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Ghibliste
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3,0
Publiée le 16 février 2015
Je ne sais pas trop quoi en penser de ce "Killer Joe"... Le tête-à-tête McConaughey/Temple est selon moi le meilleur moment du film - les deux sont très bons. En revanche, je n'ai pas aimé l'épilogue, non pas en raison de son côté hardcore, mais juste parce que ça part dans tous les sens, dans le grand n'importe quoi, spoiler: (et puis la scène du pilon de poulet, par pitié, pas besoin qu'elle dure 5 minutes pour qu'on comprenne l'idée...) . D'un autre côté, l'intrigue est plutôt bonne, mais les dialogues et les seconds rôles sont quand même super moyens. J'y ai pourtant cru pendant 3 bons 1/4 d'heure à ce film, malgré ses quelques défauts formels. Dommage.
William Friedkin(L’exorciste, French Connection, Bug) est un réalisateur à part. Il l’a prouvé jadis avec L’exorciste et plus récemment Bug, qui était un film à la parano exacerbérée. Celui ci va loin, très loin dans la surrenchère. Violent, trash, pervers, immoral et gore. Ce sont les adjectifs qui qualifient le mieux ce film où l’immoralité atteint un niveau d’excellence par les relations entre personnages. Déjà ce Killer Joe joué à merveille par Matthew McConaughey complétement déjanté et malsain. Emile Hirsch(Into the wild) fait le boulot en campant le frère qui a besoin d’argent et qui s’enfonce dans une spirale le tirant vers le bas. Et que dire de sa soeur cadette vierge campée par Juno Temple(Kaboom) qui devient l’objet de convoitise de Joe. Le sadisme peut donc s’installer et un sentiment de malaise fait face. Ce malaise se transforme en répulsion lors de certaines scènes (une avec une cuisse de poulet et l’autre avec éclatage de tete à la boite de conserve). A l’instar de la scène finale, on en sort éreinté mais un peu désorienté par la copie rendue par Friedkin.
Annoncé comme un énième "polar-thriller-drame", Killer Joe a tout pour surprendre. Une grosse dose d'humour noir dans une ambiance glauque et loufoque arrangée façon pièce de théâtre. Les personnages, la mise en scène, le final magistral, il n'y a rien à redire, c'est une réussite.
Un bon moment dans l'ensemble, j'ai été (agréablement) surpris par la noirceur du film, sa violence crue et son esprit vraiment malsain. Il est également placé subtilement quelques touches d'humour grinçant ou décalé. Mais c'est surtout en deuxième partie de film qu'on commence à flipper en fonction des personnages. J'ai pu ressentir quelques moment plus ou moins creux ou trop longs : la dispute du début qui met en place lentement le milieu social pourri des personnages ne donne pas vraiment bon goût à ce début de film ; Killer Joe qui s'agite le poulet sur la fin est un poil gros. On peut noter également l'absence d'étude approfondie du personnage secret et charismatique qu'est Joe. Cela pose un léger soucis de cohérence ou de vraisemblance sur son activité secondaire de tueur à gage pour laquelle il semble agir avec un peu trop de facilité. Ainsi va t-il de la façon dont il maquille son meurtre. Il pourra laisser quelques doutes sur son authenticité. Autrement, sur ce film relativement court, c'était bien sympa.
De façon un brin étonnante, j'aurais donc découvert William Friedkin surtout pour Matthew McConaughey (qui allait grâce à Killer Joe poursuivre son ascension vers la respectabilité) et même pas pour le réalisateur en lui-même, pourtant auteur renommé avec quelques classiques au tableau de chasse. A 77 ans, le cinéaste apparaît en tout cas toujours sous un jour très plaisant, décomplexé, refusant toute concession, filmant avec fougue et inspiration. Son histoire complètement amorale, relativiste au possible, sur fond d’Amérique redneck, celle des bouseux et de la fange humaine, est marquante de par sa noirceur et sa capacité à déranger. Si l'outrance conduit parfois à sourire, ça n'est en rien gênant puisque même dans ces moments comiques, le film conserve cette prégnance malsaine qui sert si bien le propos cynique sur l'Amérique et la civilisation. Pas sans rappeler les frères Coen, comme beaucoup l'ont dit. Surtout, Killer Joe est visuellement très accompli, surtout de par sa photographie vraiment chiadée et sa créativité pleine de volonté. Et les acteurs se mettent au diapason, à commencer bien sûr par un McConaughey saisissant en psychopathe extrêmement complexe, et impossible à cerner facilement malgré sa propension première au vice et à la folie hallucinée. Emile Hirsch s'en tire également très bien, et Juno Temple incroyable d'un sex-appeal qui culpabilise dans un rôle si jeune. Son personnage est la voie d'entrée dans un contre de princesse macabre, le noyau autour duquel les autres protagonistes et le propos que leurs actions dessinent gravitent véritablement. On sent d'ailleurs l'influence théâtrale du scénario, adapté d'une pièce de Tracy Letts, ainsi que les références à des structures dramatiques réutilisées puis détournées pour conférer une très belle richesse à l'ensemble, impressionnante pour ce qui peut se regarder comme une série B. Un point d'ailleurs très incertain, quand Killer Joe est assez malin pour être lu au premier comme au second degré, avec des effets différents. Bref, malgré des passages presque lourds où l'outrance menace dangereusement, l'écriture de cet OVNI anticonformiste et incroyablement noir est très, très réussie. Je rajoute, avant de conclure, un coup de cœur pour Thomas Haden Church dans son rôle de père obtus et dégénéré. Bref, une oeuvre marquante, loin d'être parfaite mais travaillée, osée et inventive. A 77 ans, c'est remarquable.
"Killer Joe" est un de ces films qu'il faut avoir vu au cinéma pour apprécier pleinement. Personnellement j'ai eu la chance de pouvoir le visionner dans ces conditions et je ne regrette pas le dém Friedkin, à l'âge de bientôt 79 ans (77 à la sortie du film), nous montre, après tous les bons films qu'il a réalisés, qu'il peut encore nous en mettre plein la vue. Les acteurs sont très convaincants, Juno Temple en tête, mais que dire de Matthew McConaughey ! Il est littéralement possédé par son rôle et nous offre une grande performance artistique, incarnant à la perfection un homme à la fois flic, tueur, sadique, doux et cruel. D'ailleurs à ce propos, la meilleure scène restera pour moi celle où spoiler: Killer Joe oblige la mère à sucer le pilon de poulet avec un sadisme aussi jouissif qu'obscène . Niveau scénario, on n'est pas en reste puisque Tracy Letts, qui a adapté son propre bouquin, nous propose quelque chose qui tient la route et ne nous épargne rien. Comme à son habitude, Friedkin privilégie l'efficacité dans sa mise en scène si bien qu'il n'y a pas beaucoup de temps mort. Vraiment, c'est un bon film.
Et bien ce petit OFNI est une bonne claque cinématographique! Un tableau sans concession d'une Amérique profonde, violente, burlesque, dégénérée, et dont le cynisme confine à l'absurde. Si l'intrigue n'est pas des plus originales, le scénario est néanmoins servi par un quatuor d'acteurs exceptionnel, la réalisation est maîtrisée de main de maître et la photographie est superbe. Un très, très, très bon film du "p'tit jeune" William Friedkin, pas loin du chef d'oeuvre. 4,5/5
Voici un film de déroutant, la violence physique et psychologique est bien présente. il ne s agit pas de violence gratuite mais d'une histoire parfaitement bien orchestré, les performances d'acteusr sont là également. A voir.
Wow ce Matthew McConaughey... Tout le monde est d'accord sur ce point ; il est phénoménale ! Rien que pour ça, le film vaut le détour. La photographie est superbe. Maintenant côté scénario... pour moi c'est une oeuvre absolument réussie. Il faut cependant l’interpréter, puisque comme certains l'ont bien compris ici, spoiler: M. Joe n'est pas réel. D'ailleurs, il représente exactement tout ce que chaque protagoniste souhaite au plus profond d'eux-mêmes (il est en effet la réponse à tous les problèmes). Et la fin résume parfaitement ce que Dottie Smith, elle, souhaite. Donc oui, c'est un beau film; cru, mais poétique. Je vous le conseille vraiment si vous êtes l'âme à interpréter aujourd'hui !
J'avoue ne pas avoir compris l'intérêt de ce film, je ne pense pas que cela soit le scénario car il est quasiment inexistant, mais plutôt l'enchaînement de scènes faites exclusivement pour provoquer, choquer, cela n'a pas eu l'effet sans doute espérer par le réalisateur, en ce qui me concerne en tout cas, j'ai plutôt trouvé ça extrêmement débile, mais peut être y a t'il un sens particulier, un message caché qui m'a échappé^^
Absolument pas aimé. Tant les acteurs qui sont caricaturés au maximum, jusqu'à Joe qui est finalement bien plat. Le film appuie sur le coté malsain de cette relation de "famille" mais reste déconstruit dans sa logique pour un final assez vaseux
Le mythe de Cendrillon dynamité façon farce glauque par le vieux Friedkin, auteur du culte et glauquissime The Cruising spoiler: CUIR CUIR CUIR MOUSTACHE
Trop potache pour exceller, on se régalera néanmoins de certaines scènes de nuit magnifiquement filmées et d'un Mathew McConaughey qui crève l'écran... entre autres occupations.
Matthew McConaughey est une fois de plus excellent, troublant voire même inquiétant! Ceci dit, le film est tellement barré qu'on a envie de crier à la fin un bon vieux "What the F***!" A voir pour la prestation de Matthew, mais pas pour le reste...
Friedkin a toujours eu le chic lorsqu'il s'agit de montrer les vices, la noirceur humaine et l’ambiguïté morale. Malheureusement ce film, porté par une famille de beaufs caricaturaux ou bien un flic plus qu'improbable sombre dans le n'importe quoi ou les scènes inutilement malsaines s’enchaînent.