déjà quasi culte pour personnes averties qui en valent largement deux.