Comédie noire réalisée par William Friedkin, Killer Joe est un film impactant. L'histoire se déroule près de Dallas, au Texas, et nous fait suivre Chris Smith, un délinquant à la petite semaine qui doit rembourser six mille dollars dans les plus brefs délais. Pour s'acquitter de ses créances, il met au point, avec l'aide de son père et de sa belle-mère, un plan aussi glauque que tordu. Celui-ci consiste à engager un tueur professionnel afin de liquider sa propre mère et ainsi empocher l'assurance-vie par l'intermédiaire de sa petite sœur Dottie, seule héritière désignée. Pour exécuter le contrat, Chris contacte alors un inspecteur de police qui se trouve être tueur à gages à ses heures perdues. Seulement, rien ne va se passer comme prévu. Ce scénario, adapté de la pièce du même nom de Tracy Letts, s'avère amoral à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. En effet, le synopsis est franchement explicite et nous offre une intrigue imprévisible comportant des scènes mémorables car malsaines et d'une violence froide. L'ambiance précaire et immorale nous fait ressentir un certain malaise. Heureusement, le ton tragique comprend également quelques moments drôles. Un humour provenant des situations tellement sordides et saugrenues. L'ensemble est porté par des personnages paumés, formant une famille recomposée dysfonctionnelle. Des rôles joués par Emile Hirsch, Juno Temple, Thomas Haden Church et Gina Gershon. Ils se retrouvent sous le joug du tueur professionnel incarné par un Matthew McConaughey dérangé et dérangeant de part ses actions barbares. Tous ces individus entretiennent des rapports conflictuels, soutenus pas des dialogues crus assez marrants. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère bonne. Sa mise en scène se veut proche de l'action et évolue dans des environnements poisseux. Ce visuel sombre est accompagné par une b.o. très discrète et plutôt anecdotique. Reste une fin sèche et brutale laissant un petit goût d'inachevé, venant ainsi mettre un terme à Killer Joe qui, en conclusion, est un long-métrage choc méritant le coup d'œil pour peu que l'on soit averti.