Killer Joe
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LUET M
LUET M

57 abonnés 184 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 septembre 2012
Après un ‘Bug’ moyennement convaincant, William Friedkin (‘L’Exorciste’) fait un retour fracassant derrière la caméra avec un ‘Killer Joe’ encore plus violent et plus dérangeant que son précédent film. Il nous emmène au sein d’une famille pauvre américaine dans laquelle le fils Chris (Emile Hirsch), un dealer de drogue, a l’intention de faire tuer sa mère malveillante pour toucher l’assurance-vie qui lui permettra de rembourser ses créanciers. Pour cela, il demande les services de Joe Cooper (excellent Matthew McConaughey), un flic qui devient tueur à gages la nuit. Dans l’incapacité de payer l’avance nécessaire à l’exécution du contrat, Chris accepte l’offre de Killer Joe consistant à lui laisser sa sœur pour un soir, l’innocente Dottie (troublante Juno Temple). Friedkin prend son temps pour installer l’histoire, heureusement moins que dans ‘Bug’, mais les dialogues sont tellement bien écrits, la bande son si bien orchestrée et la réalisation si propre que les longueurs du début du film ne se ressentent même pas. Avec une teinte d’humour noir qui vient ponctuer chacune des scènes les plus stressantes, ‘Killer Joe’ surprend par son rythme si singulier, alternant situations cocasses et scènes sanglantes et très dérangeantes. Le réalisateur, comme à son habitude, ne fait pas dans la dentelle tant pour mettre en scène une violence très crue que pour critiquer la typique famille américaine dont les liens se détruisent progressivement.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 23 août 2013
Cinq ans après le très remarqué Bug qui signe par ailleurs la résurrection du réalisateur tant ce dernier enchainait les déconvenues ses derniers temps, William Friedkin revient enfin mais cette fois si au fin fond du Texas ou réside tout les bouseux dépourvu de savoir vivre et d’humanité dans ce film. Car oui cette dois si William Friedkin nous montre la bestialité de l’être humain sous toute ses coutures et parfois c’est trash. Le scénario n’est pas extrêmement élaboré (c’est surtout les scènes que je considère comique qui est original en fait pas le scénario en lui-même) et la mise en scène tient la route sans être formidable. Pour réussir son coup William Friedkin devait à tout prix trouver des acteurs convaincant et un peu taré aussi et de ce côté il gagne son pari haut la main. En effet ils sont tous bon même si en définitif c’est bel et bien Matthew McCounaughey en flic carrément barge et la bombe Anglaise Juno Temple en jeune fille pas candide que sa qui se démarque par une prestation brillante. Les autres sont bon rien à dire. Cependant leurs prestations sont un peu en dessous, même si Emile Hirsch (Into The Wild) se démarque par une plus grande présence à l’écran. En réalité on regarde ce film avec un plaisir coupable ce film. Rien est prévisible tout peux bousculer à un moment ou un autre. De plus rarement un film n’aura était en définitif aussi dérangeant et il arrive souvent qu’on rigole devant des scènes qui finalement ne le sont pas du tout spoiler: (la scène du pilon du poulet déjà culte).
La fin est un festival de violence (peut être trop) qui se termine en espèce de farce qu’on avait encore une fois pas prévu. En définitif un très bon film qui apporte un vrai vent de fraicheur à travers une filmographie actuel souvent terne et convenu.
Requiemovies
Requiemovies

240 abonnés 1 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juillet 2012
Après un retour discret mais efficace en 2006 avec Bug, William Friedkin revient par la grande porte. Tenant à démontrer le retour de sa flamme et de sa décharge il adapte à nouveau une pièce de Tracy Letts (Prix Pulitzer en 2008 pour August :Osage County) avec la plus « classe » des transgressions, il éblouit également dans la manière. Killer Joe, une délicieuse détonnation.
Grâce à une histoire qui flirt doucement avec les intrigues et ambiances des films de John Dahl dans les années 90 (Red Rock West, Kill me again), un ton au-dessus, Friedkin construit une mécanique précise lui procurant la liberté totale qu’il retrouve après quelques années. Passé les 70 ans, le réalisateur retrouve la fougue de sa jeunesse (French Connection, To live and die in L.A). Ce cinéaste culte, avec l’aide de producteurs avisés, réalise enfin le film coup de poing qu’on attendait depuis longtemps. Immoral et carnassier.
Si l’intrigue aspire à des facilités dans sa construction, énième histoire de tueur à gages, elle n’en dénote pas moins l’intention du réalisateur pour faire valoir un discours critique et la permission de porter l’ensemble de ses personnages vers un climax bluffant d’intensité. Killer Joe oscille en permanence entre polar et humour noir, certaines répliques sont déjà culte, créant un équilibre bienvenu tout au long du film. Le réalisateur écrit une partition savoureuse composée d’une mise en scène fidèle à ses préceptes. Son film est découpé et animé dans ses extérieurs et partitionnées dans ses intérieurs, ainsi les nombreuses scènes cloisonnées semblent être redimensionnées de façon plus théâtrale quand la caméra s’installe lors de séquences plus longues, celles du mobil home par exemple.
Si la réalisation est la pièce maîtresse de Killer Joe c’est en parfaite adéquation d’une direction d’acteurs et un casting qui va de paire. Ainsi tous les personnages trouvent écho dans leur interprétation respective. Le père fade, bête, exagération à peine musclée de la figure de proue d’une famille white trash américaine trouve un écho parfait en Thomas Haden Church, Gina Gershon compose la compagne vulgaire et nous rappelle au bon souvenir de Bound. Quant à Juno Temple elle s’avère être parfaite dans le rôle de cette jeune fille, ingénue, totalement perdue.
Même si Emile Hirsch porte pleinement le film et compose dans un parfait équilibre les doutes que son personnage demande, la vraie déflagration vient de Matthew McConaughey qui pourrait bien être aux Oscars l’année prochaine si le film n’était pas si ambigu et haletant (en l’état, le film monté tel quel ne sortira pas aux Etats-Unis sur un grand circuit). Le comédien compose une de ses prestations les plus estomaquantes, c’est simple c’est le maestro d’un final en pleine apothéose visuelle et narrative. Du théâtre filmé, non du cinéma comme les rares cinéastes des années 70 savent le manier.
En osant tout, en allant au bout de son discours et en maniant sans vulgarité l’immoralité, William Friedkin tend à marquer les esprits et nous rappeler qu’il y a 40 ans (déjà, sic.), les cinéastes et producteurs osaient plus de choses, se permettaient d’être contestataires et intelligents. Killer Joe prend alors les hauteurs de son ambition et remettre les pieds sur terre à la fin du générique tend à nous faire réfléchir durablement sur l’essence d’un cinéma qui aspire à disparaître.
http://requiemovies.over-blog.com/
Charles G
Charles G

35 abonnés 627 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2012
William Friedkin, c'était il y a 40 ans French Connection et L'Exorciste. Alors certes ça fait longtemps, certes il a fait beaucoup de films depuis qui ne connaissent pas le même bonheur, mais le gars est capable. Et l'étincelle en lui s'est amplifiée pour réaliser ce petit bijou venu de nul part. Voici un film qui traite la violence psychologique exercée par un Matthew McConaughey transformé (car très bon !) sans jamais utiliser d'artifices visuels ou sonores afin de renforcer les effets. Tout est nature, ce qui rend le film assez déconcertant, car on se demande sans cesse si on assiste à une comédie dramatique, à un thriller psychologique ou à un film policier. La froideur et le calme de ce Joe ainsi que son parfait contrôle de la situation nous rappellent l'excellent Funny Games, en moins violent toutefois. La banalisation de la tension, de la menace, de la situation sexuelle malsaine que ce tueur entretien avec la fillette de la famille qui l'a embauché accompagnée d'une mise en scène d'une légèreté totale foudroient le spectateur de réalisme. A chaque scène, on se demande à quel moment exactement la situation bascule. Quelle phrase, quel acte, quel élément est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ? Dans cette vie que les protagonistes subissent, que ferions-nous à la place de chacun d'entre eux ? Tous ces questionnements nous traversent tout au long du film qui passe d'un seul trait. La vraie très bonne surprise de 2012.
matt240490
matt240490

98 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 avril 2013
Dernier bébé façonné par William Friedkin (L'Exorciste, French Connection), Killer Joe est avant toute chose un film complètement barré, où toutes les règles pré-établies disparaissent pour se fondre en un univers déjanté et violent où extravagant est synonyme de normalité. Un film à ne pas mettre entre toutes les mains, tant son traitement vire dans la déraison et sa barbarie peut s'avérer poussée. Tellement poussée que niveau scénaristique, on perd vite le Nord et déambule ainsi vers un métrage sans queue ni tête, avec pour seul intérêt les longues scènes de Matthew McConaughey. La mise en scène volontairement comique se rapproche d'ailleurs de certains Tarantino.
Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 30 janvier 2014
Lourd, inintéressant, Killer Joe est simplement sauvé par ses bons acteurs et l'expérience de Friedkin en tant que réalisateur. Pour le chef d'oeuvre, on repassera.
Mac Foof
Mac Foof

42 abonnés 201 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 février 2013
Film assez malsain et pervers, porté par un casting 4 étoiles (McConaughey est impressionnant), et un scénario retors, malgré une fin que j'ai moyennement aimé par rapport au reste du film. Du Friedkin tout craché quoi.
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